‹ L'ancient et le futur Québec [microforme]Chapitre 2 sur 6 · APR UM · texte numérisé non relu

APR UM

À féroces. De la terre imbibée de sang éclataient sous les pas

des soldats victorieux des cris de vengeance et de malédic-

| tion ; pas un buisson, pas un taillis où ne passât le souffle

des esprits errants de milliers de victimes; sur un

x espace grand comme le tiers de l'Europe, vingt à trente # mille hommes trouvaient le moyen de se traquer, de s’entre-

détruire avec orgueil au nom de leur patrie respective, et

« ce sol vierge, demeure grandiose d’une nature épanouie dans toute sa noblesse et dans toute sa force, resplendissant mo-

dèle des harmonies réunies de la création, ce sol, si riche des prodigalités du ciel, ne lui envoyait en échange-que des concerts d’imprécations, des cris étouffés dans la mort, et écho partout répété du bruit des canons qui tuaient les hommes.

Non, non, Dieu n'avait pas fait le nouveau monde, cette terre de l’affranchissement, terre traditionnelle du refuge contre tous les genres de persécution et d’oppression, pour le laisser envahir par les passions, par les rivalités et les folies cruelles qui désolaient l’ancien continent. L'heure de la crise décisive était marquée et le jour fatal approchait, Qui peut, en parcourant la sombre liste des martyrs, la douloureuse histoire de la guerre coloniale, avec ses horreurs ienouvelées sur tous les points, avec ses tueries insatiables que rachetaient à peine l’héroïsme multiplié de notre race et des actions d’éclat qui font l’éton-

…. nement, presque la stupeur des historiens, jui peut échapper

à un regret poignant, refouler en soi des larmes amères ? Il n’y avait donc pas une terre au monde, même au sein

© de ces vastes et - généreuses retraites, où deux peuples

héroïques, comme les français et les anglais, pûssent vivre en paix l’un à côté de l’autre? Toutes les mers et tous les rivages étaient teints de leur sang l’un par l’autre versé;

4 | une ambition insatiable les faisait se rencontrer jusqu'aux extrémités du monde et se combattre partout où la traçe

Qu

de leurs pas était empréinte; ils se poursuivaient ct se remplaçaient tour-à-tour dans tous les pays découverts ; ]a ‘terre entière n’était pas assez grande pour y arborer à la fois l’étendard de St. George et la fleur de lys, et si les océans eûssent disparu soudain, laissant À sec leurs abîmes sans fond, nn n’eût pas tardé à y voir plonger la France et l'Angleterre pour se disputer les écueils, les récifs et les cavernes encore humides des vagnes en fuite. ”

Mais admirons un étrange retour de la destinée, Cette inimitié séculaire, cette soif de représailles attisée sans cesse par de nouvelles injures à venger, ont-fait place subitement à une amitié que rien n'altère et qui dure déjà depuis soixante ans. - [l semble que les grandes guerres du premier empire aient épuisé ce qui restait de haine dans le cœur des deux peuples; la garde impériale, tombant à Waterloo sur un lit de mitraille, a fermé l'épopée militaire qui comptait huit siècles de combats; sur le terrain sanglant de la dernière grande lutte, l'Angleterre et Ja France se sont tendu une main qui ne s’est pas desserrée depuis lors, et le monde soulagé a vu ces deux géants s’em. brasser dans une étreinte qui semble désormais éternelle. Pour nous, cette paix remonte plus loin encore; elle à aujourd’hui cent quinze ans, depuis la deuxième bataille des plaines d'Abraham livrée par le chevalier de Lévis, et voilà maintenant au juste un siècle, depuis l'invasion de

1775, que Québec n’a plus vu un seul ennemi sous ses murs.

