PHASE D’INSTALLATION DE L'ANESTHÉSIE
On sait que la position du sujet a une action sur la diffusion du liquide. Pour les opérations latérales, on inclinera le sujet vers la région à opérer. Si l’injection doit diffuser vers le haut, on le mettra en léger Trendelenburg. On surveillera son pouls et surtout sa tension artérielle. Avec l’apparition de l’anesthésie peut apparaître une chute de tension importante. Cette anesthésie est plus lente à se produire que dans une rachianesthésie. Elle demande entre dix et vingt minutes pour être complète.
Au point de vue physiologique, l’anest'ésie péridurale est une anesthésie tronculaire — et, fait particulier, il s’agit d’une anesthésie purement sensitive. En aucun cas, nous n’avons obtenu de paralysie motrice. C’est un point qui a été signalé par notre maître M. Houparp, dans sa communication ; il n’a reçu aucune explication valable.
Mais cette anesthésie n’est pas une simple anesthésie régionale, car elle s’accompagne de modifications de la tension artérielle qui sont du plus haut intérêt pathogénique, qui ont une importance pratique considérable. C’est une question que nous exposerons très longuement, car elle est peu connue, car elle constitue le problème le plus intéressant et le plus difficile concernant l’anesthésie péridurale.
La tension artérielle
Les premières communications sur l’anesthésie péridurale ont signalé l’existence de chutes de tension. Tous les auteurs ont insisté sur le fait qu’elles étaient très légères, beaucoup moins importantes que dans la rachianesthésie, qu’elles n’exposaient à aucun accident grave, qu’elles ne comandaient aucune théra-
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peutique spéciale. Certains auteurs cependant ont signalé l’existence de chutes de tension importantes, parfois même inquiétantes. Nous avons mesuré presque systématiquement la tension artérielle soit au cours, soit à la fin de l'intervention. Dans certains cas, elle a été à peine modifiée. Le plus souvent elle a été modifiée, mais elle n’a pas entraîné de symptômes fonctionnels. Dans des cas rares, elle s’est accompagnée des signes classiques de l’hypotension rachidienne. Une seule fois, elle a été inquiétante. Nous essayerons de schématiser :
—— les caractères de cette chute de tension ;
— son étiologie possible ;
— sa thérapeutique préventive et curative.