CONCLUSIONS
La cocaïne est, en principe, bannie de Vanesthésie régionale proprement dite ; elle peut néanmoins servir encore en solutions très diluées (1 p. 300, 1 p. 400), sans adrénaline, pour l’anesthésie locale, suivant la méthode de Reclus.
La novocaïne-adrénaline ou néocaïne-surrénine est la substance idéale, remplissant toutes les conditions requises pour obtenir une anesthésie régionale parfaite et d’assez longue durée pour n’importe quelle opération. Il faut faire un emploi judicieux des solutions recommandées. Il faut savoir attendre 10 minutes ou 1/4 d’heure
GÉNÉRALITÉS
avant de porter le bistouri sur le sujet, et pratiquer l’acte opératoire lui-même avec une extrême douceur.
La stoodine, moins toxique que la cocaïne, mais plus toxique que la novocaïne, pourra sans doute être employée à doses plus faibles, mais son indication principale est l’anesthésie spinale.
U adrénaline forme, avec la novocaïne, le couple inséparable qui garantit le succès de l’anesthésie régionale.
Uurocciihe pure., qui produit une analgésie imparfaite, mais de très longue durée, servira pour les niésos, pour l’infiltration de la ligne d’incision, dans certaines régions très sensibles, où la douleur post-opératoire est très intense (anus, amygdale...). Le chirurgien acceptera les inconvénients de l’urocaïne ; il sacrifiera les avantages d’une anesthésie à distance à celle d’une infiltration directe des tissus voués à la section ou à la suture ; l’urocaïne n’agissant pas à distance.
ROLE DES STUPEFIANTS
SCOPOLAMINE, MORP,HINE
Quelle que soit la méthode anesthésique employée (narcose, anesthésie régionale, anesthésie spinale), il est bon d’employer un stupéfiant une heure avant l’opération. Chacun accorde à tel produit ou à tel autre ses faveurs, pour des raisons personnelles ; mais, à part quelques contre-indications provenant de l’âge, du mauvais état du foie, des reins, etc., tous les chirurgiens sont d’accord sur l’effet produit et les résultats obtenus.
La morphine est à la base de presque toutes les préparations, à cause de l’influence hypno-analgésique qu’elle exerce sur les centres sensitifs.
La scopolamine associée à la morphine ajoute ses puissantes propriétés hypnotiques.
La solution généralement employée est la suivante (1) :
Chlorhydrate de morphine.10 c^.
Scopolamine .2 mgr.
Eau distillée de laurier-cerise.10 cc.
1 CC. contient 2/10 mgr. de scopalamine et 1 cgr. de morphine. Injecter 1 cc. de cette solution une heure avant de commencer l’anesthésie. Cependant, chez les grands nerveux, cette dose est insuffisante; il est préférable d’injecter 1 cc. de la solution 2 heures avant l’anesthésie et, si le psychisme est encore excité, on pourra, sans inconvénient, répéter l’injection une demi-heure avant l’anesthésie ; la dose de 1 /4 de mgr. de scopolamine et de 1 cgr. de morphine est journellemènt employée.
Souvent la morphine seule, ou l’atropo-morphine, une heure avant l’anesthésie, donne de bons résultats. Les effets analgésiques de la morphine sur les centres psychiques, contribuent à préparer le moral du patient.
Sans injection préalable, le meilleur sujet, bien que confiant dans la parole donnée du chirurgien^^qu’il ne souffrira pas pendant
(1) Le pantopon, le sidérol, le sédol, etc., donnent aussi de bons résultats.
GÉNÉRALITÉS
l’opération, ne subit pas moins les stimulations subjectives ou extérieures, particulières à”chaque individu et surtout à celles de son entourage. L’idée du jour fixé pour l’opération suffit à évoquer chez lui une association d’idées pénibles qui créent un état anxieux des plus fâcheux. Cette angoisse se renouvelle-au moment où il se rend à la salle d’opérations. Certains malades refusent, au dernier moment, l’anesthésie régionale après l’avoir demandée ; ils « ne se sentent pas le courage d’être opérés sans être endormis ».
Avec une injection préalable de scopolamine-morphine, le malade est somnolent, confiant, éuphorique ; il parie avec douceur, accueille favorablement l’anesthésiste qui opère alors dans les conditions requises. Il s’approche ensuite de la salle d’opération sans appréhension.
L’injection du stupéfiant présente encore quelques petits avantages.
a) La scopolamine et la morphine congestionnent le cerveau, effet favorable à certains névropathes, trop disposés à la syncope émotive.
b) Elle produit des effets qui durent environ 6 heures et écarte la nécessité d’une injection de morphine immédiatement après l’élimination de l’anesthésique.
c) Elle augmente et prolonge l’action de l’anesthésique.