Québec, Messieurs, c’est un grand nom dans l’histoire ; c'est le premier de toute l'Amérique; Québec est la seule ville qui ait un passé un peu long sur cette terre si jeune ; elle n’a pour ainsi dire rien du nouveau monde que la liberté de ses citoyens et un avenir sans limites; elle a la saveur antique et un cachet de noblesse que recouvre déjà la poussière des âges ; on y sent les générations disparues

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nn : Caractère et physionomie uniques : sur une terre où l’œuvre de l’homme ne dure qu’un jour, où la veille n’ap- + porte rien au lendemain, où lé passé et l’avenir semblent ! également étrangers, parce qu'ayant fort peu emprunté À l’un, on ue se soucie guère de rien transmettre à l’autre,

” Québec a des monuments, chose étonnante en Amérique, -etil a des ruines, chose unique |

é Près de trois siècles y … ont laissé leur image et leur empreinte sur le sol et dans l'air ; l'imagination peut s’y promener à l'aise autour d’un panorama admirable en évoquant à chaque pas des souvenirs aussi magnifiques que la nature qu’elle contemple . . .. " oh ! malheur à celni d’entre nous qui né connaît pas l’his- … toire de la ville de Champlain, foyer modeste des plus “ beaux dévouements, du plus noble héroïsme, celui qui ne À cherche pas la gloire et qui renferme toutes les grandeurs,

Avee un passé comme le nôtre, Messieurs, on prend rang de suite parmi les peuples qui ont grandi dans la mémoire ; les vertus difficiles, c'est-à-dire les vertus à … humbles, nous étaient familières, 6, le courage des vrais À “héros, celui qui est sans ressources et sans espoir, inconnu,

« ignoré souvent, presqu'aussitôt oublié, était l’âme même de 4 nos aïeux, ét quand je dis nos «ieux, je parle des habitants .. de Québec seul, parce que cette ville a été pendant cent \cinquante ans le Canada tout entier, C’est elle qui maintenait, qui résistait, qui résumait tout ; c'était la seule ville militaire du continent, la seule où pût se jouer définitivement le sort des deux nations qui l’avaient colonisée ; c'était ia seule au monde qui eût, à cent cinquante lieues de l'océan, un port de mer capable de contenir les plus. grandes flottes, la seule aussi peut-être où l’on vît un aussi merveilleux ensemble de beautés naturelles servant de cadre aux plus écla-

“tantes traditions dont puisse s’énorgueillir un peuple, Aussi, dès que l’heure de l’histoire eût sonné pour Québec.

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tous les yeux se sont-ils tournés vers elle en y restant longtemps rivés par le respect et l'admiration ; pas un écrivain américain qui n’y ait consacré des pages éloquentes et émues, pas un seul qui ne soit venu remuer cette poussière fécondé, pour y chercher les grandes legons à transmettre aux générations futures ; pas un seul qui n’aît étudié ses fondations déjà séculuires, pures œuvres de sacrifice et de dévouement inépuisable ; pas un qui ne se soit incliné devant le nom immortel, quoique bien humble, de la duchesse d'Aiguillon, de Mme de la Peltrie, de Murquette et de Brébeuf, aussi bien que devant les noms retentissants de Monteulm et de Wolfe. Ces fondateurs et ces martyrs n'ont pas gagné de batailles, mais ils voulaient gagner tout un monde à la foi chrétienne ; ils soignaient les blessés et combattaient la mort que les guerriers semaient partout, et si nous devons adinirer les hauts faits d'armes, que ne devons-nous pas sentir en présence de ces touchants ct sublhimes exemples qui illuminent d’un rayon doux et conso- Jant bien des pages sanglantes ?

Avez-vous remarqué, Messieurs, depuis un certain nombre d'années, quelle ardeur de recherches, quelle étude passionnée nos écrivains canadiens dirigent sur Québec, point de mire pour ainsi dire unique, seul endroit du pays digne d’un intérêt qui se soutient dans tous les temps ? Le vieux Charlevoix avait déjà pressenti dès, 1720 ce que deviendrait un jour notre vile parmi lès cités monumentales de l’histoire, et il s’écriait dans son enthousiasme: “ De même que Paris a été pendant longtemps inférieur à ce qu'est aujourd'hui Québec, de même il viendra un temps où celle-ci sera l’égale de Paris, et alors, aussi l’oin que l'œil peut atteindre, il ne découvrira sur les rives du St, Laurent que des villes, des demeures somptueuses, de richss prairies, des champs fertiles et des collines chargées de moissons, des

