‹ L'Anesthésie ChirurgicaleChapitre 13 sur 21 · FRET F · texte numérisé non relu

FRET F

MSA) Mu adéno-phlegmon de la région sous-maxillaire droite, consécutif à une carie dentaire. Très nerveuse et très pusillanime, la malade refuse de se laisser même toucher du doigt ; le phlegmon grossit, la tension est extrême, le cou est tuméfié jusqu’à la clavicule, et le même progrès se faisant du côté de la bouche, il y a striction des mâchoires et tuméfaction du plancher sublingual avec stomatite.

La situation devenant sérieuse, le huitième jour, je contrains la malade à laisser explorer la région ; je le fais presque de force, et le palper provoque une attaqne d’hystérie.

Renseigné alors sur l’existence de cette névrose, dont j'ignorais que M'° P... fût atteinte, je l'hypnotise aussitôt par l'application des doigts sur les globes oculaires, et j’arrête l'attaque d’hystérie par suggestion. Le calme obtenu, je dis: « Vous allez dormir encore 5 minutes ; vous ne sentirez rien, el au réveil vous vous trouverez très soulagée ; vous n'aurez plus d'attaques. » |

Je puis alors choisir le point où l’empâtement spécial indique une fluctuation profonde {milieu du triangle sousmaxillaire), je le ponctionne, j’achève la mise en liberté du pus avec la sonde cannelée qui atteint et déchire l’aponévrose, puis je lave et place un drain plongeant à 4 centimètres.

J'attends ensuite, en repos, la fin des 5 minutes et, à l’instant précis, Mlle P... ouvre les yeux; menace de spasmes hystériques. Je les interdis avec autorité; ils disparaissent. L'opérée n’a rien senti.

Les jours suivants, j'ai eu recours encore 5 ou 6 fois à la même pratique, chez cette jeune femme, soit pour faire des injections et replacer le drain, soit pour opérer une deuxième ouverture en un point fluctuant, plus en dehors, près du sterno-mastoïdien.

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J'ai toujours réussi à merveille, sans être troublé, grâce à la suggestion, ni par l'extrême sensibilité du sujet, ni par des attaques d’hystérie.

Observation XIV (inédite).

Anesthésie par suggestion hypnotique. — Extraction de molaire (M. Bérillon) ({).

X.., jeune homme de 24 ans. Sujet très hypnotisable. Souffre d’une grosse molaire solidemment implantée; demande qu’on la lui arrache.

Je l’'hypnotise et je lui suggère que, non seulement il n'éprouvera aucune douleur, mais qu’il aura une sensation plutôt agréable. L'opérateur lui a fortement secoué la dent dans l’alvéole. X.. n’a eu aucun mouvement réflexe. Une fois éveillé, il est étonné que sa dent ait été enlevée. Il me dit avoir ressenti une sensation agréable pendant qu’on lui secouait la dent dans l’alvéole.

— Chez M. Dumontpallier, à Ta Pitié, j'ai vu inciser deux fois un nanaris très douloureux, pendant l’hypnotisme sans aucune douleur, ni aucun mouvement réflexe.

— J'ai pu récemment masser une entorse, pendantl'hypnotisme, sans provoquer aucune douleur.

(1) M: le Dr Bérillon, directeur de la Revue d'hypnotisme, a bien voulu nous commupniquer celle observation.

Nous le prions de recvvoir tous nos remerciements.

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