‹ L'androgyneChapitre 48 sur 52 · LE SAR JOSÉPHIN PELADAN · texte numérisé non relu

LE SAR JOSÉPHIN PELADAN

La latte du Sar Joséphin Peladan continue contre le Pape et les cardinaux. Il y a peut-être là un schisme qui naît. C'est à titre de curiosité et comme petit document de nos mœurs en 1891 que j'insère cette nouvelle philippique dont je me trouve le truchement naturel.

Joséphin Peladan à Francis Magnard.

« J'allais vous mander des excuses, monsieur, de m'être adressé à votre scepticisme ; car le Citoyen- Cardinal vous emprunte des textes, et délaye en un mandement l'articulet préfaçant malettre à Son É. Rampolla.

« J'allais mander à ces deux robes rouges tachées Tune de civisme, l'autre d'italianisme, quand... une robe blanche a paru, qui, même à travers un interview, me fait prosterner.

« Le Pape est trompé. Voilà ce qui ressort de cette audience au Vatican. Entre la vérité et Léon XIII il y a les monsignori et l'épiscopat. La vérité ne passe

pas — ne passera jamais. La légion citoyenne, la légion italienne, fonjt bonne garde : insomnis draco.

« On a menti au Saint-Père, puisqu'il croit qu'il y a encore un parti monarchique, et surtout des républicains de bonne volonté, sanctissima simplicitas. Les assassins de Louis XVI (musique des Pères Blancs) ont juré de jeter en défi à l'Europe, après une tête de roi, une tête de pape ; les misérables fils de la Révolution se prétendent les vengeurs du Grand Maître du Temple qui était pontife-roi, il leur manque une tiare ensanglantée : voilà le dessein secret de cette démagogie où nous convie le vicaire de Jésus, trompé, trahi, aveuglé.

« Ce n'est pas le Pape, l'être abstrait et infaillible, qui a parlé à M. Bonnefon, c'est l'homme, et l'homme italien. Je crois accommoder ma vénération et ma résistance en opposant au Léon XIII du tête-à-tête le Léon XIII de Y Encyclique Diuturnum, juin 1884. J'ai joint en note le texte latin, que vous publierez, monsieur, si vous le jugez nécessaire. « Le cas unique où on « ne doit pas obéir est le cas où ce qu'on demande re- « pugne ouvertement au droit naturel ou divin; car il « est aussi défendu d'ordonner que d'accomplir ce qui « viole la loi de nature et la volonté de Dieu. Si dotiç « quelqu'un se trouve dans l'alternative de désobéir aux « ordres de Dieu ou aux ordres de l'État il doit obéir à « Jésus-Christ ordonnant « quœ sunt Cœsaris Çœsari, « quœ sunt Dei Deo », et répondre courageusement à « Fexemple des apôtres. Il faut obéir à Dieu plutôt

Page 1