‹ L'Anesthésie ChirurgicaleChapitre 3 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

«Une méthode, qui n'introduisait aucune substance dans l’organisme, me paraissait absolument inoffensive et propre à remplacer efficacement le chloroforme.»

(Broca, Société de chirurgie, 1859).

Les nombreux et remarquables travaux qui ont été publiés, dans ces derniers temps, sur l’hypnotisme, lui ont assigné un rang véritable parmi les agents thérapeutiques. La méthode suggestive est devenue d’application courante à la clinique du professeur Bernheim. Il n’y a peut-être pas de jour, dit le savant professeur de Nancy (1), où je ne montre à mes élèves quelque trouble fonctionnel modéré ou supprimé instantanément par la suggestion; et, d'autre part, l'excellent livre de MM. Fontan et Ségard (2), nous montre qu’on n’en est plus à compter les résultats surprenants obtenus à la faveur de la médecine suggestive, dans des cas où, très souvent, l’inefficacité des autres moyens thérapeutiques avait fini par lasser malades et médecins.

Aussi bien, devant de pareils faits, les plus incrédules, et Dieu sait s’il y en à parmi les gens lettrés et les médecins, ont dû se rendre à l'évidence. On hésite moins, partant, à proposer aux malades une nouvelle méthode de traitement,

(1) Bernheim, De la suggestion et de ses applications à la thérapeutique, 1886. (2) Fontan et Ségard, Éléments de médecine suggestive, 1887.

qui, naguère encore, était accueillie avec des sourires et des haussements d’épaules.

Et ce n’est pas seulement dans ce qu’on appelle vulgairement les maladies imaginaires ou les affections sine materia, que la suggestion thérapeutique a été couronnée de succès; mais on à pu supprimer, grâce à elle, la douleur inséparable de toute intervention chirurgicale; l’essai, du reste, ne date pas d’hier, et nous aurons à insister longuement sur ce point qui, il y a près de 30 ans, a passionné le monde médical.

Il nous à paru intéressant de rechercher et d'analyser les faits qui ont été publiés à cette époque, en lés rapprochant des essais qui ont été faits, dans ce but, dans ces dernières années.

De toutes les questions qui se rattachent à l’étude si complexe de l’hypnotisme, c’est peut-être celle qui a reçu le moins de développement dans les ouvrages spéciaux; nous ne saurions avoir la prétention de combler cette lacune. Pour intervenir dans un débat où l’on rencontre à chaque pas les noms des plus grands Maîtres, il nous faudrait une compétence et une autorité que nous sommes.loin de posséder. Aussi notre but devait-il être, et est-il resté plus modeste. Des faits certains, constatés par des personnes dont la grande autorité et la probité scientifique sont au-dessus de tout soupçon, constituant les meilleurs arguments à l’appui d’une doctrine ou d’une théorie, nous avons eu à cœur d’en réunir le plus grand nombre possible dàns ce court travail.

Dans la première partie, nous dirons quelles circonstances amenèrent l’emploi du sommeil magnétique, comme procédé d’anesthésie chirurgicale, et quel fut le résultat de ces premières tentatives. Ce sera, en un mot, l’histoire de la première phase de la question.

La seconde sera relative aux essais hypnotiques, faits il y a 30 ans.

La troisième comprendra les faits suggestifs, inédits ou tout récemment publiés.

Que si, au cours de notre dissertation, nous nous sommes montré sobre de discussions et surtout d'appréciations personnelles, la raison en est que nous manquions de l'autorité nécessaire pour le faire; notre but ayant été, d’autre part, de préparer un dossier pour une question qui, malgré un premier jugement, mériterait peut-être d’être reprise.

Nous ne saurions terminer cette introduction, sans offrir l’hommage de notre profonde reconnaissance à M. le Professeur Fontan, qui nous a aidé avec sa bienveillance habituelle et à qui nous devons les observations inédites (XIT, XII, XIX, XXI).

Nous remercions également M. le Médecin en chef Thomas et MM. les docteurs Burot, Berillon et Pascal, qui ont bien voulu nous communiquer des observations inédites.

Que M. le Professeur Tédenat reçoive l'expression de notre profonde gratitude, pour l'honneur qu’il a bien voulu nous faire en acceptant la présidence de cette thèse.

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