SCÈNE III
Les Mêmes, au fond ; HENRI EUE et RAYMOND, sur le devant.
Henriette, à part.
Chacun, en passant, me juttera-l-ü donc un reproche au visage?
RAYMOND
Henriette! qu’avez-vous donc?
HENRIETTE
Rien, rien.
. r RAYMOND.
Vous me trompez... Ecoutez, Henriette... le jour oh je vous ai vue priant h mon chevet, j’ai fait le serment de vous protéger, de vous défendie, fa'.lûl-il donner la vie que vous m’aviez conservée; ce serment, je le renouvelle ici... Je me sui ; promis aussi de vous comoler si quelquo souffrance vous atteignait jamais... Eh b en, le moment est venu, je crois, de vous parler comme un frère peut parler h sa sœur... Henriette, j'en suis sûr, vous avez, au fond du cœur... un de ces secrets qui tuent... Voyons, Henriette, mou enfant... on n’a rien de caché pour un frèrel...
HENRIETTE
Oh! vous êtes bon et généreux, monsieur... et c’est ati nom de cette amiiié que je vous implore. Ne m’interrogez pas; je suis restée auprès de vous tant que j’ai pu vous être utile... aujourd'hui que vous êtes sauvé et que ma tâche est remplie, luissezmoi partir.
RAYMOND
Vous auriez le courage de m’abandonner... Mais vous savez bien que je suis sans famille, vous savez bien que je suis seul sur terre... Jamais je n’ai connu, embrassé ma mère!... Tenez, ne me quittez pas... Je suis superstitieux, vous le savez! eh bien, cette nuit, j’ai fait un rêve étrange. Je me sentais mourir, et à mesure que la vie s’éloignait de moi, le passé s’en rapprochait... J’avais une f «mille. . j’habitais un château tout plein de portraits d’aï ux et d’armoiries... je voyais tout cela, le- grands parcs où s'est écoulee mon enfance... puis j’ai senti sur mon front la trace d’un baiser comme en doit donner une mère. Je l’ai vue, elle me tendait l j s bras, elle m’appelai!, et mot je lui répondais : Je te rejoins... me voilé, me voilà. Oh! je vous eu prie, je vous en supplie, ne me quittez pas!...
I1KNR1ETTB.
• Non... non, je ne puis rester, je ne le dois pas... Voyezvous? je porte malheur à ceux qui m’approchent... à ceux qui m’aiment...