‹ L'anesthésie de base au tribromoéthanolChapitre 9 sur 55 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Notre étude clinique se bornera à énumérer les impressions recueillies au cours de n9s anesthésies par lavement.

Lorsque nous avons commencé à administrer le Tribromoéthanol, nous avions lu d’une part un certain nombre d'auteurs allemands,’ d’autre part la thèse de PERRIN. Les premiers insistent sur la diminution de la respiration, la teinte cyanosée du visage, citent même des cas de morts par arrêt respiratoire. Quant à PERRIN, il rapporte quelques alertes de ce genre, heureusement terminées.

Contrairement à ces auteurs, nous avons constaté que le visage de nos opérés restait normal: nous n'avons jamais observé la cyanose si souvent décrite qu'on pouvait la croire presque habituelle.

Comment s'endort le malade? d’une façon remarquablement calme et facile, si bien que notre Maître, le D°' R. Moxop, a pu écrire dans son rapport que le Tribromoéthanol « est ce que nous avons actuellement de meilleur pour la mise en marche de la narcose : c’est un anesthésique starter idéal. »

En effet, il n'y a pas de phase d’excitation. Quelquefois cependant, mais très rarement, il parle d'une voix douce et très basse. Deux femmes ont eu quelques sanglots, entrecoupés de paroles lointaines et inintelligibles.

Le plus souvent, sans un mot, au bout de quelques minutes, le malade dort. Les femmes âgées ont un sommeil profond en quatre ou cinq minutes ; les adultes de l’un et l’autre sexe demandent en moyenne dix à quinze minutes.

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Seuls, les éthyliques et les sujets résistants à l’anesthésie, restent près d’une demi-heure. Mais tous s’endorment avec le même calme.

Sommeil léger d’abord, qui disparaît facilement au moindre bruit et s’approfondit rapidement. Les paupières retombent et restent fermées, la respiration devient superficielle. À ce moment la mâchoire inférieure s’affaisse et la langue peut être avalée : d’où la nécessité d’une surveillance attentive.

Nous avons toujours noté la coïncidence du sommeil profond avec le point le plus bas de la chute de tension artérielle.

La baisse de tension est variable selon le sujet, elle survient dans les premières minutes de l’anesthésie. Elle paraît être plus importante chez les sujets très réceptifs, comme on le voit sur la courbe (fig. 5) ci-dessous, où la T. A. passe de

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Fig. 3

15,5 à 11 au bout de 10 minutes. Le réflexe oculo-cardiaque de ce malade était très positif (24-13) et l’anesthésie, par ailleurs, à été remarquable, puisqu'on à pu pratiquer une

ostéo-synthèse difficile, durant 1 heure trois quarts, sans ajouter un autre anesthésique.

La tension artérielle paraît aussi devoir descendre facilement chez les hypertendus, mais chez eux évidemment la chute ramène la tension à un niveau normal et l’on ne s’en préoccupe guère. Nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser.

Par une étude systématique de la tension artérielle au cours de l’anesthésie, dès l'administration du lavement, nous avons pu constater :

1° Parfois une réascension de la T. A. sitôt après l’administration d’un anesthésique complémentaire hypertenseur (éther, fig. 6).

En A B : lavement. — En C : Ombredanne à O. — Début opération. DE: éther. — EF: masque à O. — F : fin de l'opération.

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Une telle courbe aurait pu nous permettre d’attribuer au seul anesthésique complémentaire le retour de la T. A. sa valeur antérieure.

2° Une réascension avant l'administration d’un anesthésique complémentaire hypertenseur (fig. 7), si l’on a attendu quelque peu pour compléter l’anesthésie.

| Era FE | Cp

Fig. 7

3° Une réascension de la tension artérielle, au cours : d’anesthésies totales au Tribromoéthanol seul utilisé (fig. D);

L’ on aurait donc tort de croire — certains auteurs l'ont écrit — que l’adjonction d’un correctif — adrénaline ou éphédrine — ou d’un anesthésique complémentaire — protoxyde d’azote par exemple — est toujours nécessaire.

Il ne faut pas systématiquement donner l’éphédrine ou le protoxyde, uniquement par crainte de l’hypotension.

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Selon nous, il convient de prendre la tension de l’opéré et de laisser évoluer la narcose au Tribromoéthanol.

Cette narcose est-elle suffisante pour permettre l’opéra- Lion ? On se contente, dans ce cas, de corriger la baisse éventuelle de la tension.

Si elle est insuffisante, on donne un anesthésique de complément — éther, Schleich, protoxyde d’azote ou chlorure d’éthyle suivant le malade — et si la tension mal- . gré cet apport reste basse, on traite alors seulement cette hypotension.

Enfin, avant de passer à la technique de l’anesthésie au Tribromoéthanol, nous voudrions insister sur un point qui intéresse avec raison celui qui va employer le produit : quelle est son étendue narcotique, autrement dit, sa marge toxique ?

Il ressort des chiffres donnés par ErcanorTz et LENDLE, que par voie rectale, l'étendue narcotique s'établit de la façon suivante :

dose rarcotique 0,40 dose léthale 0,70

el 10:

Cette étendue narcotique est celle du produit employé de façon à obtenir une anesthésie profonde — totale avec le Tribromoéthanol seul employé.

Mais, avec le principe de l’anesthésie de base, on ne recherche plus l’anesthésie complète et on donne des doses qui provoqueront en moyenne une narcose légère. Il faut alors remplacer le 0,40 par 0,30. L'étendue narcotique, Lauxoy le fait remarquer avec raison dans son cours, est alors de beaucoup supérieure

dose narcose légère 0,30 2 33 dose léthale 0,70 ”

et constitue une garantie de plus apportée à l’innocuité de la méthode.

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