ACTE TROISIÈME
RUTTER
On n’a donc pas pu trouver M. Karl?
MARGUERITE
Hélas! non ; depuis ces dix jours d’inquiétudes, d’angoisses, mon frère n’est pas rentré chez lui, à ce qu’il parait, et je l’ai vainement fait chercher partout... Il ignore encore, à cette heure, et le malheur qui nous a frappés, et celui, plus grand, qui nous menace peut-être! (Avec des larmes.) Oh! vois-tu, Rutter, c’est Uni, bien finit le ciel nous abandonne!
RUTTER
Oh! mademoiselle, on ne doit jamais désespérer de la Providence, et vous devez en désespérer moins que personne, vous!... De g-ràce, mon enfant, reprenez courage, et ne sanglotez pas ainsi... M. le comte est là, tout près... il peut encore nous entendre.
MARGUERITE
Oui, tu as raison; mais c’est plus fort que moi... les larmes me suffoquent.
KARL, qui vient d’entrer.
Verse-les sur mon cœur, Marguerite.
MARGUERITE, avec joie.
Mon frère!