INTRODUCTION
Cet ouvrage est consacré à décrire la technique de Vanesthésie régionale. Ce procédé d’anesthésie locale est à peu près inconnu chez nous; abstraction faite de quelques rares publications restées isolées et sans écho, et de quelques lignes que lui consacre Piquand dans son ouvrage sur « l’anesthésie locale par infiltration, méthode de Reclus », cette dernière est la seule connue et employée en France (1). C’est ce qui explique que, malgré l’intérêt et l’avantage que présente la suppression de la narcose, surtout quand l’indication opératoire n’est pas oitale, la méthode n’ait pas dépassé la limite de la petite chirurgie, chirurgie des doigts, petites
(1) « Il y a vingt-cinq ans, je vis Reclus opérer à l’hôpital Broussais, des hernies, des kystes du foie, des gastrotomies, après infiltration des tissus à la cocaïne. Quand il expo.sa la technique de l’anesthésie en bague pour les opérations sur les doigts, n’avait-il pas trouvé l’anesthésie régionale ? En France, le nom de Reclus restera lié à i’anesthésie localisée dont il fut toujours Tapôtre convaincu. »
(Victor Pauchet, Congrès de Chirurgie.
Paris, octobre 1913.)
Pauchet et Sourdat. — L’anesthésie régie
opérations parfaitement réglées d’avance et sans àcoup possible, et encore les inconvénients de l’infdtration directe nous font-ils préférer la narcose toutes les fois que l’état général du patient ne la contre-indique pas de façon absolue. L’anesthésie locale mérite pourtant mieux, et comme on peut s’en assurer en parcourant les cliniques de nos voisins de l’Est, grâce à l’emploi de la nof>ocàine-ad'rénaline, d’une part, de Vanesthésie régionale, d’autre part, elle remplace avantageusement la narcose dans une importante proportion des opérations même de grande chirurgie.
\j'anesthésie régionale, « leitungs anesthàsie », diffère totalement de l’anesthésie par infdtration de Reclus, laquelle cependant lui reste associée bien des fois : elle consiste à agir, à distance du champ opératoire sur les troncs nerveux dont les ramifications président à la sensibilité de la partie sur laquelle on veut intervenir. En portant au contact de ces nerfs l’agent anesthésique, qui les imbibe, on les interrompt, on en réalise une véritable section physiologique temporaire qui rend insensible le territoire sur lequel portera l’intervention.
La technique repose sur une connaissance exacte de l’anatomie des régions. Couramment employée dans les cliniques de Bier, de Wilms, de Kümmel, de Braun, etc., elle est parfaitement décrite par Braun, par Hirschel, aux ouvrages récents de qui nous faisons de larges emprunts.
Moins’ dangereuse que la rachi-anesthésie, moins compliquée que Vanesthésie segmentaire, veineuse ou artérielle, elle mérite, notre expérience personnelle nous permet déjà de l’affirmer, de sortir de l’ignorance presque absolue où elle est tenue en France.