‹ L'angelus operacomique en un acte paroles de M. J. AderChapitre 5 sur 26 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

CALANSON, MABILIE, A?, A LAIS.

CALANSON. Les voilà !

MABILIE. Fra Calanson , le seigneur baron est-il parti ? ,

CALANSON. Oui , noble dame 1

AZALAIS. Ah! tant mieux!

MABILIE. Pourquoi, tant mieux?

AZALAIS. C’est que nous pourrons nous ennuyer à notre aise...

CALANSON, la regardant tendrement. Que ne suis-je du monde !.. j'essaierais d’embellir votre solitude.

MABILIE. Ainsi, Azalais, le séjour du castel ne vous plaît guère...

AZALAIS. Je n'ose pas être franche.

CALANSON. La noble damoisellc aimerait mieux peut-être qu'on lui parlât de quelqu’un que je ne veux pas nommer.

AZALAIS. Que vous ne voulez pas , méchant homme !.. dites mieux... que vous ne pouvez pas.

calanson, à part. Par saint Julien! elle a raison.

MABILIE. Allons, allons, n’y mettez pas tant d’humeur. Vous voudriez nous faire croire des choses qui ne peuvent pas être.

AZALAIS. Mon Dieu! belle cousine, quand j’aurais donné mon ccnur à un seigneur aimable, vaillant, spirituel, où serait le prodige?

CALANSON, d’un ton piqué. Le prodige serait le seigneur... (A part.) Je suis au supplice.

MABILIE. Jolie cousine, on vous dit que c’est impossible.

AZALAIS. La raison ?

MABILIE. La raison, c’est que vous n’Otes sortie qu’une fois du castel pour aller à la cour d’amour de tyomanin... (Avec intention.) Et que vous n’étiez pas seule , Azalais. ,

AZALAIS C’est vrai I vous étiez avec, moi... ( A part). Mais le seigneur Aimcri de Sarlal n’a vu qu’Azalais.

MABILIE. Quel» matjjnée est longue au-, jourd’huil

azalais Hélas! tontes les matinées se ressemblent au château.

L* MAGASIN THÉATSAL.

KAîiIUE. Encore s'il nous venait quel-

m&bilie- Ah! un de nos ainpstbleÿ voya-

que visite ; mais on ne voit personne ici.

AZALAIS. Eh! qui pourrait venir? quelque ennuyeux troubadour , gueusant et mendiant gvcç ses chansons à dormir debout.

CALAXS01C, A part. Elle est adorable 1

mabilib. Fra, sonnez Vangeiu, ce sera toujours quelque chose.

CALAIfSON, troublé. Vangelus !.. il s’en faut de plus d’une heure encore.

UABILIE. Chantez, alors.

CALANSOX, joyeux . Moi!.,

AZALAIS. Non, frère, je vous en prie, ne chantez pas. -, . . , ,

CALAA'sox, à part. Elle m’en prie!., quelle douceur...

Mabilic et Azalai* s’asieyent devant un guéridon et sc mettent i broder.

AZALAls, arec un soupir. Ah ! ,

MAMILIE. Quoi! pas même Vangelus...

Allons, je vois Jtien que nous serons forcées de nous en tenir à notre sirventc.

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