Cf. Bull, critique, t. V (188'/), p
seurs agrandirent, et dont au temps de Marin ÎI les dépendances s'étendaient jusqu'à l'endroit où fut trouvé le trésor anglo-saxon.
Le mémoire se termine par un catalogue descriptif et chronologique des monnaies. Les monnaies connues de cette époque n'étaient pas très nombreuses et la découverte du Palatin y apporte une importante contribution ^
Quant à l'origine de cette institution, selon M. Fabre, les notices que nous avons rapportées sur Ina, Offa et Ethelwulf, renferment une part de vérité. Selon lui, Ina et Offa levèrent réellement une contribution annuelle en faveur de la scliola saxonne de Rome. Ethelwulf, reconnaissant au pape Léon IV pour l'appui qu'il en avait reçu, s'engagea, dans un voyage à Rome, à payer au Saint- Siège une redevance annuelle de 300 mangons. Cette rente se confondit avec la contribution de Ina et de Offa, et lui imprima son caractère spécial. C'est la véritable origine du denier de Saint-Pierre. Une moitié de cet impôt est destinée à la schola, l'autre à la papauté.
Le D"" 0. Jensen qui suit d'assez près M. Fabre, comme nous l'avons dit, distingue les différentes traditions : celle qui l'attribue à Ina ou à Offa ; celle qui l'attribue à Ethelwulf, soixante ans plus tard; celle qui distingue, pour ce dernier, entre l'impôt levé sur ses sujets et la donation faite par lui-même. Il conclut que les origines du denier de saint Pierre en Angleterre, comme celles de la schola saxonne, sont obscures, et sans se prononcer formellement sur les autres points, il ne croit pas qu'Ethelwulf fit deux donations, une pour lui de 300 marks, une pour son peuple d'un penny par tête,
•1. Le Brilish-Museum en possède une riche série; celles du cabinet de Stockholm au nombre de 10.4";8 ont été publiées par Hildebrand, Anglo sachsisl;a Mynl sveiiska kongliga Mynt kabinelte, l'unna i Sveriges Jord, Stockholm, 18S!. Cf.aussi BuUelin critique, t. V (1884), p. 278-279, art. H. Tliédenat.
APPENDICE II
comme l'admet Fabre avec d'autres, mais il croit qu'il n'y eut qu'une donation du peuple et du roi ensemble.
Les conquérants danois aussi bien que les normands revendiquèrent cet héritage des rois saxons, et y virent même une espèce de consécration de leur légitimité ^ Canut fait acquitter scrupuleusement cet impôt de Pierre. Le texte même de cette loi est conservé dans le Liber censuum des papes, et c'est celui que garderont presque mot à mot Édouard le Confesseur et Guillaume le Conquérant 2. Un des griefs de la papauté contre le dernier représentant de la dynastie saxonne, au moment où Guillaume le Conquérant préparait son entreprise, fut précisément la suspension de cette rente, qui fut considérée comme un signe d'ho.stilité. Guillaume le Conquérant, qui fut du reste fidèle à payer la redevance, refusa de prêter le serment d'hommage au Saint-Siège, qui eût été comme la reconnaissance d'un droit du pape sur l'Angleterre, et aurait transformé en tribut ce qui était une aumône.
Malgré cette résistance de Guillaume, peu à peu l'idée fit du chemin et cette contribution volontaire en vint à être considérée comme un cens et la reconnaissance d'une suzeraineté du pape sur l'Angleterre. Du reste le trésor royal préleva sur cet impôt la part du lion, et sous Henry VIII, au moment du schisme, il ne restait plus guère pour le trésor pontifical qu'une somme de 800 £ (environ 20.000 francs) 3.