‹ L'Ane mort, drame en 5 actes, avec un prologue et un épilogueChapitre 54 sur 76 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

RAYMOND, ROBERT, puis PICHERIC.

Robert, virement à Raymond.

Vous étiez là, monsieur ?

RAYMOND

Non, monsieur, je n’ai pas l’habitude d’écouler aux portes; j’ai entendu tout à l’heure malgré moi qu* mademoiselle Henriette vous priait de l’attendre... voilà tout; mais cela m’a suffi pour expliquer sa pâleur et ses larmes depuis que je l’ai rencontrée... Vous avez deshorfbré mademoiselle Henriette Bernard,

ROBERT

Eh bien, après, monsieur, êtes-vous jaloux?

RAYMOND

Je n’en ai pas le droit monsieur; mademoiselle Henriette ne m’a pas fait aussi heureux qne vous le supposez... (souriant) je ne lui dois que la vie, mais j’ai juré de la protéger, de la servir, autant que je le pourrais, et c'est pour cela que je viens à vous, comme à un galant homme, pour plaider la cause de la pauvre enfant abandonnée.

ROBERT

Monsieur, cette cause est perdue... et mademoiselle Henriette elle- même n’en rappelle pas, car elle vient de me faire ses adieux.

RAYMOND

Mais, monsieur, n’avez-vous pas deviné un désespoir profond dans les dernières paroles qu’elle vous a jetées?

ROBERT

Monsieur, de grâce... quittons co sujet, il est très-délicat pour nous deux... tout à l’heure je vous croyais amoureux d’Henriette, mais à présent, je serais tenté de croire que vous avez cessé de l’être, et que vous tenez à me rendre un bonheur qui vous gêne.

Raymond, s'animant.

Mais c’est une infamie que vous dites là.

ROBERT

Monsieur !

RAYMOND

Mademoiselle Henriette est digne de mes respects.. . plus digne

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