INJECTION RECTILIGNE
Pour faire une incision rectiligne de la peau et de la graisse souscutanée, l’injection traçante intra-dermique de Reclus est superflue, ‘ car l’injection sous-cutanée suffît à anesthésier la peau susjacente. Faire un « bouton » à l’un des bouts de l’incision, puis, la seringue armée d’une longue aiguille, enfoncer celle-ci au point précédent, sous la peau, et pousser parallèlement à la surface, dans le tissu sous-cutané, aussi loin que devra s’étendre l’incision ou que la longueur de l’aiguille le permettra. Si le pannidu.e adipeux est épais, la pointe de l’aiguille se perdra dans la profondeur : on y fera un pli, tandis que l’index de la main gauche repérera la pointe ; il faudra éviter l’issue involontaire de la pointe de l’aiguille de dedans en dehors (douloureux). Au bout de quelques
Fig. 10 .— Prise de contact osseux.
Prendre 'le contact osseux avec la plus grande douceur, sinon, quand la pointe de l’aiguille ne se brise pas, elle se recourbe en hameçon et accroche en se retirant.
TECHNIQUE GÉNÉRALE 37
minutes, la bande recouvrant le tissu injecté deviendra insensible, car la solution aura non seulement anesthésié le tissu sous-
Kg. 12.
Manière de^changer de direction.
Quand, pour changer de direetion, on n^a pas ramené la pointe de l’aiguille dans le tissu cellulaire sous-cutané, la partie engagée dans les couches musculoaponévrotiques conserve sa direction première et l’aiguille se coude ou se rompt.
Fig. 11. — Manière de changer de direction.
Ramener toujours la pointe de l’aiguille dans le tissu cellulaire sous-cutané avant de changer de direction. A. Première injection profonde. Les flèches indiquent les divers temps qui permettent de faire la deuxième injection au point B.
cutané, mais aussi les filets nerveux qui vont à la peau susjacente: est la forme la plus simple de V anesthésie régionale.
Fig. 13. ^ Injection rectiligne.
L’aiguhle pénètre sans douleur à travers les « boutons ». L’injection est alors poussée sous la peau, lentement, à raison de 1 .cc. do solution par cm. de tissu parcouru par l’aiguille.
La même manœuvre est montrée de face et en coupe.
Si la longueur de l’aiguille ne suffit pas à relier les points extrêmes de l’incision, il faudra marquer « deux boutons » aux extrémités du
• champ opératoire ou au milieu de celui-ci et infiltrer par les deux côtés.
Les incisions courbes ou angulaires nécessiteront une piqûre aü
Figr 14. — Injection courbe ou angulaire.
Par le « bouton » unique B, l’opérateur pousse les deux injeetions dans le sens des flèehes. Plus haut, il fait deux « boutons », les deux iujeetions sous-outanées se rencontrent on A.
sommet de l’angle ou de la courbe, ou deux piqûres. De même, la courbure de la surface du corps empêchera la pénétration d’une aiguille rectiligne sous la peau, par une piqûre unique.
Par exemplé, pour infiltrer circulairement le tissu sous-cutané autour de l’avant-bras, il faudra quatre piqûres par chacune desquelles l’aiguille sera enfoncée des deux côtés.
L’infiltration d’une bande sous-cutanée perpendiculaire à l’axe du membre anesthésieranon seulement la peau qui recouvre immédiatement le tissu infiltré, mais encore tout le territoire cutané situé en. aval du trait infiltré (anesthésie circulaire).