‹ L'ange de minuit drame en six actesChapitre 28 sur 116 · CHOEUR D'HAYDN · texte numérisé non relu

CHOEUR D'HAYDN

O toi, grand Jupiter! du haut de l'empyrée,

Jette les yeux sur nous;

Rends nos amours heureux, notre pipe dorée,

Nos soirs profonds et doux !...

(Sur les dernières notes du chaur, on voit entrer Bcckmann conduit par Agir, la servante du Taureau noir. Tous deux viennent de la droite.) AGAR, amenant Beckmann.

Tenez, monsieur, vous serez ici à merveille, et tout vous semblera bon, (Avec coquetterie.) car je vous servirai moi-même. BECKMANN, d’un ton bourru.

Tout me semblera bon si tout est bon. Écoute, toi ; on m’a dit que la cuisine de maître Krapkt était renommée pour le brochet au bleu, et j’en veux goûter. Qu’on y mette donc les soins... les plus religieux.

AGAR, riant.

Oh ! si c’est cela, monsieur, je suis tranquille.

Qu’est-ce que ça veut dire ?

AGAR

Eh bien, mais, ça veut dire que le brochet est tout prêt, et qu’il vous attend.*

l’ange de minuit.

BEf.KMA.NN.

Oui ; et depuis combien de jours ?

AG A R

Depuis tout à l’heure... Et avec ça?

BECKMANN

Pigeon de volière rôli.

AGAR

Et avec ça ?

BECKMANN

Avec cela... je verrai.

AGAR

Et quel vin aura l’honneur de vous désaltérer?

Je boirai du roussillon et... du constance.

AGAR

Ces vins-là?... Oh! alors, monsieur, vous devez me trouver jolie?

BECKMANN

Et pourquoi donc ?

AGAR, sortant en riant.

Parce que vous avez bon goût.

BECKMANN

Je te trouve effrontée, toi. (Revenant.) Ah ! je vais donc pouvoir faire un joli petit repas bien friand I... Voilà une belle soirée!... Ah ! il faut de ces moments-là pour faire oublier les vilaines choses de ce monde !... Cet insolent Ary Kœrner qui m’a refusé de... (soupirant.) Ah ! j’aurais pourtant bien voulu trouver quelqu’un qui ne s’occupât que tic ma chère santé.

AGAR, rentrant.

Monsieur, vous allez être servi.

BECKMANN

C’est bien.

AGAR, dressant le couvert.

Dites donc, monsieur, je m’appelle Agar, moi.

BECKMANN

Eh bien, après ?

AGAR, finement.

N’est-ce pas que vous voudriez bien me rencontrer dans le désert ?

Pourquoi me dis-tu cela ?

AGAR

Ah ! parce qu’on me l’a dit tant de fois en entendant mon nom, que ça me semble drôle que vous ne me le disiez pas, et, alors, je vous le dis moi-même.

BECKMANN, après un temps.

Ecoute, loi ! J’avais ce soir une invitation ; mais il aurait

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