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ANESTHÉSIE DE LA LANGUE

a) Anesthésie pour petite tumeur de la langue.

Limiter par deux bandes d’infiltration en V, un triangle comprenant la tumeur, qu’on peut exciser sans hémorragie.

b) Anesthésie de la langue et du plancher buccal pour cancer étendu ou gros kyste du planchtr.

Piquer une longue aiguille sous le menton, au-dessus de l’os hyoïde, la pousser verticalement vers la base de la langue, la recevoir sur l’index gauche introduit dans la bouche, comme pour le tubage. Infiltrer d’abord ce trajet vertical; par le même « bou-

Fig. 169. — Anesthésie de la langue.

L’aiguille piquée au-dessus de l’os hyoïde va à la rencontre. de la pulpe.de l’index et infiltre en éventail toute la base de la langue.

ton », injecter successivément de bas en haut et de plus en plus en dehors autant de colonnes qu’il en faudra pour créer une tranche infiltrée en éventail, étendue sur les côtés jusqu’aux maxillaires, « sectionnant » ainsi tous les nerfs de la partie antérieure de la langue. '

c) Anesthésie pour petites interventions sur le plancher buccal. Les petites tumeurs du plancher de la bouche seront infiltrées circulairement par une piqûre faite sous le menton, l’aiguille toujours guidée par-le doigt intra-buccal.

anesthésie des dents

Les dents de la mâchoire supérieure sont innervées par le nerf maxillaire supérieur. Le nerf maxillaire supérieur avant d’entrer

dans le canal sous-orbitaire, donne les nerfs dentaires supérieurs et postérieurs qui, après avoir cheminé sur la face extérieure de la tubérosité dû maxillaire, la pénètrent et vont s’anastomoser audessus des molaires avec les nerfs moyens et antérieurs. Ils innervent les grosses molaires, les alvéoles, le périoste et la muqueuse du sinus maxillaire. Dans le canal sous-orbitaire, le nerf maxillaire supérieur émet les nerfs dentaires moyéîis et antérieurs qui vont former le plexus dentaire, d’où partent de nombreux filets destinés aux pré-molaires, aux canines et aux incisives. Le nerf sous-orbitaire, branche terminale du nerf maxillaire supérieur, donne aussi des filets aux incisives et aux canines. .

En bas, les dents de la mâchoire inférieure sont innervées par le nerf dentaire inférieur qui pénètre dans l’os maxillaire inférieur au niveau de l’épine de Spix, forme le plexus dentaire inférieur, d’où partent des filets pour les molaires et lés canines, puis se divise en deux branches terminales, l’une intra-osseuse, nerf incisif pour les incisives, l’autre nerf mentonnier, se distribue à la région mentonnière et à la lèvre inférieure. La gencive inférieure ou linguale est innervée par des rameaux issus des nerfs dentaire inférieur, mentonnier et lingual, plus ou moins intriqués les uns dans les autres.

1° Infiltration des rameaux dentaires de la mâchoire supérieure.

a) Pour les incisives, on infiltrera la sous-muqueuse, sur la ligne médiane, au niveau du frein ; ou encore sur-le plancher nasal, près de la cloison, ou encore aux deux endroits simultanément.

b) Pour la canine et les prémolaires, on infiltrera au-dessus de la canine.

c) Pour les grosses molaires, infiltrer très en arrière, sur le bord ’ externe de la tubérosité maxillaire, et même sur la face postérieure, si on possède une aiguille courbée, ou si l’on croit devoir piquer par voie externe sur la joue, à 2 cent. 1/2 de profondeur, dans la direction du nerf maxillaire supérieur.

Pour infiltrer commodément, on fait écarter par un aide la commissure labiale, avec un écarteur de Farabeuf. Si l’on doit travailler sur un demi-arc maxillaire, on fera une traînée parallèle à Farcade, sur toute la longueur.

En principe, on ne doit pas infiltrer le tronc même du nerf maxillaire supérieur, mais on n’hésiterait pas à le faire, en cas de septicité buccale très accusée.

2° Infiltration des dents de la mâchoire inférieure.

A la partie médiane, quand il s’agit des incisives et canines^ on peut procéder comme pour la mâchoire supérieure : infiltrer la sous-muqueuse, et atteindre ainsi les ramifications du nerf mentonnier et du nerf incisif.

JPour les autres dents, ce procédé donnerait un résultat insuffisant, parce que le nerf dentaire inférieur est au centre -de l’os maxillaire, très épais à ce niveau ; en revanche, on pourra infiltrer son tronc à l’épine de Spix comme il a été décrit plus haut (voir page 74). ,

Si le milieu buccal est trop septique, infiltrer le nerf dentaire inférieur par voie externe, suivant la technique de l’anesthésie du nerf maxillaire inférieur (page 69), ou bien pousser 2 cc. d’anesthésique sous le collet des dernières molaires, pour infiltrer les^ rameaux gingivaux du buccinateur, d’ailleurs inconstants et peu importants.

L’injection unilatérale sous-gingivale pour les incisives inférieures est insuffisante, à cause de l’anastomose des deux nerfs incisifs ; pour obtenir une insensibilité complète, il faut donc infiltrer les deux nerfs, même pour intervenir d’un seul côté. On infiltre 2 cc. de la solution, de chaque côté de la ligne médiane ; il y a à ce niveau une petite fossette, dont la paroi mince et canaliculée permet l’absorption de la novocaïne.

La solution sera concentrée à 2 0 /O parce qu’il suffit de 2 à 10 cc., suivant qu’on anesthésie une dent ou toute une moitié de la mâchoire. L’injection est d’autant plus facile et sa réussite d’autant plus assurée, que les rameaux dentaires sont superficiels, immédiatement sous la muqueuse, à la hauteur du repli gingival. Le point d’infiltration variera suivant les dents.

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