ACTE QUATRIÈME
KARL
Parce que j’ai à venger ma famille désolée, outragée, opprimée par vou9.
LE BARON, sans plus s’émouvoir.
Ah! bon! j’y suis... Le comte vous a fait sa confession !
ARY, s'échaudant aussi.
En voilà trop, monsieur! Et si vous n’entendez pas le cri de votre conscience...
LE BARON
Pardieu ! messieurs, vous criez plus fort qu’elle!
KARL
Tenez... monsieur de Lambech, vous n’ètes qu’un fanfaron !
LE BARON, sans prendre garde à lui, à part.
Ah! ah!... le vieux lion n’a plus la force de me déchirer lui-même, et alors...
Baron de Lambech, vous êtes un déloyal.
LE BARON, de même.
Alors, il m’envoie ses lionceaux !
KARL, se rapprochant du baron.
Menteur! mis'érable!...
LE BARON, leur répondant.
Eh ! messieurs, n’usez pas votre dictionnaire : j’ai dit que je ne me battrais pas.
ARY, se rapprochant aussi.
Véritablement, monsieur, vous êtes un fiche! (silence railleur du baron. Ary reprend, s'animant toujours.) Voyons... Voyons... il faut donc tout vous dire... Oui, le comte s’est confessé à nous; mais je l’ai absous, moi... moi... fils du docteur Magnus Koerner... et à vous qui voulez crier que le comte est un meurtrier, je dis d’avance : vous avez menti!...
LE BARON
C’est bien possible... si vous me dites cela tout bas; mais si vous me le dites tout haut, je dirai que c’est vous qui avez menti; je dirai...
KARL, ne se contenant plus.
Tu diras que tu as offensé la mère, et que le fils t’a souffleté ! (il le soumette.)
LE BARON, pousse un cri terrible.
Ah ! (i| reste un moment paralysé par la rage. Retrouvant la voix ) Pue
épée ! une épée ! on m’a touché au visage!...
Il s’anime, enfin! (Tout le monde entre en désordre par la porte restée ouverte à la sortie du comte. — La musique, qui avait repris, se lait brusquement.)
l’ange le minuit.