uais superbes bordant la capitale, sou port entouré d’édi-

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| fices et des centaines de navires y chargeant leurs opulentes * cargaisons , , ..” Ce temps n’est pas encore venu, ais le rêve de Charlevoix n’est pas non plus évanoui; cent cinquante ans plos tard, de nos jours, un homme d’une nature d'élite, d’une imagination d'artiste, sensible au beau, ému et enchanté par le spectacle grandiose qu'offre au regrrd notre fleuve roulant dans son cadre de montagnes qui se poursuivent à perte de vue derrière l'horizon, rassemblant tumultueusement leurs mamelons hérissés, comme des sanglots qui ont soulevé lu vaste poitrine de la terre et se sont “ brisés en éclatant, tantôt s’abaissent sous la pression douce Li de quelque gorge qui ondule sur leurs flancs comme la . caresse sur la crinière d’un lion, tantôt coupent les cieux * de leurs crêtes pelées et tondues par les orages, courbent avec fureur sous les vents du nord-est leurs forêts irritées, ou bien balancent aux souffles tièdes d'été leurs grandes ombres assoupies, dont l’image plonge jusque dans les

profondeurs du fleuve, se replient sur elles-mêmes, et puis

s’entr'ouvrent et se déploient avec une harmonie maujestueuse, faite ds variétés réunies de tous les aspects, ...., en présence d’un pareil spectacle, que la terre n'a nulle part répété, un autre homme a conçu de nos jours un … rêve peut-être aussi grand que celui de Charlevoix, et, plus heureux que son devancier, il a voulu en commencer sans

retard la réalisation ; ect homime, Messieurs, à qui nous sonimes appelés à rendre ce soir notre homimage reconnaissant, c’est mylord Dufferin, le suverneur-général,

puis qu'il nous est connu, À peine avait-il mis le pied sur … le rivige canadien, que lord Dufferin, frappé de la beauté sans égale de Québec, en faisait sa demeure de prédilection. | Depuis lors, cette préférence, ce beau feu, comme on disait

jadis, qui est l'entraînement irrésistible d’une âme délicate vers les grandes œuvres de la création pure, n’a fait que

Voilà un nom, Messieurs, qui nous est cher à tous, de”

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croître malgré l’éloigrement, au point qu'aujourd'hui Son Excellence semble ne pouvoir plus vivre en Canada ailleurs qu’au milieu de nous. Mylord a étudié l’histoire de Québec et il l’a trouvée digne du cadre que la nature environnante fait à la ville; il a compris surtout qu'il fallait faire quelque chose pour çette noble cité qui perdait tous les jours ua lambeau de son passé, et que la décrépitude .assaillait sur tous les points en menaçant de remplacer. par des rides repoussantes la touchante majesté des ruines. Lord Dufferin relève le Québec qui s'écroule, mais il le relève en l'embellissant ; il veut même ressusciter des mocuments entièrement disparus, retenir jusqu’à leur nom, mais en leur donrant un lustre inou? et une disnosition nouvelle qui ne soit plus un obstacle au mouvement; les remparts, jusqu'aujourd’hui ceinture gênante et beaucoup trop étroite pour une ville qui grandit, vont être percés de larges ouvertures pour la circulation, et seront désormais dans l'avenir un souvenir historiquè en même temps qu'une promenade imcomparable tout autour de la capitale.

s II

Le plan de mwylord Dufferin consiste en un boulevard de ceinture qui, partant de la citadelle, y ‘revient après avoir fait le tour des remparts de la ville. Partout où des rues couperont ce boulevard, «ouwmme la rue St. Louis, la rue Dauphine nouvellement prolongée, la rue St. Jean, après la démolition de la porte, et la rue Richelieu qui va être continuée de façon à rejoindre la rue Ste. Hélène où se trouve }'oglise St. Patrick, kes deux côtés de l’intersection seront réunis par un pont d'architecture normande, avec tourelles pour en relever l’aspest et en compléter l'effet artistique,

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1l convient, Messieurs, que nous partions du point de départ, c’est-à-dire du périmètre même de la citadelle, et c’est ici que trouvent leur place naturelle quelques mots sur J’histoire des fortifications de Québec.

