MATHURIN, HENRIETTE, MARTHE, BERNARD
MARTHE, à part.
Pauvre garçon 1
MATHURIN
Je ne sais pas quel air que j’ai, monsieur Bernard... mais c’est sans doute celui qui convient aux choses que j’ai dans lu cœur.
BERNARD
Et qu’est-ce qu’il y a dans ton cœur, Mathurin î
L’ANE MORT
MATHURIN
> Oh! vous le savez bien... il y a un grand amour pour vot’ demoiselle.
HENRIETTE
Monsieur Mathurin!*
MATHURIN
J’ai peut-être la mine ridicule, mamzelle, mais dame! il y a un si grand chaos dans mes idées... Tout le long du chemin, je me suis fait une grande leçon pour m’apprendre comment je vous dirais ça... mais h présent que je suis en face de vous... je ne m’en souviens plus... et, de toutes mes belles phrases, il ne me reste plus que ce mot à vous dire : je vous aime. [Mouvement d'Henriette.)
bernard, riant, à part. Il remonte au fond.
Ah! ma hue, il l’a dit!
MATHURIN
Oui, mademoiselle, je vous aime, et depuis si longtemps que je ne sais plus quel jour cet amour-là est venu au monde... il me semble que j’ai toujours vécu avec lui... Si je vous parle ainsi, c’est avec la permission de vos père et mère, mamzelle, car s'ils n’avaient pas accueilli ma demande, j’aurais jamais osé vous dire tout ça... oh ! non, mais j’en serais mort de chagrin.
HENRIETTE, émue.
Mathurin !
mathurin, à Bernard.
Mademoiselle Henriette ne me répond pas... je voudrais pourtant bien savoir... car je souffre ben, voyez-vous.
HENRIETTE
Monsieur Mathurin... c’est à mon père de vous répondre.
BEnNARD, qui a allumé du (eu.
Attends, mon garçon. Mathurin, t’es un brave et digne garçon... honnête, ’aborieux, aimant comme on doit aimer, avec ardeur et respect, pour lors et pour ce qui est de not’ consentement, tu l’as. [Avec douceur.) Henriette, (allant à elle) it quand la noce ?
HENRIETTE
Mon père !
MATHURIN
Oh ! rassurez-vous, mamzelle; je n’espère pas comme ça tout d’un coup un bonheur que je rêve depuis tant d’années... ce que je viens vous dire aujourd'hui, c’est qu’avec le consentement de vos parents, j’espère me faire aimer do vous... Acceptez-moi pour vot’ fiancé, mamzelle. .. je suis tout seul au monde... mon père et ma mère sont morts, et je n'ai pas de famille... je vou-
* Henriette, Mathurin, Marthe, Bernard.
drais que la vôtre devienne la mienne, et il me semble que je l’aimerais autant que celle que le bon Dieu m’avait donnée. harthe, l'embrassant. *
Bien. ..bien parlé, Mathurin, moi je t’aimerai comme un fils !.. • HENRIETTE, à part.
Mon Dieu! aurai-je le courage de briser tant de bonheur!
BÀTHUntN.
Vous ne répondez pas, mamzelle Henriette, vous voulez réfléchir encore... Eh bien ! j’attendrai... et même, vous n’aurez pas la peine de dire une parole... pénible peut-être...
. Henriette, avec un mouvement.
Mathurin !
MATH CRIN
Non, n’est-ce pas?... C’te parole-là, ça sera une parole d’espoir, mais c’est égal.. . Tenez, voilà des fleurs que je vous ai apportées, elles viennent du petit jardin que ma mère aimait à • cultiver ; je vais les mettre en sortant sur le bord de votre fenêtre... si demain elles y sont encore, ça voudra dire, mamzelle Henriette, que devant tous, vous m’acceptez pour votre fiance, et que vous me permettrez de consacrer ma vie à vous rendre heureuse. Dites, le voulez- vous?
hbnriette, d’une voix faible et après avoir regardé autour d'elle. Oui, monsieur Mathurin. **
MATHURIN
Oui... vous avez dit oui... Oh! il me semble que le paradis est entré dans mon cœur! Mère Marthe... (Il l’embrasse.) Bernard... (Il lui serre la main.) Je. . .je... Oh! je no peux plus
Ï arler... je... A demain... à demain 1 (Il sort en envoyant des aisers à Henriette et met le bouquet sur la fentlre en dehors.)