II.8O
1884 à 1889 68.11 12. »o/^ 143,46 6.30o/o 33.85 2.IO0/0 17.92 2.23o/o 200.23 4.20o/o
Matériel iDilial.l 93.23 | | 116.33 | | 117.66 | | 29.52 | | 263.51 |
Les principales conclusions de celte expérience sont les suivantes:
1° Le rélablissement de la futaie est une opération pleinement justifiée. Pendant que se produisent les gros bois, qui entrent pour une forte proportion dans la consistance normale dç3 peuplements, au lieu d'une diminulion, c'est une augmentation de revenu que Ton obtient, tant à cause du renouvellement plus fréquent des coupes que du nombre plus considérable des baliveaux. Avec 200 baliveaux à l'hectare moyen, le revenu de la coupe n® 14 de TArgançon a doublé pendant la première révolution, et il est évident qu'avec cent baliveaux de plus, que Ton pouvait réserver sans inconvénient pour le taillis, il aurait encore augmenté de près de moitié.
2** Quant au mode d'accroissement de la réserve, il est à remarquer que les baliveaux profitent immédiatement après la coupe, mais que leur croissance ne tarde pas à se ralentir, tout en restant à un taux très élevé et régulier jusqu'au terme de la révolution.
Les futaies ne profitent pas immédiatement après la coupe; leur croissance, bien qu'elle soit plus forte qu'avant la coupe, ne prend son essor qu'un ou deux ans plus tard et atteint un maximum vers la septième année, époque qui concorde probablement avec celle du maximum d'accroissement du taillis. Dans ce cas le maximum du taillis serait obtenu deux ou trois ans plus tôt que ne l'ont indiqué les expériences dont les résultats ont été rapportés en commençant.
3*^ ïl est évident que la révolution des coupes peut êlre abaissée à à\j ans et même au-dessous, mais avec une réserve en sujets de l'âge beaucoup plus forte que dans les taillis'de seize à dix-huit ans, et lorsque la futaie est déjà assez considérable pour fournir à chaque coupe un revenu important. C'est ainsi qu'en augmentant progressivement le revenu à chaque révolution on arrivera à l'état normal. Mais le consommateur aime les belles coupes, et dans une forêt approvisionnée de futaies, il n'est que trop facile à l'agent du propriétaire de céder à la tendance naturelle de réaliser. Plus la forêt approche de l'état normal et du maximum de revenu, plus le danger augmente et plus il est nécessaire de veiller à la stricte observation du contrôle.
Une conclusion de cette expérience, sur laquelle il importe d'insister, c'est que l'arbre, dans la mesure où il peut être associé aux cultures, donnera toujours des produits rémunérateurs.
Qu'il s'agisse de la vigne, des prés, des labours et, surtout, des pâturages et des terrains en friche, l'arbre s'impose, et le régime forestier est devenu un non-sens que fera cesser la réforme de l'enseignement
forestier supérieur par rinsliluliou de renseignement foresliep primaire, qu'il est urgent de meltre à Tétude (0.
21. —La méthode du contrôle (2), qui est Tâme de la sylviculture nouvelle, prend comme Unité technique, on le sait déjà, la division irrévocablement fixée sur le terrain. Elle sert aux prévisions périodiques d'exploitation et à l'assiette des coupes, et c'est à la division que se rapportent toutes les opérations du contrôle : inventaire dés arbres réservés et des arbres exploités, calculs d'accroissement en matière et en argent, à intérêts simples et à intérêts composés, en bloc et en détail, par essences et sans distinction d'essences.
Ces opérations sont présentées avec tous les développements qu'elles comportent dans le cahier d'aménagement admis à l'exposition universelle de 1878 (3).
22. — Les données du contrôle, exprimant numériquement les faits qui se rattachent au traitement et à l'aménagement, peuvent contribuer aux études scientifiques. Deux Mémoires à l'Académie des sciences, établis sur ces données, ont été présentés le 19 janvier 1880 et le 16 mai 1887. Ds sont reproduits à l'appendice.
Le premier de ces Mémoires est intitulé : « La lumière, le couvert et Vhumus^ étudiés dans leur influence sur la végétation des arbres en
(1) Voir à Tappendice.
(2) M. E. Muret, inspecteur des forêts à Morges, canton de Vaud, caractérise dans les termes suivants la méthode : « ....Les points originaux de la méthode du contrôle nous paraissant surtout appeler la discussion sont :
!• Le fait de renoncer à la liotion de révolution et d'âge d'exploitabilité pour se borner à des constatations périodiques de la valeur de Taccroissement.
2** Le fait de mettre à la base des aménagements, non pas la superficie et la fertilité du sol forestier, mais Tétat du peuplement et la vigueur de l'accroissement.
3o Le fait de fixer la possibilité non par sa valeur absolue, mais par un taux exprimé en 7o du matériel sur pied. » — Journal suisse d'économie foreslièrei septembre-octobre 1897, page 341.
(3) Le titre de l'ouvrage est : « Cahier d'aménagement pour Vapplication de la méthode par contenance exposé sur la forêt des Éperons. » Il comprend les états du contrôle. Tenus à la main dès 1862 comme cahiers d'expériences d'accroissement, ces états ont été imprimés quand on s'est aperçu qu'ils pouvaient contribuer à la solution du problème de l'aménagement, il en a été fait successivement plusieurs tirages, et chaque fois des modifications y ont été apportées. Seuls les deux états essentiels « futaie réservée » et « futaie exploitée » n'ont pas été modifiés, et les opérations du contrôle, calculs et discussions sont toujours d'actua- Klé. La table analytique de l'ouvrage est reproduite à l'appendice. — J. Jacq^uin, 1878, in-4, 190 pages.
forél. ^ II inel en évideiycelé jea de la lumière réflexe daôs la végétation des arbres en forêt, par lequel s'explique scientifiquement la pratique fondamentale de la sylviculture nouvelle, le dégagement, qui se dislingue radîcalémefit de Féclaircie, principe de Tancienue sylviculture. - •
Le second est intitulé: « Variations et équilibre de Vaccrois$emeni en forêt. Coupe et contrôle. » Il établit que le contrôle rend compte des variations de raccroissement en forêt et lève toute incertitude administrative à cet égard. Il donne le moyen de conduire la forêt à Télat normal, sans sacrifice, le plus rapidement possible, et de Teniretenir en cet élat par la coupe équivalente à Taccroissemenl. Par le contrôle, et sans qu'il soit besoin d'en connaître la cause, la végétation en forêt' est une force asservie, et la sylviculture devient une industrie dont on peut prévoir et régler la marche.
Un troisième Mémoire, en quelque sorte complémentaire des deux premiers, est, depuis longtemps, en préparation. Il explique la pourriture interne des arbres en forêt par le rôle des rayons médullaires. Le phénomène de la pourriture interne se rattache au mode de traitement de l'ancienne sylviculture et n'est plus à redouter dans la forêt normale.