L'anesthésie régionale
L’anesthésie régionale a conquis droit de cité chez la plupart des spécialistes et commence*4 intéresser bon nombre de chirurgiens. Elle s’est d’ailleurs perfectionnée depuis six ans, époque de la première édition de ce livre. 11 est peu de chirurgiens en ce moment qui né la pratiquent au moins de temps en temps. Ses procédés se multiplient et s’améliorent.
J’ai perdu pendant la guerre mon beau-frère, Jules Labouré, qui avait tant fait pour la vulgarisation de cette méthode et qui la pratiquait si habilement.
Le docteur Gaston Labat, un de mes assistants les plus dévoués, joue le plus* grand rôle dans le revirement de ce livre. Sa main sûre, ses recherches anatomiques ont simplifié plusieurs points de technique. Il a pratiqué l’anesthésie régionale dans un nombre considérable d’opérations à l’hôpital et dans ma clientèle privée.
La narcose au protoxyde d’azote rend de grands services pour les cas d’anesthésie mixte, soit quand l’analgésie est incomplète, soit chez les malades ultra-émotifs que l’état d’excitabilité rend réfractaires à l’anesthésie locale pure.
L’addition du protoxyde d’azote à l’anesthésie régionale ne cause ni shock, ni intoxication. Un'des progrès à réaliser sera la durée de l’analgésie. L’anesthésie régionale sera, je crois, universellement adoptée le jour où la suppression de la douleur durera trois jours; c’est-à-dire qu’elle supprimera non-seulement la douleur opératoire, mais l’état pénible des deux jours qui suivent l’intervention. Je pense que l’on est sur la voie de cette réalisation.
Victor PAUCHET.
INTRODUCTION
Ce livre est surtout un Manuel de technique. Il est l’exposé des résultats de notre expérience.
Les deux premières éditions (1) comportaient l’étude de l’anesthésie régionale seule'; nous avons cru devoir y ajouter tm court exposé pratique de la rachi-anesthésie qui n’est qu’une variante de la méthode du « blocage » des nerfs.
AN ESTHESIE REGION ALE. — Cette partie est l’objet presqu’exclusif de ce livre. En révisant la dernière édition, nous avons reconnu la nécessité d’en remanier les différents chapitres, en leur donnant un ordre et une classification plus pratiques. Nous y avons fait de nombreuses additions, décrit des techniques nouvelles et amélioré celles déjà décrites.
Cette partie se divise en six chapitres :
Le premier chapitre renferme d’utiles notions relatives aux anesthésiques., au rôle important des, stupéfiants et à la sensibilité des viscères.
Le deuxième chapitre explique la technique générale que doit posséder tout anesthésiste soucieux de pratiquer son art avec simplicité et sûreté.
De l’étude de ce chapitre dépendra le succès dans l’exécution parfaite. . ^
Dans le troisième chapitre., se trouvent groupées toutes les techniques de Vanesthésie tronculaire^ base sur laquelle s’édifie la méthode de l’anesthésie régionale. L’anesthésie des nerfs crâniens et dès nerfs rachidiens à tous les étages accessibles, est minutieusement décrite.
Certains de la nécessité absolue pour tout anesthésiste d’avoir une connaissance aussi qxacte que possible du système nerveux
(1) 'Victor Pauchet, Paul Sourdat et Jules Laboure.