‹ L'ange de minuit drame en six actesChapitre 63 sur 116 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

que je viens de dire aux autres ; mais il en est temps encore, et vous n’aurez rien perdu pour attendre.

BECKMANN

Gardez vos vérités, monsieur le musicien; je ne demande rien à personne, moi.

LUTZ, avec colère.

Non, mais vous acceptez volontiers un argent qui devait revenir à d’autres.

BECKMANN

Vous voulez parler des deux cent cinquante mille florins en question ?... Désolé, monsieur, mais je m’incline, moi, devant les décrets de la divine Providence. Je pouvais partir le premier, je reste le dernier... C'est peut-être un malheur à votre point de vue, mais vous ne me demanderez sans doute point de le déplorer?

LUTZ, plus furieux.

Non, mais...

BECKMANN, froidement.

Permettez, monsieur; mais il y aurait folie à moi de me tourner le sang et la bile pour une cause que la simple raison me donne gagnée.

LUTZ

Gagnée ? gagnée ? C’est ce qu’il faudra voir ! Il y a une justice à Munich 1

LE BARON

11 y a des juges, du moins !

LUTZ

Oui, oui, il y a des juges !

MARTHE

Et nous plaiderons...

LUTZ, sans l’écouter.

On prouvera que mon cousin ne jouissait pas de toutes ses facultés quand il a signé ce traité ridicule.

VERNER, s’animant.

Cet acte est l’acte d’un fou.

LE BARON

Eh bien, mais... on pourrait peut-être le faire enfermer.

LUTZ, s’animant aussi.

Dame !

VERNER

Et l’on nous rendra...

LUTZ

Vous rendre? à vous?... Mais c’est moi seul que cela regarde.

MARTHE

Ce n’est pas vrai.

LUTZ

Si.

l’ange de minuit.

MARTHE ET VERNER, furieux.

Non, non !...

• LE BARON, les calmant.

Allons!... allons!... des querelles entre vous, entre vous qui devriez vous entendre... comme larrons en foire!... (urit.)

LUTZ, avec noblesse.

Monsieur le baron, vous m’insultez!

LE BARON, très-calme.

Eh bien !... qu’est-ce que ça fait? (Lut* va répliquer. — Entre Marguerite.)

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