SCENE XII
ROBERT, HENRIETTE. ( Ils entrent par le fond, Henriette est sur
Chariot .)
ROBERT
Allons, Henriette, sériiez bien vile ces beaux yeux... ton chagrin me fait injure, méchante l
Vous m’aimez toujours... bien vrai?
ROBERT
Plus que jamais... et à cette heure, tu n’as pas plus le droit de douter de mon amour que moi du tien.
HENRIETTE
Oh! non... car si vous m’abandonniez, Robert, il ne me resterait plus qu’à mourir!...
' ROBERT
Enfant!...
HENRIETTE
Mais j’ai confiance en vous.. . en votre honneur... vous m’avez juré tout à l'heure encore d’ê ire mon mari., et je vous crois... Songez-y, Robert... vous seul, à présent, pouvez me faire pardonner ma faute.
ROBERT
Te faire pardonner?... mais ce pardon, Henriette, n’est-il pas tout entier dans l’amour que tu as pour moi?
HBNRIETTE.
Oui... mais cependant... si vous le vouliez...
ROBERT
Attends encore, chère Henriette... je te l'ai dit... des considérations impérieuses me forcent d’ajourner l’instant où je me présenterai chez ton père... jusque-là, patiente... je t’en conjure... dis, le veux-tu?
Henriette, traversant.
Que puis-je faire, sinon de l’obéir 1
Tu n’as plus de chagrin?
L’ANE MORT
HBNRIBTTE.
Non... si... encore un peu... mais ça se passera.
ROBERT
Laisse-moi donc essuyer tes dernières larmes. (Il veut Tembrasser.)
Henriette, regardant autour d'elle.
Mon Dieu ! si on nous avait vus ensemble?
ROBERT
Tranquillise- toi.
HENRIETTE
Il se fait tard, Robert, il faut nous séparer. (On entend la voix de Bernard.) Ciel! mon pèrel (Elle rentre chez elle.)
ROBERT
Le père! diable!... esquivons-nous! (Il se cache derrière le cabaret.)
BERNARD
Encore un qui ne veut rien me dire... tonnerre! ça commence à me monter à la tête... Et ce sergent recruteur, avec ses demimots, ses sourires malicieux ..Ah! j’ai le cœur serré... et à tout prix il faut que je sache la vérité. (Il rentre chez lui.)
Scsi ra xv.
ROBERT, PICHERIC. (Il descend de la montagne.)
ROBERT
Il n’est plus là, allons retrouver Picheric. (// se trouve en face de Picheric.)
PICHERIC.
C’est inutile, me voilà.
ROBERT
Comment se fait-il donc que tu sois ici?
PICHERIC.
Ah! je vais te dire... à mon tour, je commence à aimer la campagne... les soleils couchants.
ROBERT
Te moques-tu de moi?
PICHERIC.
Non, vrai, j’ai décidément changé d’avis... Ce que tu m’as dit hier au sujet d’Henriette Bernard... cet amour si pur, si candide!... ma foi, j’ai passé toute la nuit à réfléchir, et je me suis dit que tu avais peut-être raison.
ROBERT
Picheric I