Le Canaau fut dès l’origine une colonie religieuse et son gouvernement un gouvernement théacratique, Convertir les sauvages, les gagner à la foi catholique, tel était le premier objet de ses fondateurs, objet déclaré, maintes fois proclamé, Il était done nécessaire à l'efficacité de ce but que les établissements religieux prîssent pied, qu’ils pâssent se muintenir et fûssent protégés contre les attaques contiruelles des sauvages ennemis qui pouvaient tout oser impunément sur le petit groupe de maisons dont se ec:1posait alors la colonie entière. De là, l’origine des fortiñcations,

Champlain avait jeté dès l’année 1620 les fondements d’un fort qui devint avec le temps le château St, Louis, et, pour y parvenir du bas du cap, il avait fait ouvrir un sentier. tortueux qui fut plus tard la côte de la Montagne. Montma. gny, son successeur, fi: construire en 1636 un rempart de cèdre et de chêne rempli de terre et capable de porter des canons. Le fort avait #lors quatre arpents carrés et for: mait un parallélogramme à chaque angle duquel, faisant face à la ville, le gouverneur üt élever un bastion en pierre. Soixante ans plus tard, Frontenac fit élever onze redoutes communiquant entre elles par des courtines de dix pieds-de hauteur, faites de pieux et soutenues par des remblais de Sur un côté du fort, il y avait une batterie de huit canons ; les fortifications s'étendaient alors, c’est-à-dire à la fin du dix-septième siècle, depuis le palais de l’Intendant

! dont on voit encore les ruines (ce palnis a été détruit par

les troupes du général Arnold, lors du dernier siége de Québec, il y a juste cent ans), jusqu'au cap Diamand, embrassant toute la haute-ville, et, depuis le palaisen suivant

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le promontoire, sous forme de palissade, jusqu’à la grande

batterie actuelle, que surmontaient, trois canons. n De nos jours il y a là vingt canons de plus, accroupis surleurs Ë # affûts, à 15 ou 20 pieds l’un de l’autre, le museau allongéB° sur le parapet qui borde le Sault-au-Matelot, prêts à vomir if le feu, semblables à de grandes bêtes fauves qui vont s’élan d Da

cer sur leur proie. Cependant, malgré leur aspect terrible, à les boulets de ces canons là qui sont de 32 livres, feraient à peu près autant d'effet sur un monitor moderne qu'un pois.

‘ £ : ; t chiche sur un genou d’éléphant, Ces vingt-trois foudres de #4 + e 4 + L on gucrré u’attendent qu'un signal pour allsr s'ajouter 1 aux tuyaux de la compagnie du Gaz, L

À la place des portes, il y avait d'énormes blocs et des boucauts remplis de terre, sur:aontés de petites pièces 124 ’ordonnance ; le canon protégeait tout le pourtour d2 laif haute-ville qui ne comprenait que quelques rues, dont Ia e principale était la rue St. Louis, appelée Grande Allée, pet encore à moitié ombragée par la forêt, cb où ne se Géaient W que quelques établissements militaires,

Le reste de la ville était encore occupé aux trois-quarts #M par d’autres établissements militaires et surtout par des maisons religieuses, tels que les couvents, les hôpitaux, les églises, le séminaire, le collége des Jésuites. .., auxquels aboutissaient tous les chemins, ce qui les rendait extrême. ment tortueux, parce qu’il était impossible de suivre un plan régulier, chacun se bâtissant comme il le pouvait là où le roc était le plus facile. Il en résultait un double ‘M avantage; c’est qu’ou pouvait rassembler ‘en un clin-d'œil M sous la main toute la population, si un ennemi . extérieur venait subitement à la menacer; et, d'autre part, il ny? avait pas d’excuse possible pour /ne pra aller à la messe, #08] Aujourd’hui, le plar des rues n'a pas beaucoup changé ; seulement, il .ÿ çn a qui font le tour des églises. “ah

qu’à la grande Mn 1720, sous la direction de Mr. Chaussegros de Léry, png. agéniour sel on commença à construire les vraies fortiéätions avec des remparts de pierre et des bastions au

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xd: art, Une partie de iuseau allongélioucst, suivant les règles de l Une p ces

prêts à vomirÜl ifications est aujourd’hui comprise dans l'enceinte de la qui vont s'élan- delle. En 1795, lorsqu'on abattit, pour les refuire, la

