OBSERVATION
280. L... B..., âgée de 7 ans, d’une forte constitution et d’un tempérament sanguin ; fille d’un batelier.
Le 18 janvier 1856, 2e jour de la maladie: coryza, céphalalgie, face colorée, regards mats et troubles, pouls fréquent, abattement général , somnolence; respiration accélérée, mais non gênée, déglutition douloureuse, gonflement des ganglions sous-maxillaires, tuméfaction et rougeur des amygdales, larges taches grises sur leur face antérieure, fétidité de l’haleine.
Traitement: Quatre sangsues aux apophyses mastoïdiennes, pédilures, application de l’acide hydro-chlorique , affaibli par son mélange avec deux parties d’eau distillée, sur les concrétions des tonsilles, prescription d’une solution de bicarbonate de soude (20 grammes) dans de l’eau d’orge.
281. 3° jour de la maladie : gonflement considérable des parties latérales et antérieures du cou. La tumélaction des amygdales atteint un tel degré, que la déglutition devient impossible et que le passage de l’air par l’isthme du gosier ne s’opère qu’avec une grande difficulté. D’épaisses concrétions couvrent les tonsilles, la luette et une partie du voile du palais. La respiration , quoique profonde, s’effectue avec peine, et la malade éprouve une grande anxiété ; les pulsations artérielles sont petites et accélérées. Il n’existe pas de toux.
Traitement : Cautérisations réitérées avec l’acide chlor hydrique, ingestion de bicarbonate de soude par lavements.
282. Vers le soir, les accidents que je viens de décrire s’aggravent, surtout l’intumescence du tissu sous-cutané des parties latérales et antérieures du cou, ainsi que des ganglions lymphatiques sous-maxillaires et sous-lingaux acquiert un tel développement, que la tumeur forme une saillie énorme autour de la base de la mâchoire inférieure. A mesure que. le volume du cou augmente, la dyspnée et l’anxiété s’accroissent, l’enfant
tombe peu à peu dans un état comateux, sa figure se tuméfie, son pouls s’affaiblit, les pieds et les mains deviennent froids, et vers minuit elle expire, après une agonie longue, mais paisible, et avec tous les signes d’une asphyxie lente.
283. Après la mort, pâleur extrême de la face, coloration cyanosée des lèvres, et teinte presque noire des téguments du cou.