‹ L'Ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres du Ve siècle à la RévolutionChapitre 94 sur 153 · D OP · texte numérisé non relu

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De même, le 1° janvier 1514, Charles d’Illiers, doyen de l’église de Chartres, chanoine et prévôt d’Ingré, donna et légua aux enfants de chœur la moitié de son manoir, sis en la paroisse de Grand'Houx, et loué pour une rente de 4 livres 10 sols ; il y ajouta 30 sols sur la métairie des Terneux, et 20 sols sur un nommé Guillaume Deshayes, au même lieu. Le tout à la charge d’un Salve Regina après Complies, le Samedi-Saint 1.

Nous avons déjà signalé le legs des trois jardins sis au clos de la Chancellerie fait par Jean Nantier, le 21 octobre 1587, moyennant un Stabat mater le vendredi, et l’abandon du prieuré de Moineaux en 1662 et 166% par le chanoine Edeline*? pour lentretien de deux enfants nouveaux en plus des dix ordinaires. Il y eut encore beaucoup d'autres fondations, mais nous verrons qu'elles étaient pour la plupart plutôt en faveur du personnel que de la Maïtrise

elle-même.

Ceci nous amène à parler non plus des revenus g'énéraux, mais de ceux qui étaient propres à chacun des maîtres et des enfants.

Les maïtres de grammaire avaient d’abord leurs gages annuels. Ils se montaient jadis à 40 livres par an payables

par quartier, plus un habit de la valeur de 10 livres. Au

2? G. 340, Br., H. 30 mars 1662, 27 octobre 1664.

xvi° siècle, ils étaient de 50 livres avec ou sans habit. Depuis les premiers comptes de 1598 jusqu’à ceux de: 1789 on trouve toujours cette somme annuelle en face de leur nom.

Cependant, au xvi' siècle, les maîtres furent augmentés de 50 livres pris sur la fondation d'Etienne Robert. A la nomination de Milcent, en 1741, ils reçurent encore 100 livres de plus !; ce qui éleva leur salaire à 200 livres en tout. C’est ce que touchaient Le Page en 1780 et Moriette en 1789 et 1790 ?.

A la rétribution officielle se joignaient, au xiv° et au xv' siècle, les écolages, sommes perçues sur les enfants du dehors qui venaient étudier près des enfants de chœur, sommes très variables comme les conditions d’entrée de cesenfants eux-mêmes ; elles allaient de 10 sols à 20 livres *.

Les maîtres possédaient aussi souvent des prêtrières el même des eures. Robert d'Etampes jouissait de la prêtrière de Jouy, Thibault fut curé de Houx, puis de Baïlleau-le-Pin ; de même Girard, Berthelot, Lapion, étaient pourvus de cures. Pour ces bénéfices, ils payaient une petite redevance au Chapitre, mais ils en gardaient les revenus. Enfin, ils étaient, nous l'avons vu, toujours investis de canonicats de Saint-Piat, canonicats qui leur rapportaient à la Révolution en moyenne 925 livres 8 sols 3 deniers.

Curés et chanoines de Saint-Piat, ils étaient aussi sou-

1R, C., 31 mai.

3 Selon qu'ils étaient internes ou externes, ils payaient: pro scolaritate et collegio ou pro necessitatibus el expensis, où encore pour le tout : pro regimine, scolaritate et administratione victualium.

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vent chapelains, c'est-à-dire qu'ils acquittaient des messes fondées à des chapelles ou à des autels déterminés. Ainsi obert d'Etampes posséda d’abord la moitié de la fondation de la chapelle Saint-Nicolas, puis en entier celle des Vierges. On le chargea en même temps de la messe de Prime qui se célébrait derrière le maïître-autel : elle lui rapportait 8 deniers par jour. Encelot fut investi d'une des chapellenies fondées par le cardinal de Pellegrue, qui l'obligeait à dire une messe des Morts chaque jour pour ce cardinal, et lui valait 8 livres par an !. En 1395, Louis de Bourbon ayant institué une messe quotidienne de quatre heures, à dire à l'autel du Crucifix devant le jubé, ce fut le maître de grammaire, qui, avec le chapelain du Crucifix et le curé du bas-chœur, en fut ordinairement chargé ?. Adrian Peigné, en 1598, disait cette messe matinale deux fois par semaine. De 1658 à la Révolution, elle était acquittée pendant l'été, moitié par le maitre, moitié par le porte-croix. Un revenu était attribué à ce service ?.

