ANESTHÉSIE DU NERF LARYNGÉ SUPÉRIEUR
ANATOMIE
Le N. laryngé supérieur se détache du pôle inférieur du ganglion plexiforme. 11 est appliqué contre le pharynx, par la carotide interne puis par l’origine de la faciale et de la linguale ; un peu au-dessus de la grande corne de l’os hyoïde, il se divise en ses deux branches terminales.
1° La branche inférieure ou. externe passe obliquement en bas, entre le constricteur inférieur du pharynx et le corps thyroïde, sous les muscles thyro-hyoïdiens, jusqu’au niveau du muscle crico-thyroïdien qu’il innerve et se- termine dans la portion sous-glottique de la muqueuse du larynx et dans le ventricule, après avoir perforé la membrane crico-thyroïdienne.
2“ La brqnche supérieure ou interne continue la direction du tronc, passe entre le muscle thyro-hyoïdien et la membrane thyro-hyoïdienne, presque parallèlement à Fos hyoïde, perfore cette membrane en son • milieu et se distribue en filets supérieurs pour Fépiglotte et la base de la langue, en filets inférieurs pour la muqueuse du larynx, des aryténoïdés, en un filet anastomotique pour le N. récurrent (anse de Galien), et en filets postérieurs pour la muqueuse pharyngienne. '
En résumé^ les deux branches du N. laryngé supérieur sont accessibles entre les muscles sous-hyoïdiens en dehors et la membrane thyro-hyoïdienne en dedans, au niveau de la grande corne de Fos hyoïde.
TECHNIQUE
L’anesthésie du nerf laryngé supérieur peut se faire par deux procédés :
TECHNIQUE DU PREMIER PROCÉDÉ
Assis, face à l’opérateur, la' tête rejetée en arrière, afin de bien tendre les parties molles de la région antérieure du cou ; ou couché, un coussin sous les épaules, et la tête défléchie.
POINTS DE REPÈRE
Mobiliser Fos hyoïde entre le pouce et l’index, de façon à faire saillir la grande corne du côté à injecter.
PONCTION ET INJECTION '
Prendre une aiguille de 4 centimètres et la piquer en un point situé à un centimètre au-dessous et deux centimètres en avant, de l’extrémité de la grande corne de l’os hyoïde. La faire cheminer obliquement vers cette extrémité, entre les muscles thyro-hyoïdiens et la membrane thyro-hyoïdienne. Aussitôt que le doigt qui palpe sent la pointe au niveau de la corne, il faut s’arrêter et pousser 3 cc. de la solution à 1 %.
TECHNIQUE DU DEUXIÈME PROCÉDÉ
POSITION DU PATIENT
Même que pour le premier procédé.
POINTS DE REPÈRE
La grande corne de l’os hyoïde reste toujours la limite extrême
Fig. 66. — Anesthésie du nerf laryngé supérieur.
1" procédé. — Le patient a la tête défléohie; l’opérateur refoule de l’index gauche l’os hyoïde pour faire saillir la grande corne gauche. L’aiguille pique à 1 cm. au-dessous et à 2 om. eu avant de cette corne. Remarquer les points d’appui des deux mains de l’opérateur.
de la pointe de l’aiguille, mais c’est l’échancrure thyroïdienne antérieure qui doit être repérée.
PONCTION ET INJECTION
Prendre l’aiguille de 6 centimètres, non montée, et la piquer à travers un « bouton » fait sur la ligne médiane entre le cartilage thyroïde et l’os hyoïde, presque à l’angle du thyroïde. Traverser la peau, jusqu’au ligament thyro-hyoïdien ; arrivé dans ce ligament, faire cheminer l’aiguille jusqu’à proximité de la grande' corne de l’os hyoïde et à ce niveau, injecter 3 cc, de solution à 1 %.
. Fig. 67. — Anesthésie des nerfs laryngés supérieur et inférieur.
2® procédé. — L’aiguille’pique dans l’angle rentrant du bord supérieur du cartilage thyrüido. Pour l’anesthésie (fu nerf laryngé supérieur, elle se dirige en arrière, en haut et en dehors, sous les muscles thyro-hyoïdiens, jusqu’à la grande oorne de l’os hyoïde qu’cUe ne doit pas dépasser (2). Pour l’injection du récurrent elle se dirige en arrière en bas et en dehors, côtoie la face interne du cartilage thyroïde jusqu’à son angle postéro-inférieur (gouttière crioo4hyfoïdienne) (1).
ZONES D’ANESTHÉSIE
Toute la muqueuse laryngée, depuis la base de la langue.
INDICATIONS
Laryngectomie. Laryngo-fissure. Laryngotomie. Mais cette anesthésie ne dispensé pas de l’emploi de l’infiltration souscutanée (page 287). Très efficace dans la laryngite tuberculeuse, l’anesthésie bilatérale des nerfs laryngés supérieurs modifie heureusement la dysphagie du cancer du larynx.
Fig. 68. -« Anesthésie des nerfs laryngés suirérieur^et inférieur.
2° procédé. — Vue de profil de la figure 67.
du N. laryngé supérieur; du reste ces deux nerfs se bloquent généralement en même, temps.