CHAPITRE I
ÉTUDE BIOCHIMIQUE
L'étude biochimique du Tribromoéthanol (1) a été traitée par notre Maître, le D' R. Moxon : nous ne la reprendrons donc pas et nous renvoyons à son rapport au Congrès de Madrid.
Quelques points cependant méritent d’être repris.
Épreuve au rouge congo.
Les Allemands ont beaucoup insisté sur ce fait — et notre Maître le reprend dans son ouvrage — que, au-dessus de 40°, la solution de Tribromoéthanol se décompose. Il y a formation de dibromocétaldéhyde qui, même à petites doses, provoque de graves lésions intestinales.
Or, une épreuve permet de vérifier l'intégrité de la solution : on ajoute ? gouttes de rouge congo au 1/1000° à environ cc. de la solution. Si elle vire au bleu, elle doit être
(1) Il existe actuellement trois préparations commerciales : 1° L'« Avertine », produit allemand, qui à servi à nos débuts ; 20 L'« U. C. B. 8 », fabriqué en Belgique ;
30 Le « Rectanol », des Laboratoires Robert et Carrière, que nous employons régulièrement avec la plus grande satisfaction.
rejetée. Si elle reste rouge, On à ainsi la preuve que la température de 40° n’a pas été dépassée : le lavement peut être administré sans danger.
Or nous avons essayé maintes fois de chauffer bien audessus de 40°, sans voir apparaître la coloration bleue. Avec notre ami CHATRON, chef de laboratoire à l'hôpital Laënnec, nous avons observé qu’il fallait chauffer à environ 90° pour qu'il y ait décomposition du produit décelable par un réactif coloré, rouge congo ou autre.
Il nous paraît donc inutile, si le lavement est préparé juste au moment de l’anesthésie, de perdre du temps à faire cette épreuve, qui, dans les conditions normales de préparation, ne sert à rien. En effet l’on peut très bien se contenter d’une chaleur approximative : 35°, 40°, 45°, sans aucun risque. La marge est trop grande pour arriver à décomposer le produit.
Tout au plus cette épreuve peut-elle servir à rassurer un débutant, qui, avec raison d’ailleurs, veut être sûr qu'aucune erreur de préparation n’a été faite.
Respiration.
Chez l'animal, on peut produire une apnée de plus ou moins grande durée. Ainsi LAUNOY constate, chez le lapin, une apnée de 25” pour 0,10 par kg — n apparaissant qu'à la fin de l'injection intraveineuse du produit — et un arrêt respiratoire immédiat pour 0,15 par kg.
Nous-même, expérimentant au laboratoire de Physiologie de la Faculté, mis obligeamment à notre disposition par notre Maître le D° GARRELON, avons vu un de nos chiens, après injection intraveineuse de 0 gr. 12 par kg, présenter un arrêt respiratoire immédiat et succomber. (Voir courbe N° 1, page 25).
Or, d’après les travaux de Eicanorrz et LENDLE, 0 gr. 12 est une dose seulement anesthésique. Nous l’avions d’ailleurs souvent constaté : chez des chiens de même poids, il nous fallait répéter jusqu'à 3 fois cette même dose pour obtenir l'arrêt respiratoire définitif et l'arrêt cardiaque.
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Le graphique N° 2 (page 27) montre nettement, après l'injection, la chute de la courbe avec disparition complète de l'amplitude des grandes oscillations : la respiration est arrêtée, le cœur bat et inscrit seul ses contractions. Puis la respiration reprend.
Par voie rectale, les chiens ne présentent pas de phase d’apnée : la respiration devient plus lente et plus superficielle.
Parfois d’ailleurs, après injection intraveineuse, il n°y a pas d’apnée : ainsi dans la courbe 3 (page 28) où l’on voit uniquement l'amplitude décroître.
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Tension artérielle.
La chute est impressionnante dans nos graphiques, obtenus par voie intraveineuse (c'était pour nous la façon la plus commode d’administrer l’anesthésique, nos chiens rejetant le lavement).
Cet effet remarquable du produit se retrouve dans toutes nos courbes, avec la même constance. De plus, en répétant nos doses d’anesthésique intraveineux, nous avons pu constater que la baisse survient toujours, même si la tension a été déjà bien abaissée par la dose antérieure. Le graphique n° 4 (page 30) montre que nous avons pu utiliser cet effet pour descendre le stylet inscripteur et l'empêcher de croiser le tracé supérieur. Nous avons ainsi plusieurs chutes de tension artérielle, passant de 15 “E à 12, puis à 3 Hg, produites à volonté.
L'étude de nos graphiques nous permet d’observer aussi que la tension ainsi abaissée, de façon brutale, remonte peu à peu, sans tarder, par une courbe ascendante nette. Dans la courbe 2 (graphique page 97), après arrêt d’un quart d'heure, la tension qui de 16 Hg était tombée à 4 Hg, est remontée, spontanément, à 12.
Nous insisterons d'ailleurs sur ce fait dans l’étude ‘clinique.
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