INTRODUCTION
L'’angiome du rein a été longtemps considéré comme une trouvaille d’autopsie totalement dépourvue d’intérêt, trouvaille elle-même très rare, puisque Virchow dans sa grande expérience anatomo-pathologique n'en a trouvé que quelques cas et que Kried, dans 1.200 autopsies, où il poursuivait de la façon la plus minutieuse la recherche de cette lésion, ne l’a jamais
trouvée.
Exceptionnel encore, il y a une dizaine d'années, l’angiome semble avoir considérablement augmenté de fréquence dans les cinq ou six années qui viennent de s’écouler. En réalité, les méthodes d'examens cliniques, aujourd’hui beaucoup plus sûres, les examens anatomo-pathologiques beaucoup plus poussés, permettent d'abandonner de plus en plus les diagnostics aisés de néphrite hématurique et d’hématurie essentielle, affections à caractères bien déterminés et bien connus, mais sous le nom desquelles on a trop tendance à classer toutes les hémorragies rénales dont on ne trouve pas l’étiologie véritable ; l’angiome
en a souvent fait partie.
Ce sont ces diverses raisons et l'observation d'un cas l’an dernier dans le service de M. le Professeur Gayet, qui nous ont incité à reprendre la question de l’angiome, de bout en bout, et à l’étudier à la lumière
des 44 cas qui ont été observés jusqu'à ce jour.