ACTE PREMIER
vente aflicliée, parce que, ayant besoin de lui, je voulais qu’il lui fût démontré qu’il avait besoin de moi.
CATHERINE
Ali 1 voyez-vous combien vous êtes égoïste !
BECKMANN, simplement.
Mais oui, Catherine, certainement je suis égoïste : qu’y a-t-il de plus-naturel ? Est-ce qu’avec ma fortune et à mon âge, vous ne le seriez pas, vous?
CATHERINE
Moi!
D’ailleurs, puisque c’est un crime de se détruire, c’est un devoir de se conserver. Je fais mon devoir, moi. (sévèrement.) Que chacun fasse le sien.
CATHERINE, amèrement.
Honnête homme !
BECKMANN, avec conviction.
Oui, madame, c’est un honnête homme celui qui apporte de l’argent chez un homme qui n’en a pas...
CATHERINE
Vous avez beau dire, tout ce que vous regardez comme à vous, c’est le bien de mon enfant.
BECKMANN
Vous avez raison, Catherine, puisque votre enfant est mon seul héritier. Or, vous ne lui laisserez rien, vous, n’est-co pas ? Je suis donc meilleur que vous, je disais bien !
CATHERINE, à elle-même.
Que peut-il vouloir demander â Ary ?
BECKMANN, fermant son portefeuille.
Mais, après tout, je n’ai pas l’intention de vous violenter, madame Kœrner. Si vous avez quelque part un château qui vous attende, et si, dès lors, il est indifférent à votre iils et à vous que cette maison soit vendue... adieu ! (Mouvemeut de sortie.)
CATHERINE, froissant l’affiche.
O mon Dieu! (a Beckmaun.) Non, non, attendez!... Mon (ils est absent, mais...
BECKMANN, d'un ton plus bref.
Trouvez-le-moi, alors, trouvez-le-moi, et faites vite !
CATHERINE
Je vais chercher Ary, monsieur...
BECKMANN, l'interrompant, et d’un ton impératif.
Dites votre oncle , Catherine.
CATHERINE
Oui, mon oncle, attendez un peu, je vous amène Ary.
BECKMANN
Allez donc !