I.E PETIT CLERC, continuant
« Pour me faire faire un testament en sa faveur. »
l’ange de minuit.
VERNER, étranglant de fureur.
Te tairas-tu, petit serpent? (aux autres.) Il ment, entendezvous?...
LUTZ
Pour ce qui me regarde? Certes!...
MARTHE
Eh bien, pour ce qui me regarde donc?
VERNER
II a tout inventé, le petit gredin. (Apercevant seulement le notaire qui est au fond, au moment où le baron, qui descend, l’a démasqué, et avec un cri.) Et, tenez, pardieu I le notaire était là!...
TOUS, avec colère.
Oh!
LE PETIT CLERC, éclataift de rire.
Eli bien, c’est vrai, je ne lisais pas dans le testament du comte, je lisais dans son âme. (Mouvement de colère de tous trois.)
LUTZ, brandissant sa canne.
Eh bien, si tu lis dans les âmes, tu dois lire dans la mienne que je vais t’assommer...
LE BARON, se mettant entre Lutz et le petit clerc.
Allons ! allons ! maître Lutz, il a dû dire vrai. Vous savez bien que la vérité sort toujours de la bouche des enfqnts.
LUTZ, au petit clerc.
Je te payerai cela.
LE BARON, riant.
Ne crains rien, petit, maître Lutz ne paye jamais per* sonne.
BECKMANN, riant.
Ah! ah! ah! c’est très-drôle...
LE PETIT CLERC, s’avançant vers lui.
Et vous, monsieur Beckmann, est-ce que vous n’avez pas besoin de mes petits services? Ne songez-vous point à vous marier, afin de déshériter plus sûrement Ary Kœrner, votre cher neveu, que vous ne pouvez souffrir?
BECKMANN, étonné.
Comment, petit, lu sais?...
LE PETIT CLERC
Je sais tout, moi.
BECKMANN
Eh bien, c’est la vérité... et je voudrais un acte fait de telle sorte... enfin, un petit acte...
LE PETIT CLERC
Bien perfide ?
BECKMANN
Oui.
LE PETIT CLERC
Vous voulez être bien certain que, quoi qu’il arrive, votre neveu ne pourra jamais prétendre à un florin de votre succession ? *