aspect terrible, MP art des vieilles fortifications du cap, on trouva la pierre

: Mmémorative des fondations de 1720. Depuis cette vres, feraient à WE . k À À \ ‘ jusqu’à la conquête, les remparts restèrent les mêmes ; ne qu'un pois- vs SEE FR tte époque, ils furent réparés par les anglais; ils le rois foudres de his 1j 4 nt encore en 1775, et enfin, successivement, des augaller s'ajouter £ : tr , tations eurent lieu et des ouvrages extérieurs s'élevèrent ôté de la terre, jusqn’à ce que les fortifications prîssent es blocs et des ihysionomie que nous leur voyons depuis un demi-siècle, petites pièces léMfortifications consistent en bastions réunis par des courourtour da la et des remparts de 25 à 30 pieds de haut; la citarues, dont la et les constructions et terrains qui en dépendent cou- Grande Allée, réfit une superficie dé quarante arpents, que domine la e se trouvaient ffferie de Brock élevée sur un monticulo qui fait face aux Idfhes d'Abraham, Cette batterie est le point le plus élevé but l’eusemble des fortifications et a pour objet, je supd'offrir la résistance suprême à l’ennemi qui aurait orté d'assaut toutes les autres défenses. Comptons en e les quatre tours Martello que l’on voit exposées sur putes de St. Louis et de Ste. Foye. Ues tours sont ruites en mur très épais du côté de la campagne, et en relativement mince du côté de la ville, de sorte que le e la citadelle pourrait aisément les abattre si un envenaii:à s’en emparer.

x trois-quarts irtout par des ; hôpitaux, les :

.... auxquels idait extrême.

de suivre un 72 le pouvait là ait un double un clin-d’œil #8 lemi extérieur "et ennemi est attendu depuis cent ans; voilà en e part, il ny cont aus juste qu'a eu lieu le dernier siége âe Québec, er à la messe, #epuis lors les quatre tours Martello ont l'air d’avoir changé ; seu 6: oujours en s'ämincissant de plus en plus. Où pourra: | Eirder à travers dans cent autres années, si les améri-

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; à 33, Mail < cains mettent encore un siècle à se décider à prendre Qué®

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bec. A l'heure qu'il est, ces quatre tours feraient à ur @ oil

ennemi sérieux le même effet que ces croquemitaines en # Ex

paille, le corps planté dans un manche à balai, qu’on s’ima.@ L gine devoir effrayer les corneilles, suivant ce qu affirme Æ l'usage traditionnel, chose sacrée qui menace de devenir dei plus en plus la routine ou l’encroûtement. |

Après avoir quitté : l'enceinte de la citadelle, nous va suivrons le rempart et nous traverserons la rue St@helo

Louis sur un pont qui sera construit à l'endroit où étail ci l’ancienne porte. Les glacis qui s'étendent à gauche, jus c qu’à la rue St, Jean, seront complètement nivelés pour faire place à un joli pare entouré d’une grille ; la porte St. Jeai ® 8 sera démolie à son tour, malgré l’admiration qu’elle inspire Le aux gens familiarisés avee les grands monuments grecs où 4 R romains ; un pont la rempiacera également, et nous conti: 44 . puerons jusqu'à la rue Richelieu qui fera, aussi elle pt comme je l'ai dit plus haut, brèche à travers le rempaït el u ira rejoindre la rue Ste. Hélène qui passe devant l'église 4 irlandaise. Rappelons en passant, Messieurs, que cette

” église date déjà de 1832, année terrible que deux généra #8 tions se rappellent encore avec effroi, et, qu’à l’occasion de 88 O sa fondation, les protestants de Québec se signalèrent, malgré BOU* la terreur qu’un.fléau jusqu'alors inconnu répandait sur la Pit

ville en la faisant déserter de ses meilleures familles ; c'est né de leur part en effet que vinrent les plus généreuses sous #BS, criptions pour la construction de l’église St, Patrick. LU

é d $ - us Après avoir passé la porte St.Jean, nous suivons sur l08.

rempart la rue de l’Arsenal, nous longeons le jardin mili: L

[ini taire, puis nous débouchons sur la rue du Palais en lais ne. Il sant derrière nous les casernes de l'artillerie que les fran:

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çais avaient commencé à bâtir en 1750... Nous .traverson #

