SCÈNE III
LE BARON, seul. Quand Lutz et Ranspach ont disparu, il se soulève avec peine. — D’une voix éteinte.
Eh bien... où sont-ils donc?... (Frissonnant.) Est-ce que... je vais mourir ainsi?... (u retombe et reste immobile.) Je ne peux déjà plus remuer!... (La neige tombe plus fort.) Non... non... je ne peux plus!... (Avec terreur.) La neige couvre déjà mon visage!... elle s’épaissit, la neige!... Ah! la vilaine mort!... la vilaine mort!... Je me suis donc trompé, moi, dans la vie?... Oh! si c’était à recommencer!... si c’était... Bah !... je crois que je n agirais pas autrement... (Depuis quelques instants, la vieille bûcheronne a reparu entre les broussailles, au-dessus du baron. A mesure que son agonie s’avance et que sa voix s’éteint, elle étend sur lui scs bras couverts de sa mante en haillons, qui ressemblent à deux grandes ailes noires. — Le baron reprend d’une voix qui s’éteint.) Quel temps!... vilaine journée!... Par bonheur, je ne la verrai pas finir!... c’est égal!... c’est bien laid de mourir ainsi, tout seul... comme un chien!... (il expire. On entend eu ce moment le roulement lointain d’une voiture. . La neige redouble.)