‹ L'ange de minuit drame en six actesChapitre 62 sur 116 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les mêmes, LE BARON DE LAMBECH, BECKMANN.

LE BARON, tenant Bcckmann sous le bras, et continuant une conversation

commencée.

Comment! la... vrai, VOUS VOUS mariez? (Regardant les héritiers, & part.) Ah ! ah ! voilà les requins qui suivent le navire !

LUTZ, à part, regardant Beckmann.

Tiens, je connais cet homme-là, moi !

LE BARON, à Beckmann.

Vous vous mariez... vous-même ?

BECKMANN, mystérieusement.

Oui, monsieur le baron... J’ai trouvé ce qu’il me fallait... dans ma position... une charmante jeune fille qui sera trop heureuse de devenir ma garde-malade... car elle est pauvre, sans ressources, abandonnée du ciel et des hommes, et...

LE BARON, l'interrompant.

Elle vous épouse, cela dit tout.

BECKMANN

Est-ce une méchanceté?

LE BARON

Parbleu! qu’est-ce que vous voulez que ce soit? Enfin, vous vous mariez, et vous venez, m’avez-vous dit, annoncer cetle grande nouvelle à M. le comte? Eh bien, vous tombez mal, mon cher, on ne s’occupe pas de contrat ici, mais de testament...

BECKMANN

Bah ! M. le comte ?...

LE BARON

Vous allez peut-être gagner ce soir deux cent cinquante mille florins, mon bon monsieur Beckmann !

LUTZ, sautant.

Beckmann ! C’était lui 1

. BECKMANN, l'apercevant.

Mon homme du Taureau noir!

LUTZ, s'avançant, les poings serres.

Ah! l’homme aux deux cent cinquante mille florins, c’était vous!... Oh! si j’avais su... (Avec mépris.) Monsieur Beckmann!... Eh bien, si vous étiez venu cinq minutes plus tôt, vous eussiez pu prendre votre large part des dures vérités

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