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PIEL a eu l’occasion d’observer une chute de tension inquiétante avec symptômes d’anémie bulbaire. Le sérum chaud adrénaliné lui a donné un résultat définitif.
Il nous faut signaler le cas d’un malade opéré sous anesthésie péridurale et qui est mort au cours de l’opération. L’anesthésie ne peut être incriminée. Cet accident serait aussi bien survenu avec une autre anesthésie. Il s’agissait d’un volumineux cancer gastrique chez une femme âgée, fatiguée et anémiée. L'intervention a consisté en une large gastrectomie, ablation d’une masse ganglionnaire latéro-aortique, curage de la chaîne de la splénique et de l’hépatique, dont les ganglions étaient envahis. L'opération s’est poursuivie normalement pendant une heure et demie. La tension artérielle est restée à 9 (elle était à 12 au début de l’opération). Dans la dernière demiheure, elle s’est progressivement effondrée, et malgré toutes les thérapeutiques, la malade est morte à la fin de la deuxième heure. L’état de shock est apparu pendant la dissection de la région cœliaque. L’importance de l’opération est largement suffisante pour expliquer cet accident.
À titre de curiosité, nous signalerons un accident qui nous est survenu au moment où nous allions faire une anesthésie péridurale.
Il s'agissait d’une femme obèse, ayant déjà été opérée antérieurement et présentant un syndrome d’occlusion intestinale datant de trois jours. La tension maxima était à 27. Sur la demande de notre maître
Alain MoucHET, nous avons mis la malade en position latérale pour lui faire une anesthésie péridurale. Au moment où nous avons piqué la peau de la région dorsale, brusquement la malade a fait une syncope mortelle. Ce cas n’a aucune valeur scientifique, mais si la solution avait été injectée, on aurait mis au passif de l’anesthésie péridurale un accident dont elle n’était pas responsable. Ce cas prouve en outre que les statistiques, en matière d’anesthésie, ne peuvent être comparables que si elles s’adressent à des malades de même type. On ne peut comparer une série d’anesthésies pratiquées pour des interventions à froid à une série d’anesthésies pratiquées pour des interventions abdominales en période aiguë. Si on ne prenait que le problème de l’occlusion aiguë, il est certain qu'avec toutes les méthodes d’anesthésie, on aurait une lourde mortalité.