‹ L'Angiome du ReinChapitre 16 sur 30 · DIAGNOSTIC HISTOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC HISTOLOGIQUE

Il est en général extrêmement facile ; il existe toutefois certaines causes d’erreur sur lesquelles ont insisté Judd et Simon, qui peuvent prêter à confusion

a) Les kystes hémorragiques : Ce sont des tumeurs volumineuses, pleines de sang, à cavité unique. Le kyste est reçu dans le rein comme dans un calice. De plus, la paroi est irrégulière, tapissée de caillots, dont les plus superficiels sont d’un rouge foncé ; les plus profonds, gris blanchâtre, formés de fibrine. On trouve trois couches dans cette paroi : |° caillot et fibrine ; 2° couche fibreuse ; 3° parenchyme rénal atrophié sclérosé ; pas de lésions vasculaires en général, ni de communication avec le bassinet ;

b) les carcinomes, à foyer multiple : il y a du tissu épithélial dans la tumeur ;

RUELLAN 3

c) les hémorragies interstitielles traumatiques, faciles à déceler ;

d) la syphilis du rein.

Les lésions sont identiques aux lésions de néo-formations gommeuses en général ; zone périphérique inflammatoire, zone moyenne conjonctive, zone centrale caséeuse. L'évolution de ces lésions dépend des altérations vasculaires, si les vaisseaux s’oblitèrent de bonne heure, le centre de la gomme se nécrose et se ramollit Il existe toujours des lésions de néphrite.

TRAIÎTEMENT

La néphrectomie est apparue jusqu'ici comme le traitement d'élection dans l’angiome du rein. Elle a été pratiquée sept fois sur huit, dans les cas publiés jusqu à ce jour. Mais, dans presque tous ces cas, le diagnostic d'angiome n'avait même pas été soupçonné, c'était plus la gravité de l’hématurie que la lésion ellemême qui était traitée et si l’on ajoute à cela la peur du cancer chez le chirurgien et chez le malade lui-même, anémié par de longues et abondantes pertes de sang, on comprendra aisément la faveur dont a joui l’opération radicale. De nombreuses méthodes curatives sont pourtant à la portée du chirurgien.

Traitement médical.

Le repos au lit, les substances hémostatiques par ingestion ou injection, les instillations de nitrate d’argent en solution faible dans le bassinet ont parfois amené la cessation de l’hématurie. La transfusion a permis de relever l’état du malade et d’attendre des jours plus favorables à une thérapeutique plus directe. Mais ce traitement médical ne saurait jamais être un

traitement curatif. Ce n’est qu'un traitement sympto-

matique, permettant d'arrêter pour quelques temps seulement !’hématurie ; celle-ci revient toujours et

demande donc un traitement plus énergique.

Traitement chirurgical.

La lombotomie exploratrice montrant le volume et ja forme normale du rein peut révéler la présence d’une petite tumeur rouge, dépressible, sous-capillaire, de nature angiomateuse, qui permettra de soupçonner l’angiome d’une papille, cause de l’hématurie. Elle permettra surtout d'éliminer le kyste ou la tumeur auxquelles, pour une raison ou pour une autre, on aura pu penser après une palpation négative, mais cette opération doit être suivie ou d’une décapsulation, qui amènera une décongestion du rein et souvent un arrêt de l’hématurie ou d’une néphrotomie exploratrice.

LA NÉPHROTOMIE EXPLORATRICE.

La néphrotomie après section complète ou incomplète du rein, suivant que la pyélographie rétrograde aura montré ou non la présence d’une lésion, montre, s’il y a angiome, une tumeur papillaire ou des dilatations vasculaires au sommet des papilles. Mais, comme la lombotomie, elle devra être suivie d’un acte chirurgical plus important, car il est rare qu'après une néphrotomie, le chirurgien se contente de refermer, confiant en la décongestion de l'intervention. De plus, la néphrotomie large est très grave et doit faire place dans la mesure du possible à une néphrotomie limitée au bistouri électrique.

Page 1