ACTE III
encore des vôtres... et j’ai vu à son émotion, tout à l’heure, que vous avez oublié non-seulement qu’elle a été votre maîtresse, mais encore qu’elle est femme.
ROBERT
Est-ce une leçon que vous voulez me donner? Monsieur, je n’en ai pas besoin.
RAYMOND
Je n’en dirai pas autant de votre ami, monsieur, à qui le vin a déjà tourné la tête, et qui m’a déjà donné vingt fois l’envie de le faire jeter à la porte.
ROBERT
Monsieur!... Mais après tout, si vous n’êtes pas... {souriant) à votre tour l’amant d’Henriette, de quel droit venez-vous vous placer entre elle et moi?’
Raymond, éclatant.
De quel droit?
ROBERT
Êtes- vous son frère?
RAYMOND
Je suis son hôte, monsieur... vous avez levé la main sur elle, j’ai donc le droit de vous dire que vous êtes un misérable.
ROBERT
Monsieur !
picheric, entrant.
Hein?... qu’y a-t-il?... On insulte mon ami le duc de Royan.
RAYMOND
Pardon, monsieur, ceci est entre monsieur le duc et moi... puisque vôus le désirez si obstinément, vous aurez votre tour après...
PICHERIC.
Après?... non pas... avant.
RAIMOND
Décidément, vous êtes ivre, monsieur!
Palsambleu!... une telle insulte!... à moi!...
ROBERT
Laisse-nous... Monsieur a raison... nous avons affaire ensemble.
picheric, bas à Robert.
Allons donc!... tu n'es pas assez fort sur le coup droit, malheureux. [Haut.) Monsieur le duc ne se battra pas.
RAYMOND
Il ne se battra pas?
L’ANE MORT
PICHERIC.
Monsieur le duc ne peut pas se battre avec un homme qui n’a pas de nom.
RAIMOND
Monsieur!
PICHERIC.
Ah! moi, c’est différent... je suis à vos ordres.
Mais...
picheric, bas.
Je te le défends!
RAïuoND, à Robert.
On vous insulte, et vous refusez de vous battre? .. Une telle lâcheté avec un nom comme le vôtre?... mais ce nom vous l’avez doue volé?
robert, fait un mouvement.
Volé!...
RAIMOND
Oui!... il est impossible que vous ayez du sang noble dans les veines!... Je vous ai traité comme un gentilhomme! et vous refusez ! je vous traite comme un Liquais, vous accepterez peutêtre. (Il lui donne un soufflet avec son gant.)
robbrt, avec un rugissement.
Malédiction ! (Il met l’épée à la main ; Raymond en fait autant , mais aussitôt il pous»e un cri de douleur cl il laisse retomber so» épée.) Eh bien ?
Raymond, arec rage.
Ah! ma blessure...
picheric, voyant sa main gantée, avec joie.
C’est heureux !
RAIMOND
Non, non... je ne peux pas... Oh! mais... je me battrai de la main gauche.
Imposssible.., les chances ne seraient pas égales.
RAYMOND
Oh!
ROBERT
En m’insullant, monsieur... n’aviez -vous pas pensé que la ré* paration était impossible ?
RAYMOND
Vous pourriez croire...