ACTE PREMIER
je les aimais si bien!... mais je n’ai jamais pu m’accoulumer au despotisme de mon père.
ARY
Oui, tu m’as dit ses exigences, et je sais que c’est lui-même peut-être qui, en voulant le maintenir dans la sagesse par trop de rigueur, t’a poussé à tes folies.
KARL, soupiraut.
Oh ! il y avait encore quelque chose de plus grave, quelque chose qui touchait à ma sœur Marguerite, et que je te dirai peut-être plus tard... Bref, j’ai voulu me passer de son assistance : je me suis fait étudiant; mais c’est long, l’éjude ; je sens bien, d’ailleurs, que je ne serai jamais médecin... le but me manque. Ce qui ne me manque pas, ce sont les occasions de plaisir, et j’en profite ! Que diable veux-tu que je fasse I
ART
Je veux que tu travailles! Travailles donc ! Le jour où ma science te livrera quelqu’un des secrets qu’elle garde aux laborieux, tu voudras les connaître tous! Et il y en a tant!
KARL
Possible! Je le veux bien!... Nous en reparlerons... tiens, nous en reparlerons demain ; mais, aujourd’hui, tu vas venir chez maître Krap’ut.
ARY
Non, Karl.
KARL
Comment! tu refuses?
ARY
Oui, mon ami.
KARL
Pourquoi?
ARY
Pourquoi?... Ah! Karl, ces choses-là sont toujours bien difficiles à dire, même à un ami... Tu me demandes pourquoi? (Apercevant Marthe qui entre.) Ah! liens, Karl, voilà justement le pourquoi qui arrive !