OBSERVATION XIII
M. Le Proresseur LÉPINE. — Angiomyosile. — Guérison.
X..., 59 ans, menuisier, sans antécédents héréditaires; a eu la variole: et la typhoïde, sans complications ; ni syphilis, ni rhumatisme aigu antérieur, pas d’alcoolisme; vie très réglée, pas de privations; marié, un enfant bien portant. Entre à la Clinique de M. le Professeur Lépine, le 24 janvier 1901.
Il ya huit mois, il ressentit pour la première fois des douleurs dans la tête, intermittentes, peu vives, qu'il compare à un grattement. De temps en temps aussi, douleurs lancinantes dans le côlé gauche, en dehors de la ligne mamelonnaire, apparaissant :t disparaissant sans cause.
Il y a trois mois, la région temporale gauche devient le siège d’un œdème volumineux, formant une petite tumeur mal délimitée, peu douloureuse, maïs assez dure; cet œdème dura 3 où 4 jours pendant lesquels le sujet éprouvait par moment une grande difficulté à mastiquer ; la douleur avait son maximum au niveau de l’inserlion inféricure du temporal.
Après quelques jours, tout disparut à gauche pour reparailre à droite; de ce côté, l’œdème a envahi toute la région temporale et les paupières, empêchent l'ouverture de l’œil; douleur à la mastication et aspect extérieur semblables à ce qui existait à gauche. Ces symptômes disparurent après 19 jours sans laisser de traces.
Alors entrent en scène des douleurs lombaires violentes, apparaissant surtout à l’occasion des mouvements de flexion et de rotation du tronc, vives, lancinantes, se déplaçant peu, alternant parfois avec des douleurs analogues dans la tête.
IL ya six jours, le malade à remarqué à la partie moyenne de son avant-bras droit, sur la face dorsale, une petite boule d’æœdème, sivge de picotements légers ; depuis, cet œdème a envahi tout l’avantbras et la face dorsale de la main.
A l'entrée le malale est maigre, le teint terreux ; nulle part (peau,
muqueuses), de laches mélanodermiques. Pas d’asthénie musculaire.
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A l’avant-bras droit, œdème luisant, d’une teinte uniforme un peu rouge (le malade à fait des applications de teinture d’iode), dur, très difficilement dépressible en godet, ni chaud, ni douloureux, ne dépassent pas le coude. Face dorsale de la main : œdème plus mou, plus blanc, godet plus facilement obtenu.
Aucune douleur ni spontanée ni provoquée à l'articulation du poignet. ;
Un peu d’impotence fonctionnelle, qui paraît ne tenir qu'à l’ædème; force en grande partie conservée.
À la région lombaire, douleurs très vives, mais provoquées seulement par les mouvements, surtout ressenties par le malade quand il se baisse ou setourne dans son lit, disparaissant dans le décubitus horizontal, s'étendant en avant jusqu’au rebord des fausses côtes.
n'ya pas eu d’exanthème.
Rien d’anormal au cœur, ni au poumon.
La langue n’a pas d’enduit. L’appétit est diminué, la digestion lente.
Le foie, non douloureux, dépasse légèrement le rebord des côtes.
Rate nettement augmentée de volume, perceptible à la palpation de l’hypochondre gauche.
Le sang, examiné par le D'° Bonnet, moniteur de clinique, ne renferme que 2.000.000 de globules rouges (valeur globulaire inférieure à la normale), les globules blancs paraissant normaux.
2 tubes de bouillon ont été ensemencés 1 c. c. de sang pris dans une veine du pli du coude, un des tubes maintenu à l'abri de l’air ; tous deux sont restés stériles.
Urines claires, pâles, sans sucre, ni albumine,
Température normale.
Le malade a été traité par l’aspirine ; disparition des douleurs lombaires, la tuméfaction de l’avant-bras s’est progressivement dissipée en quelques jours.
Le malade a été pris à l'hôpital d’une péricardite légère avec laquelle il a quitté l’'Hôtel-Dieu.
N.-B. — C'est sur ce malade que nous avons pris le dessin que nous publions.
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