ACTE SIXIÈME
Qu’est-ce donc, Ary ?
An Y, éliminant Marguerite, à part.
Une sueur froide a glacé mon front ! Marguerilel ma Marguerite!
MARGUERITE, d’une roi* faible, avec un accent tendre.
Mais ce n’est rien, mon ami; rien, mon père... Karl, ma mère, rassurez-vous, je ne souffre plus...
RANSPACH, aux invités.
Oui, ot^i, rassurez-vous, puisque je vous réponds d’elle, (il
entre dans la chapelle avec une partie des assistants.)
MARGUERITE
J'ai déjà éprouvé quelque chose de semblable dans mon enfance... une émotion trop vive, la joie!... C’est la même
chose aujourd’hui !... (Confondant dans le même geste caressant Ary et son pcre, Karl et Catherine.) Je suis si heureuse ! Allons, donnez-moi voire bras, monsieur le comte ! Venez, Ary, j’ai hâte de vous entendre m’appeler votre femme !
ARY
Allons!
LE COMTE
Venez ! (on se remet en marche.)
MARGUERITE, sur le seuil de l’église.
Ah ! (Elle tombe à la renverse.)
ARY
Dieu toilt- puissant! (U l’enlève dans ses bras et vient l’étendre sur en canapé. Au eri déchirant de Marguerite, une sensation plus profonde et remplie d'effroi a frappé tout le monde.)
LE COMTE, à part.
Ne m’aviez-vpus pas assez puni, ciel implacable!...
ARY
Oh! je la sauverai!... Qu’on me laisse avec elle !
LE COMTE
Mais, Ary...
ARY, d’un ton fiévreux et frappant du pied.
Je suis médecin, je le veux!... (Tout le monde se retire.)