MARTHE, BERNARD, HENRIETTE
HENRIETTE
Mère, ça te rendrait donc bien heureuse si j’épousais Mathurin ?
MARTHE
Oui, parce que c’est un digne garçon qui a le cœur bien " placé... et qui est capable de t’aimer toujours.
Henriette, allant à son pire.
Et vous, père?
BERNARD
Moi, morguienne... Tiens! vois-tu... si j’étais femme, tu ne l’épouserais pas !... je le garderais pour moi.
* Henriette, Mathurin, Marthe, Bernard.
** Mathurin, Henriette, Marthe, Bernard,
HENRIETTE
C’est bien, j’épouserai Math... (Coup de tonnerre. BUe tombe assise .) Et Robert, mon Dieu, et Robert !
MARTHE
Ciel!... Qu’as-tu, Henriette?
HENRIETTE
Rien... rien... c’est cet orage... vous savez, ma mère, combien il me fait mal.
MARTHE
Oui, c’est vrai.
HENRIETTE
Il y a des moments où il me semble que tout s’éteint en moi l je ne sens plus rien... rien... et je crois que je vais mourir.
Marthe, effrayée.
Mon enfant ! . . ( Bas à Bernard.) Et dire que c’est toujours comme ça... il y a des instants où je crois qu’on lui a jeté un sort.
BERNARD
Allons, t’es folle... ça va se calmer... voilé l’orage qui s’éloigne 1
HENRIETTE
Non... non. .. il approche au contraire. Oh 1 je le sens bien... je le sens bien. (Touchant sa tête et son cœur.) Là et là. (Coup de tonnerre. La porte s’ouvre violemment et donne passage à un étranger couvert d'un grand manteau tout chargé de pluie. Henriette et Marthe poussent un cri. Bernard saisit son fusil.)