‹ L'anesthésie régionaleChapitre 141 sur 148 · CRITIQUE DE L’ANESTHÉSIE RACHIDIENNE · texte numérisé non relu

CRITIQUE DE L’ANESTHÉSIE RACHIDIENNE

L’anesthésie par voie rachidienne est une anesthésie régionale élargie ; c’est une anesthésie tronculaire plus ou moins généralisée. La solution anesthésique est portée sur les racines nerveuses avant leur fusion, en un seul tronc mixte ; elle bloque ces troncs au niveau de la moelle.

Elle présente de grands avantages pratiques : elle est facile, rapide, efficace et pas coûteuse. Ses difficultés ne sont pas à comparer à celles de l’anesthésie régionale, telle que nous la pratiquons. Mais on ne peut exercer aucun contrôle sur l’étendue du segment médullaire, grâce à la diffusion de l’anesthésique et l’on est forcé de paralyser une partie du corps tout-à-fait hors de cause.

La méthode de Jonnesco limite l’anesthésie a un champ peu étendu, mais nullement f.xe et indiqué à Vavance. L’anesthésie régionale réalise l’insensibilité d’une région presque déterminée à l’avance, nmis exige des connaissances anatomiques approfondies. et une éducation spéciale. Nous continuons à préférer l’anesthésie régionale que nous considérons (théoriquement peutêtre) comme moins grave et plus pratique pour toutes les opérations de la tête, du cou, du thorax et un grand nombre^^d’autres interventions sur les membres, le ventre et le périnée. Nous

LA RACHI-ANESTHÉSIE

employons toutefois l’anesthésie spinale dans certaines opérations sérieuses et bien déterminées.

Pour-obtenir Vanesthésie générale, faut-il employer la méthode de Jonnesco ou celle de Le FiUiâtre ?

■ La méthode de Jonnesco paraît plus précise parce qu’elle s’attaque à des segments rachidiens déterminés, -dont les anesthésies partielles et successives se complètent pour produire l’anesthésie générale. C’est de l’anesthésie régionale, mais elle nécessite une technique plus délicate, sans cependant exiger de l’opérateur de grandes connaissances anatomiques et sans offrir les difficultés de l’anesthésie régionale.

La méthode de Le FiUiâtre est certainement la plus simple ; elle nous a donné, personnellement, de très bons résultats, et nous la considérons comme susceptible d’une grande Vulgarisation. L’avenir seul nous permettra d’établir la supériorité de l’une ou de l’autre de ces deux méthodes qui, d’ores et déjà, méritent d’être appliquées beaucoup plus souvent qu’elles ne le sont.

Les avantages de la rachi-anesthésie méritent certainement une mention spéciale.

a) Suppression d'un aide.

^ b) Diminuiton de la morbidité post-anesthésique ; aucune action toxique sur le foie, les reins, les poumons, pas d’action toxique sur le myocarde, mais action immédiate marquée sur les centres nerveux cardio-vasculaires, action qui nous empêche d’employer cette méthode pour l^es sujets shockés.

c) Abolition du shock purement opératoire. Les expériences de Crile dont nous avons fait mention ailleurs nous montrent que le malade endormi éprouve, mais d’une façon inconsciente, la douleur que provoquent les manœuvres chirurgicales. Il ne se souvient pas d’avoir souffert, mais son cerveau a été éprouvé par la dilacération des tissus, la section ou l’arrachement deS filets nerveux. Si l’opérateur injecte aupaTavant un anesthésique sur les troncs nerveux, les altérations cérébrales ne se produisent pas ; il n’y a pas de shock. L’infiltration locale produit la section physiologique des nerfs et évite le shock. Ce blocage de l’influx nerveux est réalisé par da rachi-anesthésie qui est une anesthésie régionale élargie.

à) Facilité plus grande de l'opération. La rachi-anesthésie produit la résolution musculaire complète, réduit les manœuvres, le traumatisme et la durée de l’opération, en la rendant plus facile,

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