‹ L'ange de minuit drame en six actesChapitre 108 sur 116 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les mêmes, MARGUERITE et ses compagnes, puis CATHERINE et KARL, puis RUTTER et les invités.

(Marguerite parait. Elle est simplement vêtue de blanc, le front ceint de roses blanches. Elle entre au milieu de ses compagnes, habillées & peu près comme elle, et parmi lesquelles quelques-unes ont un voile.)

IUNSPACH, à part.

Oui, la voilà, notre Marguerite! Qu’elle est belle!... Ah! si j'avais osé, elle m’eùt aimé, peut-être I

LES TROIS JEUNES GENS, saluant.

Mademoiselle!

MARGUERITE, gaiement.

Oh! dites : « madame! » je vous le permets, messieurs; ou plutôt, je vous le demande, mes amis, car vous ôtes mes amis, vous qui avez tant aimé et soutenu (Montrait Ary.) celui dont je suis fière!... et pour vous, par reconnaissance, je serai une sœur... voulez-vous?

GARDEN

Oh 1 madame !

ARY

Chère Marguerite !

MARGUERITE, allant à lui. < %

Mais... je n’ai pas encore entendu les cloches... Êtes-vous sûr, mon ami, qu’il n’y ait poiut de retard?...

KARL, qui entre de droite en donnant le bras à la vieille madame Kocruer.

Place r place à d’autres amoureux !

CATHERINE

Karl! mon cher Karl! vous finirez par me compromettre, malheureux! (a Marguerite.) C’est qu’il est adorable, le vaurien !

MARGUERITE

Et vous donc, mère? n’êtes-vous pas plus adorable encore?

RANSPACH

Eh bien ! voilà un autre mariage à l’horizon.

ARY

Soit! nous en parlerons plus tard.

CATHERINE, que Karl conduit & un siège.

Plus tard! plus tard!... C’est le mot de la jeunesse... Me voilà déjà bien vieille, moi, mou Ary tant aimé! et le jour n’est plus si loin où il faudra nous dire: « Au revoir! » A mon âge, d’ailleurs, on s’éteint tout d’un coup, sans souffrir.

11 faut nous y préparer tout doucement. Mais enfin, cher enfant, enfin ! je t’aurai vu heureux, et je m’en irai rassurée et contente... Marguerite, vous l’aimerez pour deux, alors!...

MARGUERITE

Oh ! ma mère ! chassez ces idées-là. S’il fallait que l’une de nous deux mourût, je voudrais que ce fût moi, car... ou peut retrouver une épouse; une mère... jamais!

HO

KARL

Assez ! silence ! ou j’entre en fureur, moi ! Qu’est-ce que

tout Cela Veut (lire ? (il gronde Catherine, tandis que Marguerite, prenant le bras d’Ary, l’emmène un peu A l’écart.)

MARGUERITE, à demi-voix.

Mais, soyez tranquille, nous vivrons tous les deux, Ary, pour que VOUS soyez plus aimé. (Us continuent A se parler bas. Les cloches . commencent à tinter.)

KARL

Chut ! (Montrant Ary et Marguerite.) N’approchez pas 1 Il’écOUteZ pas ! voyez, admirez et respectez ; c’est tout ce qu^l y a de meilleur et de plus beau au monde : c’est l’Amour 1 Chut 1

RUTTER, entre et va à Catherine.

Madame Kœmer, ces pauvres mendiants qui, toujours, ont été secourus par vous, demandent à mêler leurs prières à toutes celles qu’on doit faire pour le docteur des pauvres...

(Montrant le fond.) Ils SOflt là...

CATHERINE

Braves gens!... Vous avez bien fait, Rutter, de les accueillir.

(Les cloches ont continué à tinter doucement. — Les invités sont entrés derrière Rutter.)

MARGUERITE, à Ary.

Entendez-vous, Ary? Les voilà qui sonnent, ces cloches si longtemps attendues...

Oui! oui! mais ce bonheur est si grand, qu’il me fait peur...

(On entend i’orgue résonner, 1a porte de la chapelle s'est ouverte, le comte parait sur les marches.)

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