‹ L'Angiomyosite: Dermatomyosite d'UnverrichtChapitre 14 sur 28 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

L'angiomyosite est rare, surtout peu connue, aussi est-ce un diagnostic auquel on ne pense guère, et qu'on ne porte pas.

Il n'offre pas grande difficulté quand on a affaire à une forme bien classique, avec œdème très dur et irrégulièrement distribué, s’arrêtant aux jointures, avec lésion musculaire appréciable par la douleur (réveillée par la pression) à défaut de palpation possible ; au besoin, on pourra pratiquer l’examen histologique d’un fragment prélevé examen, s’il n’est pas encadré d'autres symptômes, qui est peu démonstratif); si les muscles de la respiralion et de la déglutition se prennent, l'hésitation ne sera plus guère permise.

Mais nous avons vu combien peu de cas sont absolument typiques, et combien grand est le nombre des formes plus ou moins frustes ; alors le diagnostic devient assez difficile.

Dans la période des prodromes, on ne trouve aucun signe propre à l'angiomyosite ; les prodromes sont ceux d’une maladie infectieuse, on n'en peut dire plus ; il faut

attendre. Mais voici qu'apparaît le trépied symptoma-

es

lique que nous avons signalé ; dès lors la situation se dessine.

1° Les éruptions pourraient faire naître une confusion avec les exanthèmes divers : dermatoses, fièvres éruptives, intoxication, et d'autant plus facilement que les manifestations cutanées d’angyomyosite, n'ont aucun caractère propre ; mais la marche de la maladie sera là pour nous renseigner ; il y a bien dans la variole des douleurs de reins, mais plus sourdes, et le rash variolique débute beaucoup plus tôt, ne tarde pas à disparaître, et n’est accompagné d’aucune lésion musculaire. Pour toutes ces diverses affections d'ailleurs, là marche est sensiblement différente de celle de l'angiomyosite, mais le malade, lui, se voyant quelque chose sur la peau, pense logiquement à aller consulter un dermatologiste: il faut en être prévenu.

2° L'œdème est assez reconnaissable à sa distribution et à sa dureté; l'æœdème cardiaque ou rénal est blanc et permet le godet, l'œdème phlegmoneux est plus rouge et plus luisant, mou et dépressible lui aussi ; on ne confondra pas non plus avec un œdème suite d’oblitération vasculaire ; le myxœdème est accompagné de troubles de l'intelligence, il est blafard, on peut constater le goitre, on examinera la pupille; dans l'éléphantiasis,le membre est enflé en entier, les plis articulaires ne sont pas respectés, il y a une dureté ligneuse, on peut retrouver dans les commémoratifs des séjours dans des pays à filaires, il peut y avoir des varices Iymphatiques diagnosticables. Il y a des formes de sclérodermie avec myosciérose (Thibierge, Goldschmidt) qui rappelleraient Ia

dermatomyosite,mais iln’y a alors nifièvre ni douleurs.

res

3 Surtout, il y a des phénomènes douloureux : ils font penser à de la spondylite (Oppenheim , mais surlout à des névriles et à des myosites.

On a vu des polynévriles avec gros œdème et douleur à la palpation musculaire (Goldflam, Lorenz) ; mais alors ce sont surtout les nerfs qui sont douloureux, les muscles ont gardé leur consistance normale, la sensibilité est touchée, les lésions sont bien plus souvent symétriques, l’atrophie musculaire plus rapide et plus nette.

Le nerf est indemne : donc c'est le muscle ; parfois il est atrophié ; mais dans l'angiomyosite cette atrophie est consécutive à l'ensemble des autres symptômes, il reste des traces, parfois même des reliquats de l'ædème. Le mal de Froriep, la myosite ossifiante, la myosite tuberculeuse, nous ne ferons que les citer.

Dans les myosites suppurées primitives, où la porte d'entrée est reconnue, on observe quelquefois un œdème collatéral bien caractérisé avec un exanthème par septicémie ; mais alors les lésions musculaires ne sont pas étendues à toute une région théorique d'anatomie topographique, elles frappent des muscles isolés ou réunis, mais sans systématisation, et souvent en moins grand nombre et à un degré moindre: on a des signes de pyohémie, une disproportion marquée entre les phénomènes musculaires, en somme assez discrets, et la gravité des signes généraux ; surtout il y a du pus: abcès intra-musculaires et parfois même mélastases articulaires, alors que l’angiomyosite ne suppure jamais et respecte toujours les articulations. La confusion a été faite avec la morve ; c'est comme morve chronique que fut publié

le cas de Potain, mais ce diagnostic fut fait faute de

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mieux, par élimination, pour mettre une étiquette sur un fait ; Potain d’ailleurs le considéra comme une forme anormale. Les douleurs sont plus sourdes dans la morve, des abcès s'ouvrent à l'extérieur, il y a des métastases, du jetage, et un microbe qui est connu et qu'il sera toujours loisible de rechercher.

Parmi les myosites non suppurées, il y a d'abord la myosite rhumatismale, accompagnée parfois d’un œdème rhumatismal, et celui-ci parfois l’est d'un exanthème ; mais alors il y aurait des phénomènes articulaires.

Dans la syphilis des muscles, en général, le tissu souscutané est indemne ; mais il y a une dermatomyosite syphilitique, avec œdème dur au-dessus des muscles touchés (Duplay et Reynier 1872). En 1896, Herrick publie un cas : Lorenz également, seulement, il n’y à ni fièvre, ni sueurs profuses, ni éruption cutanée, ni localisation sur les muscles de la respiration ou de la déglutition. Senator, en 1888, a décrit une neuromyosite, où la myosite est compliquée des symptômes classiques des névrites; le diagnostic est, par le fait même, indiqué. 4

Mais entre toutes les myosites non suppurées, le diagnoslic de l’angiomyosite est à faire avec celles de son groupe, avec les autres polymyosites.

Il ya dans la polymyosite hémorragique de la fièvre, de la douleur, de lœdème souvent, du purpura, des ccchymoses, quelquefois des hémorragies intra-musculaires ; mais l’œdème, molasse, pâteux, se distingue de l'æœdème dur et quasi-ligneux de l’angiomyosite, et surtout ily a le fait sur lequel Lorenz base la différenciation des

deux affections : dans la polymyosite hémorragique, il

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y a assez LÔt des troubles cardiaques (tachycardie, arythmie) avec asystolie finale.

La polymyosite à érythème polymorphe se sépare des cas légers d’angiomyosite, auxquels elle ressemble assez, par la non localisation de la douleur sur la peau enflammée, la mollesse de l'æœdème, la présence de petits nodules durs dans la peau, l’arthrite assez commune.

Pour terminer nous allons envisager la trichinose, avec laquelle l’angiomyosite a été confondue dès le début, et dont elle a été séparée presque par hasard. Le diagnostic est très épineux ; mêmes symptômes en général ; seulement les cas de trichinose sont le plus souvent groupés en séries, les malades ont mangé du porc mal ou pas cuit (Allemagne) et ont des signes du côté de l'intestin. On pourra faire la biopsie du sujet; mais il ne faut pas oublier que la recherche des trichines est très difficile ; en 1887, Wagner a trouvé 3 trichines au bout de 300 préparations,

En résumé, le diagnostic, presque évident dans les cas typiques, devra dans les autres se faire par exclusion, en recherchant et en discutant les 3 points de la

lriade clinique de l'Angiomyosite.

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