OBSERVATION X
KOsTER. — Mort.
Femme H.., 35 ans, bonne santé antérieure ; plusieurs enfants sains. Vers Noël 1892, asthénie générale à la suite de soucis et de chagrins de famille ; pas de cause objective. En mars, violentes douleurs à la partie antéro-supérieure des cuisses, au repos et au mouvement ; elle les rapporte à une marche forcée, Massages et analgésiques sans résultats ; enflure des jambes, puis enflure et douleur au bras gauche, puis au droit; extrème douleur à la pression, sucurs profuses, pas de fiévre ni de céphalée, digestions normale. Immobilisation par douleur. Un peu d'amélioration passagère par KI : alternatives de rémissions el de rechutes pendant plusieurs inois, En juillet, amélioration par une cure aux eaux: mouvements possibles : rechute en août; la paliente doit s’aliter; pas de fièvre; urines normales ; sommeil mauvais, sueurs profuses. Douleurs dans le dos, la nuque, les bras, diffuses, exacerbées, par les mouvements ; sen- ‘salion de tension interne et de chaleur au visage et aux parties enflées ; dysphagie. Face bouffie, paupières en gros bourrelelssemi-transparents à peau carminée; lèvres gonflées, sèches, à mouvements raides ; mou-
ve:nents des muscles de la face libres, mais très douloureux ; pression
douloureuse aux paupières et aux lèvres. Muqueuse du pbharynx un peu rouge, surtout aux piliers antérieurs; mobilité normale du palais mou. OEdème énorme de la peau de la région susépineuse et des extenseurs du bras, en coussins très pâles, douloureux à la pression, pâteux, permettant mal le godet. La palpation profonde montre les muscles comme une masse dure, solide, et trop douloureuse pour permettre plus de précision. Un peu d’atrophie du deltoïde. Face antérieure des bras et des mains: peau sèche, un peu raboteuse, d’un rouge vif diffus, variable suivant les jours. Ady— namie du bras, avec lourdeur de plomb. Station verticale impossible ; la malade ne peut s'asseoir dans son lit, soulever la tête, la maintenir droite ; réflexes patellaires conservés.
La douleur augmente ; échec des friclions à l’ichthyol ; æœdème considérable qui gagne la totalité des membres, plus fort à la partie interne des cuisses et aux fléchisseurs des bras ; muscles très. douloureux à la palpation. Dysphagie irrégulière, variable, mais la malade a la sensation de stase œsophagienne des aliments. L’æœdème augmente, les doigts de la main sont seuls respectés aux membres : languc œdématiée, gardant les empreintes dentaires, chargée, rouge ardent, très douloureuse, peu mobile; dyspnée, oppression ; les intercostaux et la paroi ‘abdominale se prennent ; cœur faible; la rate: parait normale.
Le 25 septembre, la dyspnée et la dysphagie augmentent, l'æœdèmegagne le thorax et les doigts. Fièvre (39°) pour la première fois. Auscul-
tation : Räles à la base droite; le 26, pneumonie déclarée, mort le 25-
OBSERVATION XI KOSTER. — Guérison.
Le jeune X.., 8 ans, père mort luberculeux, mère asthmalique, bonne santé antérieure, Le > novembre 1895, brusquement, douleur dans le cou, dysphagie, frissons, fièvre, anorexie ; au bout de quelques jours, deux vomissements, contispation, Gouleurs à lFépigastre ; les jambes deviennent lrès douloureuses à la pression, léger
œædème des mollets. Puis douleurs atroces dans les bras et jambes,
exaccrbées par tout mouvement, nécessilant leur immobilisalion sur des coussins moëlleux ; disparition de la fièvre et de la céphalée, pas d’épistaxis, léger délire passager, insomnie par douleurs. Mictions difficiles, non albumineuses.
Le ÿ novembre, les douleurs s’exagèrent; œdème à la région an-
térieure du bras, moindre aux mollets; les articulations, indolores, conservent leur forme’; douleur à la pression sur les muscles, à l’exceplion de la région supérieure du bras, sur le ventre, le rachis; flexion du corps en avant douloureuse et raide, nulle part de modifications de la peau. Echec de la médication salicylée. Le 15, cruption hémorrhagique punctiforme dans les régions olécrâniennes, poplitées, plantaires ; de grosses taches violettes symétriques de plusieurs centimètres carrés marquent les insertions du plantaire grêle aux deux jambes. La rachis est moins sensible, l’état général un peu meilleur, albuminurie. Le 18, l’éruption a disparu, l'abdomen seul est douloureux. Le 21 la marche cst possible sans douleur. . Le 23, entrée à la Clinique. Pas de fièvre; 100 cm.c., d’urines sanguines en 24 heures, avec 0, 09 o/o d’albumine ; cylindres hyalins à gros et à petils grains, avec des globules. Plus de douleurs, simplement faiblesse el atrophie musculaire des membres.
La pression assez forte est douloureuse à la face supéro-externe des cuisses où les muscles ont la consistance normale, la flexion et l’extension forcée du membre inférieur y réveillent une douleur modérée ; douleur à la pression de la paroi abdominale. Plus d’œdème. Réfiexes normaux, sauf le cubital un peu diminué La rate n’a pas augmenté: Angine au début de janvier. Le petit malade sorlit
guéri le 24 janvier, sauf de sa néphrite, qui passa en quelques mois.
OBSERVATION XII NEUBAUR. — Guérison.
1 s’agit d’une bonne de 17 ans, malade pendant dix mois; fièvre, céphalée, douleur avec œdème dans la jambe droite, s'étendent de
là au pied et à la cuisse. Exanthème. Entrée le 3 novembre à lHO-
pital, présente le 12 de l’albuminurie avec cylindres. Guérison.