ACTE III
RAYMOND
Elle est affreuse... incroyable!...
LE BARON
Incroyable!... Mais, mon cher, il y a de par le monde une foule de femmes qui, comme celle-là, réussiss^ntà se faire prendre au serieux; je ne vous parle pas de celles qui font le désespoir de relui qui les aime véritablement pour se livrer a quelque autre qui ne les aimera jamais, douces femmes qui auront un jour à se reprocher le dési spoir d’un brave et noble cœur; je ne vous parle pas de celles qui sont cause de la mori de leur mère, du déshonneur de leur famille, ni de celles enfin qui volent l’honneur et l'estime du monde, qu’on salue avec respect et que l’un chasserait avec mépris si l’on pouvait descendre dans le bourbier de leur vie... N’est-ce pas votre opinion, madame?
Henriette, courbant la lête.
Monsieur, je...
LE BARON
Mais les hommes seront toujours des dupes, et voilà ce qui me faisait rire. [On entre au fond.)
Raymond, à part.
Comme Henriette est pâle !
LE BARON
Ah ! mon cher Raymond, je vous demanderai la permission de vous présenter deux gentilshommes dont j’ai fait la connaissance tout dernièremen' à Paris. Ils désirent vous serrer la main et saluer votre libératrice; l’un des deux est le fils, l’héritier d une des plus grandes familles de France... Il se nomme Robert, duc de Roy an.
Henriette, à part.
Robert!
Raymond, tressaillant.
De Royan !... Ah ! c’est là un beau nom !... [Bas, à Henriette.) Qu’avez- vous donc, Henriette?
HENRI ETTB.
Moi... rien... (A part.) Robert ici!...
LE BARON
Ce sont deux joyeux compagnons, je vous jure, et liés de la façon la plus intime; je suis sûr qu'ils ne pourraient pas vivre l’un sans l’autre... Mais en attendant leur arrivée, au pharaon, messieurs, au pharaon 1...
TOUS
Au pharaon!... ( Ils remontent au fond.)
L’ANE MORT