‹ L'Ane mort, drame en 5 actes, avec un prologue et un épilogueChapitre 8 sur 76 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les Mêmes, L’ETRANGER/ l’étranger, riant.

Merci de la réception ! Rassurez-vous, braves gens, je ne suis pas tout à fait le diable. . . Je vous dérange. .. mais, ma foi, il fait un temps à ne pas mettre un sorcier dehors... (Il va pour sortir.) bernard, le retenant.

Pardon... pardon, monsieur, votre entrée un peu. ..

l’étranger.

Orageuse.

bernard .

A effrayé les femmes et m’a surpris moi-môme ; mais c’est passé, et je vous supplie de rester... Pierre Bernard n’a jamais refusé l’hospitalité à personne. (Marthe lui prend son manteau qu’elle étend.)

l’étranger.

Eh bien ! j'acceple... le peu de mots que vous m’ayez dits.., vous êtes un brave homme, vous.

bernard.

Monsieur. . .

* Marthe, Henriette, l’E 1 ranger, Bernard.

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l’étranger. , - 4 . ,

Vous êtes un brave homme !. .. je new trompe jamais.*.

BERNARD

Eh bien ! c’est la vérité.

l’étranger.

Votre femme, n’est-ce pas î

MARTHE

' A votre service, monsieur.

l’étrangbr, apercevant Henriette.

Ah! votre fille?

MARTHE

Oui, monsieur, (fias à Bernard.) Je trouve qu’il est bien curieux I

l’étranger, prenant la main d'Henriette.

L’orage semble vous faire beaucoup souffrir, mademoiselle.

HENRIETTE

En effet, je. ..

C’est toujours ainsi. •• (A part.) Pourquoi donc qu’il la regarde comme ça ?

l’étranger.

Pardon, mais j’ai mon cheval attaché aux barreaux .de votre fenêtre, et...

BERNARD. 1..J

Oh! j’y vais... j’y vais moi-même... (A Marthe.) Allons, Marthe, prépare la chambre d’en bas, va... nou3 avons de l’orage pour jusqu’à demain. [A l’ Etranger.) Je vais me lire vot’ cheval dans l’écurie de Chariot.

l’étranger.’*

Chariot?

BERNARD

C’est notre âne, sauf vot’ respect. Oh! ils s’entendront!... Chariot est la bonté même... Au revoir, monsieur. (Il sort.)

MARTHE

Viens avec moi, Henriette... secoue-toi un peu. ( Henriette remonte au buffet, et apporte sur la table une bouteille et un verre sur une assiette.)

.. l’étranger. . ; ; .

Non... laissez, bravé femme... laissez... je suis un peu médecin I ‘ .... :

MARTHE

Oh ! oh ! c’est différent... un médecin !... Je vas mettre des draps blancs. ( Bile sort.)

Henriette, qui a préparé un couvert.

Tenez, monsieur, si vous voulez.; ( L'Etranger remplit son

* Henriette, Marthe, Bernard, l'Etranger.

<2 L’ANE MORT

verre. Je porte d ses lèvres sans quitter Ilenriette du regard. Elle semble lutter contre la fixité du regard, elle finit par s'affaisser sur une chaise, près de la table.) Monsieur, vous me laites mal... assez, assez.

l’étranger.

O hasard ! merci I... Je saurai ce que je veux savoir!... (Il va regarder partout et revient près <f Henriette.) Jeune fille, m’en tends-tu î

HENRIETTE

Oui.

l’étranger.

Quitte cette chaumière, remonte la route de Poitiers, va... va.., va toujours, et ne t’arrête qu’aux frontières d’Espagne. Ne voislu pas une chaise de poste? quatre chevaux. .. deux postillons... et dans l’intérieur, un homme vêtu de noir?

HBNRIKTTB.

Je ne vois rien.

l’étranger, lui saisissant la main.

Je t’ordonne de voir !

Henriette, après un tressaillement.

Je vois.

l’étrangbr.

* Ah! que vois-tu?

HENR1BTTE.

Une chaise de poste poursuivie par des cavaliers... ils vont r atteindre... ah!

l’étrangbr.

Quoi donc?

HENRIETTE

Dans un chemin creux, la voiture...

l’étranger.

Eh bien !

HENRIETTE

Versée 1 L’abbé, Port...

Pas son nom! l’abbé Il est inquiet...

De quoi...

L’ÉTRANGER, que lui arrive-t-il?

HENRIETTE

l’étranger.

HENRIETTE

De sa valise... on parle de l’ouvrir...

Ciel! et ses papiers..,

l btrangbr.

On l’oiirrO.

Saisis !

HENRIETTE

l’étranger.

De quoi parle-t-on? écoute, écoute!

HENRIETTE

On parle de conjuration.

l’étranger.

A-t-on prononcé un nom?

HENRIETTE

Oui!

Lequel?

l’étranger.

HENRIETTE

Celui du prince Cellamare.

l’étranger.

Grand Dieu ! et l’abbé?

HENRIBTTE.

Saisi... bâillonné.

l’étranger.

Où le conduisent ils?. ..

A Paris.

HENRIETTE

l’étranger.

Et mon nom qui se trouve parmi les papiers saisis... mais grâce au ciel on ne pourra m’atteindre. . . et mes amis euxmêmes... j’ai jusqu’à demain pour leur écrire de se tenir sur leurs gardes... et cela suffira, nous serons sauvés! Grâce à cette enfant que Dieu a jetée sur ma route.

martue, en dehors.

Henriette!

l’étranger.

Sa mère!... Henriette, réveillez-vous, je le veux! (Henriette s'éveille, Marthe parait, l’Étranger vide tranquillement son verre. Demi nuit.)

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