‹ L'Angiome du ReinChapitre 8 sur 30 · I. — Aspect macroscopique · texte numérisé non relu

I. — Aspect macroscopique

L'aspect macroscopique du rein est le plus souvent normal, sauf dans les cas d’un volumineux hémangione qui en bossèle la surface. L’angiome sous-cortical se présente sous forme d’une petite masse sessile, de couleur rouge vineux, de la grosseur d’un noyau de cerise, facilement dépressible. Ces angiomes sont rares, ce sont ceux que l’on a pu découvrir au cours d’une autopsie ou d’une opération portant sur le rein lui-même ou la région para-néphrétique. Ils existent cependant parfois en association avec un angiome des papilles ou du bassinet. La situation des angiomes est variable, si bien que Mackey a voulu les classer en tumeurs de la zone corticale, de la zone médullaire ou du bassinet, mais cette classification ne paraît pas avcir grande valeur. L’angiome le plus fréquemment rencontré est celui qui est situé dans la zone médullaire, immédiatement dans la région sous-muqueuse et au sommet des papilles. Cette fréquence n’est pas due seulement au fait que ces angiomes sont les seuls qui saignent et qui occasionnent des troubles, mais bien à ce que la vascularisation du parenchyme rénal est beaucoup plus grande à ce niveau où les papilles sont entourées de véritables couronnes vasculaires.

L'aspect de l’angiome est celui d’une petite excroissance de forme irrégulière, agglomération de petites perles rougeâtres, donnant dans leur ensemble l'aspect d'une framboise, d’un lacis carmin ou bleuâtre, d’aires ecchymotiques ou encore d’une épaisse membrane

veloutée recouvrant une papille légèrement augmentée de volume.

La tumeur est parfois encapsulée, d’autres fois non. La capsule, dans certains cas, est incomplète et limitée à un côté ou représentée simplement par quelques petits lambeaux fibreux.

La taille est variable, le plus souvent d’un centimètre sur deux, parfois plus (6 sur 6).

Il. — Aspect microscopique.

L'examen histologique est en général facile car très caractéristique. Il s’agit de vaisseaux très dilatés, à parois minces constituées par une seule couche de cel- Jules dans les cas les plus simples. Très souvent, il d’agit d’angiome caverneux formé de lacunes vasculaires très grandes limitées par des cloisons fibreuses et tapissées d’une couche de cellules endothéliales. Dans ces lacunes vasculaires, débouchent des artérioles et des veinules à parois caractéristiques. L'’angiome est formé, dans la plupart des cas, à partir des veinules qui se trouvent, elles-mêmes, dilatées sur tout leur trajet.

Dans les parois fibreuses qui limitent les sinus sanguins, on trouve en plus des fibres conjonctives, des fibres élastiques musculaires lisses en moins grande abondance.

Les vaisseaux dilatés et les lacs vasculaires sont remplis de sang, les hématies sont plus ou moins fraîches, plus ou moins altérées, parfois le sang est laqué.

PAR Tire

Le tissu rénal environnant la lésion est sain, il est nettement séparé de l’angiome quand il existe une capsule, dans le cas contraire il n’existe aucune limitation nette et le parenchyme se continue insensiblement avec la lésion.

Très souvent, cependant, il est infiltré de globules rouges sur une plus ou moins grande étendue. Dans certaines observations, on signale du pigment sanguin le long des vaisseaux, des tubes urinifères entourés de cellules inflammatoires et bloqués par un épithélium desquamé. des glomérules engorgés de sang et des cylindres hyalins dans les tubes collecteurs ; c’est là l'indice d’une néphrite partielle, secondaire à l’angiome lui-même.

Il y a lieu de considérer ici que l’on a retrouvé dans la paroi d’un kyste hémorragique un aspect angiomateux caractéristique. Begg, qui rapporte ce cas, l’a considéré comme une complication de l’angiome, après rupture d’un vaisseau important qui se serait ensuite obstrué par un caillot.

SYMPTOMATOLOGIE

La symptomatologie est celle d’un grand nombre d'affections rénales ; hématuries et douleurs en sont les deux grands signes cliniques avec toutefois quelques particularités qui, lorsqu'elles seront bien évidentes, seront d’un grand secours pour établir le diagnostic. L’angiome qui a ulcéré la muqueuse du bassinet ou celle des tubes collecteurs est le seul à manifester sa présence ; l’angiome situé sous le cortex est silencieux et ne donne aucun symptôme, à moins qu'il n’ait tendance à s'étendre et à ulcérer les tubes urinifères.

Symptômes fonctionnels.

1° MÉMATURIES. — Les hématuries sont totales, elles surviennent à des intervalles variables, tantôt très rapprochées, tantôt laissant entre elles un temps considérable. Dans notre observation personnelle, l’hématurie avait lieu tous les quatre ou cinq mois; dans celle de Judd et Simon, tous les cinq ou six ans. L'un des malades de Hawthorne est demeuré huit ans sans apercevoir de sang dans ses urines.

La durée des hématuries est elle-même variable de

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