ANESTHÉSIE DU NERF MAXILLAIRE INFÉRIEUR ANATOMIE
Le tronc du nerf maxillaire inférieur, troisième branche du trijumeau, nerf mixte, est généralement très court, puisqu’il se divise de suite après sa sortie du trou ovale en ses branches terminales : N. temporal profond. N. temporal^ moyen ; N. massétérin ; N. buccal ; N. ptérygoïdien interne ; N. temporal superficiel ou auriculo-temporal ; N. dentaire inférieur ; N. lingual. Il n’est donc accessible qu’au niveau du trou ovale, juste à sa sortie. Deux voies sont ouvertes à l’anesthésie du nerf maxillaire inférieur ; la voie antérieure et la voie latérale.
a) Voie antérieure.
TECHNIQUE
Premier procédé. — Il est le même que celui de l’anesthésie du ganglion de Gasser (page 46), c’est-à-dire celui où l’on pique l’aiguille à 3 centimètres en dehors et au-dessus de la commissure labiale, en prenant pour points de repère la pupille et le zygoma.
Deuxième procédé. — Repérer, du doigt placé dans la bouche, l’angle que fait l’os malaire avec le maxillaire supérieur. Piquer l’aiguille à ce niveau, en la dirigeant d’avant en arrière, vers la base du crâne, suivant la technique de l’anesthésie du ganglion de Gasser, c’est-à-dire en prenant toujours pour repères la pupille et le zygoma.
b) Voie latérale.
TECHNIQUE
POSITION DU PATIENT
Le sujet est assis de côté, regardant droit devant lui ; l’opérateur fait face à sa joue.
70 anesthésie régionale
POINTS DE REPÈRE
Palper et repérer le-bord inférieur de l’arcade zygomatique; déterminer son point-médian et y faire un petit trait.
PONCTION ET INJECTION
Après avoir fait un « bouton » à ce niveau, piqua- l’aiguille de 6 -centimètres, immédiatement au-dessous de l’arcade zygomatique et l’enfoncer doucement et normalement au plan cutané.
Fig. 61. — Anesthésie du nerf maxillaire inférieur au trou ovale.
. L’aiguille est enfoncée à la partie moyenne de l’arcade zygomatique, passe par l’échancrure sigmoïde, se porte directement en dedans;.à 5 cm. environ, elle rencontre le.trou ovale. Si elle bute contre un plan osseux, c’est l’apophvse ptérygoïdc; elle doit battre eu retraite de quelques centimètres et piquer plus en arrière. Le trOu ovale siège immédiatement en arrière de l’insertion do l’apophyse ptérygoïde.
L’aiguille passe par l’échancrure sigmoïde du maxillaire inférieur et va buter contre un plan osseux profond qui n’est autre que la base de l’apophyse ptérygoïde. Repérer de la pointe de l’aiguille le bord postéro-externe de cette apophyse et à un centimètre environ en arrière, à la même profondeur que le plan osseux que l’on vient de quitter, sera le tronc du N. maxillaire inférieur. En tout cas, si l’on n’atteint pas le tronc lui-même, on aura par ce moyen atteint toutes ses branches à la fois.
Il est un petit « truc » qui servira à ne pas se tromper de profondeur lorsqu’on voudra se servir du procédé suivant :
Avant de faire la ponction, enfiler sur l’aiguille un petit fragment de caoutchouc qui viendra jusqu’au pavillon, puis quand la pointe de l’aiguille aura buté contre l’apophyse ptérygoïde, celle-ci se trouvant à un centimètre devant le trou ovale, repérer exactement l’endroit où l’aiguille sort de la peau, en mobilisant le petit fragment de ' caoutchouc qui
Fig. 62.
Anesthésie du nerf maxillaire inférieur (procédé du bouchon).
L’opérateur enfile un petit fragment de liège sur l’aiguille ; celle-ci est enfoncée au ras et au milieu de l’arcade zygomatique. Elle bute profondément (4 -cm.) contre l’apophyse ptérygoïde. A co moment, l’index de liège est amené au ras do la peau ; l’aiguille est alors retirée, puis de nouveau poussée mais un peu en arrière, de façon à toucher la base du crâne, à 1 cm. à peine en arrière.du point où elle a d’abord rencontré l’apophyse ptérygoïde. Quand l’index de liège' touche la peau, l’opérateur est près du trou ovale ; le pontact de ce nerf provoque un éclair douloureux dans la mâchoire inférieure. Il injecte alors la solution à 2 p. 100.
vient prendre contact avec la surface cutanée. Retirer alors l’aiguille, sans la sortir, la replonger dans la profondeur, en visant à un centimètre environ, un peu en arrière de la butée osseuse (ptérygoïde) ; autrement dit, les deux directions de l’aiguile doivent faire entre elles un angle de 30°. Dès que l’aiguille arrive à la même profondeur, mais un peu en arrière, la pousser encore de quelques millimètres et le malade éprouve un éclair dans la langue ou la mâchoire inférieure. On est
'j2 ANESTHÉSIE RÉGIONALE
sur le tronc du nerf, ou sur une de ses branches. Monter
Fig. 63. — Les mesures d’Offerhaus. •
La hgne tuberculeuse CD passe à quelques millimètres en avant et au-dessous du trou ovale, aux points A et B. ^— La distance BF d’une arcade dentaire supérieure à l’autre est égale è AB, d’uu trou ovale à l’autre. — La moitié do CD — EF est égale à CA ou DB.
la seringue et injecter 3 centimètres cubes de solution à 2 %.
ZONES D’ANESTHÉSIE
Pour l’anesthésie cutanée, voir figure 30 page 52. L’anesthésie profonde intéresse le maxillaire inférieur et les dents, le plancher de la bouche, l’angle de la mâchoire, l’articulation temporomaxillaire, la fosse temporale, la glande parotide.
INDICATIONS
Névralgie faciale essentielle. Résections de la mandibule. Ablation de la langue. Tumeurs parotidiennes.
Ces deux procédés doivent être connus et l’opérateur doit les avoir en main, afin dé porter son choix sur l’un ou l’autre, suivant les circonstances anatomiques : déformations, tumeurs, etc.