SCÈNE IV
KARL, puis ARY.
KARL, sur le seuil.
Bonne et sainte femme !... Ah ! qu’ils sorrt heureux, les lils qui ont de telles mères... et qui les gardent!... (Avec unsoupir.) La nôtre était ainsi; mais nous l’avons pendue !
ARï; il a l’air soucieux.
Bonjour, Karl! Tu es seul?
KARL
Oh ! il n’y a pas longtemps; ta mère me quitte. Je l’avais trouvée au milieu des pauvres, qui regardent toujours votre logi3 comme la maison du bon Dieu!
ARY, tristement.
Pauvre bon Dieu !
KARL
Hein? Qu’est-ce que tu dis donc? Tu es triste, mon ami? Kh bien, pardieu! je t’arracherai à tes tristesses! Moi et nos amis, tes compagnons d’étude, en comptant Garden et Randal, et aussi Shebel, qui arrive de France, nous avons résolu de t’emmener à une petite fête.
Moi?...
KARL
Oui, toi! On a choisi la taverne du Taureau noir , dans Pile de maître Krapht, sur l’Isar. Là, on boira et on mangera, on fumera et on divaguera... Filtre deux repas, nous ferons une promenade sur l’eau, et, entre deux bouteilles, nous sauverons l’Allemagne 1 Qu’en dis-tu?
ARY
Tu ne songes donc toujours qu’aux divertissements?
KARL
Oui; et ça m’ennuie bien, va, le plus souvent... Mais, que diable veux-tu que je fasse, moi! Je suis d’une belle et noble famille, c’est vrai... les comtes de Stramberg ont toujours gardé en Bavière un des plus hauts rangs. Dieu m’ayant repris ma mère, j’aurais su vivre entre mon père et ma sœur,