‹ L'angine couenneuse et le croupChapitre 19 sur 50 · Teinture cl’iode iodo-bromurée · texte numérisé non relu

Teinture cl’iode iodo-bromurée

Iode pur

Alcool rectifié à 95e. . .

Iodure de potassium. .

Bromure de potassium.

Eau distillée

12 grammes.

125 id.

4 id.

2 id.

15 id.

276. Propriétés physiques de l’eau d’Adélaïde. — L’eau d’Adélaïde, préparée avec soin (a) , est limpide, claire , sans aucun dépôt. Sa saveur est salée , piquante , laissant un arrière-goût un peu amer. Elle n’a cependant rien de désagréable, de sorte que les malades la prennent ordinairement volontiers.

277. Mode d’administration et doses de l’eau d’Adélaïde. — On la donne pure ou, selon le goût du malade, associée à de l’eau de fontaine ou à de l’eau d’orge, à une tisane d’altlica, de fleurs pectorales, ou à un sirop adoucissant, etc. — Dans une période plus avancée de la maladie* lorsque la fièvre s’est amendée et lorsque l’état des forces du patient exige un régime plus fortifiant, on peut mêler l’eau d’Adélaïde avec du bouillon, avec des panades, et même avec une bière légère ou avec du vin blanc. L’eau minérale doit servira la fois comme médicament et comme boisson. La dose ordinaire est de 250 grammes (8 onces, ou un quart de litre) pour les 8, heures. En réparlissant ccttc portion convenablement , le malade

(a) Jusqu’il la publication du mémoire, l'exécution des prescriptions ci-dessus indiquées a été confiée à M. Porsignal, pharmacien à Valenciennes, qui a toujours apporté les plus grands soins à cos préparations qui exigent une parfaite connaissance des réactions chimiques et beaucoup de minutieuses précisions.

prendra ainsi 32 grammes (une once) par heure. Si cette quantité ne suffit pas, pour satisfaire h la soif du malade, l’on ajoute chaque fois la portion nécessaire d’eau ordinaire ou d’un des liquides indiqués plus haut. Cette dose est maintenue jusqu’à ce que le médicament produise les effets physiologiques que nous connaissons sur l’économie, et particulièrement sur les muqueuses nasale , gutturale et buccale, sur la muqueuse des canaux aériens et sur les glandes salivaires , effets qui consistent principalement dans l’augmentation de la sécrétion de ces organes. Lorsque ce premier but est atteint , il s’agit de maintenir ces effets d’une manière modérée, mais soutenue. Lorsque le flux muqueux et salivaire devient trop excessif, on diminue la dose. Lorsqu’il commence à décroître , ou lorsqu’il y a, comme dans les cas urgents, nécessité de l’activer énergiquement, on élève la dose successivement. La sagacité du praticien doit savoir trouver ici la juste mesure, afin de ne faire ni trop, ni trop peu. Il doit éviter un double écueil. Si la stimulation est exagérée, l’on dépasse le but, en provoquant une surexcitation ; si elle est trop faible, le but ne sera pas atteint , et le moment propice se passe, le plus souvent pour toujours. Si le praticien est trop peu actif, s’il perd du temps , le mal prend clandestinement un tel développement qu’il ne peut plus être arrêté et qu’il marche rapidement vers une terminaison funeste, ou il reste stationnaire pendant plus ou moins de temps, pour cheminer enfin vers le terme fatal après d’infructueuses oscillations.

Il arrive aussi parfois, lors même qu’on ne porte pas la dose trop haut, que l’eau d’Adélaïde , conjointement ou non avec la teinture , exerce une action exagérée, en provoquant, quoique passagèrement, une congestion céphalique, avec intumescence et vive rougeur de la face, et une injection de la conjonctive, avec larmoiement très-abondant, symptômes caractéristiques de l’iodisme, qui nécessitent la suspension momentanée de la médication. Je ne me souviens pas que l’eau d’Adélaïde ait produit d’autres effets qui auraient exigé sa discontinuation. Le médicament a été parfaitement supporté par tous les malades sans distinction.

S’il ne se présente pas de complications ou de symptômes accidentels qui contre-indiquent son usage, l’eau d’Adélaïde doiL être continuée jusqu’à l’extinction des derniers vestiges d’exsudation dipht liéritique et des accidents qui en résultent. Il va sans dire que, vers la lin de la maladie, lorsque tout danger a disparu, l’on doit diminuer progressivement les doses ou prescrire une préparation moins active.

278. Mode d application de la teinture d’iode iodo-bro murée (et), —

(a) La leuiluro doit toujours (Mro préparéo récemment.

Ou trempe un pinceau à dessiner de grosseur moyenne dans la liqueur et l’on en barbouille largement toute la surface latérale et antérieure du cou, depuis les apophyses mastoïdiennes et le bord de la mâchoire inférieure jusqu’aux clavicules dans toute leur longueur et jusqu’à la base du sternum. Selon la gravité de l’affection et l’urgence du cas, on réitère l’application, au début de la maladie, d’heure en heure, de 2 en 2 ou de 3 en 3 heures. Dans la stomatite diphlhérique et dans l’angine diphthérique simple de moindre intensité, il suffît défaire, au commencement, 3 ou 4 frictions dans les 24 heures.

Aussitôt que les symptômes graves de la diphthérite ont disparu, que la maladie commence à marcher vers une issue heureuse , l’on diminue successivement le nombre des frictions jusqu’à parfaite guérison.

Les malades éprouvent, après chaque application de la teinture, une sensation de chaleur qui devient tôt ou tard douloureuse et cuisante, selon que la peau est plus ou moins délicate. — On peut continuer les frictions sur les téguments du cou aussi longtemps qu’elles n’occasionnent pas une douleur trop vive , et qu’elles ne produisent ni brûlure ni vésication. Pour éviter ces inconvénients, on applique alors la teinture sur une partie de la poitrine , puis sur la surface interne des bras et des jambes, et l’on revient enfin de nouveau à ces parties , lorsque l’irritation des téguments du cou s’est calmée.

279. Régime. — Tant que l’affection conserve le caractère inflammatoire, toute alimentation du malade doit être sévèrement proscrite. Après l’amendement des symptômes phlegmasiques et de la fièvre , on permet de prendre de petites portions de bouillon de veau . mêlées avec l’eau d’Adélaïde. Lorsque les forces diminuent, on donne des bouillons plus forts et des panades ; on peut môme accorder un peu de bière ou de vin blanc. ■

Depuis le commencement jusqu’à la fin de la maladie, et même pendant toute la convalescence, le patient doit garder le lit et être préservé soigneusement contre toute impression du froid. Le froid est de tous les agents celui qui s’oppose le plus au développement de l’action salutaire de notre médication et. qui détruit le plus souvent les bons résultats qu’on a obtenus déjà. Une température modérément chaude et égale est donc indispensable pour que le traitement soit couronné d'un succès heureux.

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