Les maîtres tiraient un certain avantage des messes dites par eux chaque semaine à l’autel de la Trinité ou de la Trémouille *, et plus ordinairement à la chapelle Saint- Jérôme. Dans cette chapelle, le chanoine Baudry qui l'avait érigée (1501), ‘avait fondé une messe pour les

dimanches et le chanoine Jean Gendron en avait institué

{ R. OC. 1008, f. 208 v. an. 1335.

2 G, 134, an. 1395, 14 octobre.

3 R. G., an. 1742. Le maître de grammaire fut prié de veiller sur la sacristie de Sous-Terre pendant la maladie du sacristain.

4 G. 388, an. 1658.

d’autres pour tous les jours de la semaine (21 octobre 1547) !. Le maître de grammaire les disait presque toutes. Pour Pavoir fait, Adrian Peigné reçut en 1599 la somme de 91 livres. Le Page, en 1789, en disait aussi à Saint-Nicolas, spécialement celles de la confrérie de la Conception, établie en cet endroit dès 1415 ?.

Le maître de grammaire possédait aussi avec le portecroix et le sacristain de Sous-Terre le privilège de garder la Sainte Châsse. De ce chef, il percevait encore quelque chose; en 1731 ° et en 1736 il toucha 3 livres pour avoir rempli cette fonction pendant trois jours. Il partageait encore avec eux le droit de dire des Evangiles, soit à la Cathédrale, aux cinq fêtes solennelles de la Sainte Vierge et aux fêtes des chapelles qui n'avaient pas de titulaires, soit à l’église de Sous-Terre, à la Sainte Véronique et à la veille de la Nativité *. Ce droitle mettait en concurrence avec ses collègues. En 1656, Germontse fit défendre de dire des Evangiles à la Sainte Véronique. En 1716, 1742 et 1745, le porte-croix prétendit interdire au maître d'en dire en dehors des fêtes sus-Imdiquées. On lui refusa, en effet, d’en dire aux temps de jubilé et à la chapelle de Sainte Anne, en l'absence de

son chapelain, pour ne pas léser les droits du porte-croix.

? G. 389. On comprendra que les maitres de grammaire acquittaient différentes fondations, selon les temps: ils les partagaient avec les chapelains : nous n'avons cité que les plus ordinaires. Ainsi Peigné, en 1598, disait chaque semaine deux messes à la chapelle Vendôme, une à l'autel des Apôtres, quatre à l’autel de Trémouille.

3 R. G.,7 juin,

4R. C., an. 1716, 11 décembre.

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Enfin, le maître de grammaire était très ordinairement heurier matinier ou chantre. En conséquence, il portait les draps ou habits de l’église et assistait à Matines, aux Petites-Heures, à la grand’messe et aux vêpres : il gagnait 4 deniers à Matines, 2 deniers à la messe, 2 autres aux vêpres. C'était déjà la somme que touchait Jean Garnier, en 1374. Au xvu° et au xvur° siècle, on distinguait les petits et les grands heuriers matiniers. Les petits n’assistaient à tout l'office qu'aux jours de fête et aux dimanches. Les jours ordinaires, ils n’allaient qu'à la messe et aux vêpres. Les grands heuriers devaient se trouver tous les jours à toutes les parties de l'office. Les premiers recevaient 5 sols par semaine, les seconds étaient portés sur la feuille, comme on disait, pour 8 livres. Les maîtres de grammaire appartenaient à la dernière catégorie. Et non contents d'assister comme chantres à l'office, ils y remplissaient souvent la fonction spéciale d’épistolier, c’est-à-dire qu'ils avaient le privilège de chanter l’Epitre. À ce titre, ils percevaient un salaire. Milcent le demeura pendant dix-huit ans. En 1781 et 1782, les maîtres, n’ayant pu l'être pendant quelque temps, reçurent 120 livres en compensation, Le Page, qui fut le dernier maître de grammaire à la Révolution, touchait, comme épistolier, 200 livres.

Enfin, ils jouissaient de plusieurs fondations et obits. De ce côté, Le Page g'agnait, en 1789, la somme de 34 livres. Il y avait aussi quelques petits imprévus : c’étaient les cuilibets ou reliquats des distributions non touchées qui étaient partagés à la fin de l’année entre les serviteurs

de l’église ; ils s’élevaient à peine en 1789 à 10 écus. Il y

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avait encore, du moins dans les premiers siècles, les offrandes faites aux enfants, quand ils allaient chanter au dehors. En 1409, on en assigna la moitié au maître de grammaire !. Il y avait enfin les gratifications. Elles équivalaient quelquefois au tiers ou à la moitié des gages. Par grâce spéciale, comme on disait, Robert d’Etampes reçut le droit de toucher tous les jours de sa vie un pain de Chapitre et 6 deniers?. À leur entrée, comme Joyeux avènement, ils étaient souvent honorés d’un subside. On donna 10 livres à Richard Lapion, en 1383, etc.

