‹ L'Anesthésie au CyclopropaneChapitre 36 sur 42 · EXPERIMENTATION ANIMALE · texte numérisé non relu

EXPERIMENTATION ANIMALE

Depuis 1906, date à laquelle Abrami et Fiessinger étudièrent lipoïdes. En 1908, Nicloux écrivait : « Nous sommes à un tournant de l’histoire des anesthésiques ; jusqu'ici l'étude expérimentale de l’anesthésie générale et des anesthésiques généraux le rôle joué par la fixation des substances chimiques sur les

les lésions hépatiques produites par le chroloforme, on connaît n’a été poursuivie qu’au point de vue physiologique; il faut dorénavant se placer au point de vue chimique ».

C'est à ce point de vue que se placent Raginsky et Bourne qui étudièrent les effets du cyclopropane sur le foie normal et physiologique. Dans ce but, ils soumirent à l'anesthésie au cyclopropane des chiens normaux, des chiens ayant subi une intoxication chloroformique, et des chiens soumis au jeûne. Nous reproduisons textuellement leurs observations :

Chien n° 1. — Chien normal endormi pendant une heure au cyclopropane pendant o jours consécutifs. Vingt-quatre heures après la première et la troisième anesthésies, le test coloré à la bromosulfonphtaléine indique 10 % de rétention et une rélention nulle après les sept autres.

Le dixième jour, le foie est examinée par Waugh : « Macroscopiquement, foie et voies biliaires normaux. Histologiquement : les coupes du foie et des voies biliaires ont un aspect normal ; les seules particularités sont d'ordre vasculaire ; elles consistent en une dilatation légère des capillaires inter-cellulaires et en œdème du parenchyme. Il existe un léger œdème des cellules hépatiques, plus net autour de la veine centro-lobulaire. Il n’y a aucune dégénérescence graisseuse. L'administration journalière du cyclopropane à ce chien normal n’a provoqué aucune lésion hépatique ».

Chien n° 2. — Chien normal ayant reçu du cyclopropane pendant une heure, deux jours consécutifs ; le troisième jour l’anesthésie fut prolongée pendant trois heures ; le quatrième il

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n y avait aucune rétention colorée. Le même jour il fut endormi au chloroforme pendant ‘une demi-heure. Les jours suivant l’anesthésie au chloroforme, la rétention colorée atteignait les pourcentages respectifs de 80, 90, 50, 10. Le quatrième jour après cette altération hépatique, l'animal fut de nouveau soumis au cyclopropane pendant une heure, et vingt-quatre heures plus tard, le pourcentage de la rétention colorée était resté à ro.

Conclusion : L'administration répétée de cyclopropane pendant trois jours, la troisième ayant duré trois heures, n’a pas altéré la fonction hépatique de l'animal et la lésion provoquée par le chloroforme ne fut pas aggravée par une nouvelle anesthésie au cyclopropane.

Chien n° 3. — Ce chien fut soumis au chloroforme pendant une demi-heure ; vingt-quatre heures après, la rétention colorée atteint 70 % ; quarante-huit heures après elle est de 40 %. Le cyclopropane est alors administré pendant une heure. Les jours suivants, le colorant est retenu dans une proportion de 30 % et il est complètement éliminé le lendemain. Dans ce cas, éga'ement, l’action du cyclopropane n’a pas entravé la récupération de la fonction hépatique altérée.

Chien n° 4. — Après avoir soumis l’animal au chloroforme pendant trois jours consécutifs, les pourcentages relevés sont respectivement de 60, 50 et 40. Le troisième jour après la chloroformisation, on idonne du cyclopropane pendant trois heures et les pourcentages de rétention colorée sont : 25, 10

5. Le cyclopropane est de nouveau administré pendant trois heures. Dix-huit heures plus tard, la rétention n'’atteint pas 5 %.

Chien n° s. — Chien privé de nourriture pendant trois jours (on sait que la réserve de glycogène est fortement diminuée par le jeûne). L’anesthésie au cyclopropane est maintenue pendant soixante-quinze minutes. Vingt-trois heures plus tard, le test coloré indique une rétention inférieure à 5 %.

Chien n° 6. — Chien privé de nourriture pendant quatre jours. Son poids est passé de 10 kg,8 à o kg,0. Après le qua-

trième jour, le chien est endormi au cyclopropane pendant trois heures. Le lendemain, quinze minutes après l'injection intraveineuse de bromosulfonphtaléine, il n’y a PIBORE aucune rétention colorée.

De cette expérimentation il est permis de conclure Que l’anesthésie au cyclopropane n’altère aucunement la fonction hépatique même après administrations répétées et prolongées. Qu'il n'augmente pas le trouble fonctionnel artificiellement créé par l’intoxication chloroformique : ; qu'il ne cause aucune altération hépatique chez l’animal soumis au jeûne prolongé.

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