{ | la:rue du Palais.et nous montons par une pente, que le tra | ; 4

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il des mineurs va rendre très-douce, sur le dos du proprendre Qué à à - À Montoire au bas duquel passait autrefois une seule rue eralent à un . ‘ pire ë de roite, la rue St. Paul, qui se baignait presque dans la ri- Lemitaines en ! Ts L , ,. ière St. Charles. Là se trouvait, il n’y a pas plus de trois , qu’on s’ima/#à Maur ce qu'aférme ee Un affreux corps de garde, sal, noir, hideux, repoussant, ste ‘hi a été abattu en même temps que le rempart a baissé; de devenir de . . se Maintenant, cet espace est nettoyé, délivré, devrais-je dire, “Ouvert au grand air, et la vue s'étend librement sur toute tadelle, nouÂg vallée de la rivière St. Charles et les montagnes qui s’é-

s la rue Sthelonnent en arrière, jusqu’à l'horizon qui les confond avec roit où étail 4 ciel,

À gauche, jus lés pour fair porte St. Jeai-@

Cependant, ii y a des gens qui regrettent l’infecte corps e garde et la misérable porte du Palais qui laissait à peine sser voiture par voiture, péniblement traînée par un'cheval aletant, essoufdé, morfondu à mi-côte, qui faisait le double chemin en plongeant dans les cahots, tournant les bosses, aisant, longeant, qui avançait d’un côté, qu'on ramehit de l’autre, qui montait en zigzag comme si on l’eût rebouchonné du bas-en haut, et ani, lorsqu'il était arrivé

haut de la côte, chance qu'il n'avait pas toujours, res- Bit tout roide, étiré sur ses pattes, et la queue aplatie.

eb nous conti a, aussi elle le rempaït e levant l'église # rs, que cette M} deux généra

l’occasion de à È On ne saurait croire jusqu’ où certaines personnes lèrent, malgré Moussent le goût des antiquités. Il suffit qu’une chose andait sur a Dit décrépite, bien salie, bien déchiquetée, bien, rataamilles : c'est kr ée, nauséabonde et iuforme, mais qu'elle ait cent ps, pour qu’elles la pressent sur leur cœur. C'est une passion comme une autre, mais heureusement la lus ridicule de toutes, car si la passion pour le beau fait ire bien des folies et bien des bêtises, que doit-on attendre e la passion pour ce qui est laid, ét vieux par dessus Île arché ? On tombe assez souvent à ce sujet dans une ofusion grotesque ; on prend aisément pour l’amour de antique une monomanie puérile qui s'exerce incessamment

à jardin mili alais en lais que les fran us . traverso te, que Île tra:

envoyer vingt-einq billets doux par jour à une jolie femme

CR

sur une foule de petits objets saus importance, qui s’y perd

et s’y noie en laissant de côté les grands traits, les grand our : souvenirs, les véritables monuments de l’histoire et legs, leçons qu'ils renferment. Ceux-qui sont atteints de cettééh, la; maladie risible fouillent avec ardeur des champs de bataille, dr pour y trouver des talons de bottes, et consulteront les mé +or moires. et les récits de toute une génération, feront com la paraître devant eux cent vétérans pour savoir si la culottféés à de Montcalm était en peau de daim ou en peau de chi@}ofo mois, Ce qu'il y a de plus amusant, c’est que l'amour de; boutons de guêtre d’un autre âge devient une vraie rage M amo il y ‘a des gens qui passent toute leur vie à la recherch@ruc d’un tibia et qui barbouilleraient dix rames de papier pout@hs d démontrer l'endroit exact à six pouces près où Wolf a rendu l'âme. J'avoue, pour moi, que j'aime mieu1 ye

qui vit de mon temps, que d'adresser cinquante volumes i @ôté la câline d’une vénérable matronne qui avait l'honneur des Du causer avçe mon bisaïeul. os «

Je ne veux pas pousser trop loin la médisance, maïse l’occasion est trop bonne pour ne pas dire en passant que le goût du vieux pour le vieux est une de nos grandes fai. blesses, à nous, Québecquois. Il n’y a rien entre autres. qe nous aimions autant que Îles maisons brûlées, et il val s'en dire que plus il y a longtemps qu’elles le sont, pluse nous y tenons. . ..ça devient antique |

Nous avons er vérité trop de choses pour oceuper notr vie sans aller la remplir des ruines du passé ; ce n’est pass que l'archéologie et la recherche historique ne soient den s' nobles occupations, des sciences absoluiñent indispensables :@hed

non, certes, car sans elles il n’y aurait que ténèbres autour nd de nous ; la connaissance et le progrès de l’art seraient im- : on possibles, de même que la conduite des affaires humaines :

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