En additionnant tous ces petits revenus, on trouve que

le maître de grammaire avait de quoi vivre 5.

Quant au maître de musique, chargé des enfants, il touchait dès sommes pour leur entretien, et d’autres pour le sien personnel.

Comme le maître de grammaire, il jouissait d’une prètrière ou d’un canonicat de Saint-Piat. De ce dernier chef, lesrevenus de Delalande et de Desvignes, comme ceux de

Moriette et de Le Page, se montaient à 925 livres. Même

!R. C., 1007/3, £. 159. Chap. S. Jean.

2R. C., 1007/1, f. 51, en 1307 — 1007/2, f. 17 en 1321.

3 Témoin Le Page qui, le 25 novembre 1790, déclarait avoir, comme Chanoïne de Saint-Piat, 995 livres 8 sols 3 deniers ; comme appointement 200 livres ; comme épistolier 200 livres; pour obits et fondations 34 sols; Pour casuel 10 écus,

quand on le dispensait de se rendre à Saint-Piat, le maitre était tenu présent. Au début, il était aussi titulaire d’une chapelle, et disait plusieurs messes fondées par semaine. La messe des Apôtres chaque dimanche, par exemple, lui revenait ; mais. à cause des nécessités de la surveillance, il fut moins chargé de fondations que le maître de grammaire, et il se contenta des honoraires ordinaires sans chapellenie.

Comme le maître de grammaire, il portait les draps de l'église, et, en qualité d’heurier, matinier gagnait par ses assistances aux divers offices. Il g'agnait même deux fois : car il percevait ce qui était dù à sa présence et ce qui était dù à celle des enfants. Toutefois le premier gain seul lui était personnel; le second devait être utilisé au profit de la Maîtrise !.

Ainsi aux Petites Heures et à la messe, il touchait, pour son compte, 8 deniers au xv° siècle, 60 sols en 1628, 100 sols en 1638, et8 livresen 1789. Cette dernière somme fut obtenue par deux augmentations : l'une, sous Homet, d'une livre, l’autre, sous Delalande, de deux livres. En même temps il recevait pour le compte des enfants 6 sols.

De même aux messes De Beata, il percevait 18 sols en 1628, 3 livres 6 sols 9 deniers en 1658, 20 livres 15 sols en 1718, 23 livres 6 sols 6 deniers en 1788. Au nom des enfants, il perçut 6 sols en 1628, et 13 livres 11 sols 6 de-

niers en 1658 ?.

1 R. C. 1007/3 an. 1375, S. Jean. f. 40.

2 G. 387 et 388.

Les maîtres de musique prenaient aussi part aux distributions fondées à certains offices, comme à celles de Saint Etienne et de Saint Jean, ou de Saint Nicolas, de Saint Vincent, de Sainte Cécile, de Sainte Barbe, de Sainte Foi, de Saint Claude. Ils recevaient généralement 3 livres !.

Les obits leur rapportaient aussi, même quand les enfants n'y assistaient pas ; et quand ils y étaient, ils touchaient pour eux ce qui leur revenait. Les maîtres étaient payés comme heuriers matiniers; Quant aux enfants, ils étaient comptés, soit par tête, soit deux pour un. On leur donnait généralement 2 sols 6 deniers, mais leur rétribution était plus forte, quand on leur demandait des prières spéciales. Pour dire les sept psaumes en 1420, l'huissier Jean Paichot leur offrit 40 sols : pour un Salve Regina pendant huit Jours, Lebeau leur laissa 12 livres. Toutes les fondations, en 1789, sous Desvignes, ne dépassaient pas 200 livres.

Aux obits il faut joindre : les messes du vendredi des Quatre-Temps de M. de Denonville, pour lesquelles, à partir de 1723, les enfants avaient 3 livres: les messes du mereredi des Quatre-Temps de Patin : celles des samedis d’Etienne Robert, à l’occasion desquelles différentes sommes avaient été léguées aux maîtres et aux enfants ?.

Les Saluts donnaient lieu à d’autres bénéfices. Les Saluts Missus des dimanches d’Avent ?, les Salve de Noël et de l’Annonciation fondés par Martin Poperon, ceux des dimanches de Carême et ceux des dimanches après Pâques, établis par M. Lelièvreet M. Premont, rapportaient

2R. C., an. 1718, 29 janv. 1731. — G. 389. f, 110. 3 G, 418, an. 1586, f. 20 etc, 10 s.

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