‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 40 sur 118 · I.'.VNGI.ETERKE CIIIŒTIEN.NE · texte numérisé non relu

I.'.VNGI.ETERKE CIIIŒTIEN.NE

L'ANGLETERUE CHRÉTIENNE.

excepté, les missionnaires chrétiens avaient pénétré et s'étaient étaljlis. Mais on a vu par cette histoir e même que ce travail était loin d'être solide. 11 suffisait d'un reflux de paganisme pour emporter ces frêles ouvrages et remettre en vigueur le culte des ancêtres. Les Saxons, sous le vernis du christianisme, restaient barbares, et même païens dans le

Uolls séries, I.ondon. 1870. (La meilleure édition), — TuÉooonK. Sur les réordinations de Théodore, cf. Loris Sai.tf.t, Les Béordinalions, Paris, 19D7, p. 8rj sq. L'introduction de la t/iéologie grecque dans l'église anglo-saxonne. — G. K. Bhownf, Théodore (of Tarsus) and Wilfrith, London. 1897 (populaire). — Sur l'ensemble : S.vvagi.. Nort/ntmbria in the VIII Ccntury, dans Archœol. jEliana, t. XXL p. 2o9 sq.

Pénitentiaux attribués à Théodore et à Bcde dans : FniKDiiicit KfNSTMAxx, Die Lateinisc/ien Pânilcnlial BUclier der Angelsaclisen, Mainz, 1844. — L'éd. de Tnoiipr,, Ancient Laws and institutes 0/ England, n'est pas parfaite. — WASsF.itsciii.EiiKx, Die Bussordnungea der ahendlandisclien Kirc/ic. Halle, 1851, est mieux. — Voir aussi à propos de ces pénitentiels. H. J. Sciimitz. Die BussOûcher, 2 vol., surtout t. IL p. 510 sq., et les articles de M. Pai i, Foi i\xiF.it, R. d'Iiisl. et de Lilfrrat.. t. VI (1901). p. '289-317; t. VII (190-2), p. a»-70, et 1-21- 1-27; t. VIII (190.3), p. 5-28 sq.; t. IX (1904), p. «7-103, et Saltei, Les Réordinations, \i. 93 sq, — Saint Ci TiinF.itr. Sa vie écrite par Bède est une des meilleures biographies du moyen Age. Elle s'appuie sur une vie anonj'me, sur la tradition de Lindisfarne et les souvenirs des amis du saint, — Bède édité dans Acta SS. Boll.. 20 mars; SuRiis. Vitae SS., p. 214 sq. — Mahillon, .\cta SS. 0. S. B., Venise, t. II, p. 841- 878; Beda, éd. Smith, p. ■2-27-"22i. Bedae 0pp. Minora, éd. Stevexsox. p. 43-137; une Ilistoria de sancto Cuthberto, etc. dansTuYSDEN, Decem Script., col. 67-70, ou mieux dans Ojjp. Symeonis Dunelm., Surtees Soc, t. I. p. 138-152. Autres sources de moindre importance sur les translations de ses reliques, etc., ou des vies d'époque postérieure qui n'ajoutent rien aux précédentes que pour sa vie postliumc. Travaux : surtout Raink. .Yo)7/i Durham, sa vie de saint Cuthbert, plus loin p. 139, et son art. sur saint Cuthbert, dans le Dicl. of Christian Biography. Autres vies sur Cuthbert citées dans Gr.oss, p, 217- 218. — Benoit Biscop. Très bonne vie écrite par Bède, dans Acta SS. Boll., 12 janv.. t. L p. 745-740; Madii.lox, Acta SS. 0. S. B., saec. IF, p. 1000-1012. L'art, dans Dicl. of national Biography (écourté).

ORGANISATION DE LA CONQUÊTE CHRÉTIENNE, lit

fond, jouets de prompts entraînements, aussi capables d'abandonner leurs dieux par coups de tête, ou dans un accès de mauvaise humeur, comme le prêtre païen CoïfTi, et de céder à un bon mouvement, que de revenir à leur vieille religion sous la poussée de leurs passions. Une grande œuvre restait donc k accomplir ; il fallait étal^lir plus fortement les institutions chrétiennes, créer un lien entre toutes ces chrétientés séparées, donner une organisation plus résistante aux Églises, enfin il fallait faire sortir l'Angleterre de son isolement qui, à la longue, deviendrait fatal, la rattacher plus étroitement au centre du Christianisme, abolir définitivement les singularités celtiques qui n'avaient plus de raison d'être, unir ces deux tronçons de chrétienté, Saxons et Celtes, dans l'unité catholique.

Ce fut le travail de la génération suivante qui compte quelques hommes d'église de premier ordre, saint Wilfrid, saint Théodore de Tarse, saint Cuthbert. Benoît Biscop; l'histoire de ces grands évôques résume celle de leur temps.

La vie de Wilfrid est l'une des existences les plus mouvementées et les mieux remplies que l'on puisse imaginer. D'abord moine à Lindisfarne, il entreprit, le premier des Anglo-Saxons, le voyage de Home, et refit ensuite jusqu'à quatre fois ce pèlerinage qui alors présentait plus de dangers et de difficultés que ne ferait aujourd'hui un voyage autour du monde; devenu archevêque d'York, et l'homme le plus infiuent de son époque, il est persécuté, exilé

deux fois, convertit entre temps le royaume de Sussex, tour à tour admis dans la confiance des rois de Northumbrie, puis banni de nouveau, il termine en 709 une longue vie qui a été consacrée tout entière au service de son pays et de l'Église, et après avoir laissé une oeuvre qui vivra jusqu'au xvi" siècle. Il avait été l'un des ouvriers principaux, le plus actif et le plus ardent, de l'unité religieuse en Angleterre.

11 faut suivre plus en détail cette vie si étrange et si intéressante pour notre histoire.

Wilfrid naquit en 634 d'une famille Northumbrienne. A treize ans, pour fuir les persécutions d'une belle-mère, il revêt une armure de guerrier, et entouré d une escorte de cavaliers et de serviteurs, il s'en vient trouver la reine de Northumbrie, et obtient d'elle la permission d'entrer dans un monastère. C'était cette Eanfleda, fille du roi martyr Edwin et petite-fille, par Ethelburge, du roi de Kent. Wilfrid est tout entier dans cette démarche, ardent, noble, généreux, capable de grands sacrifices, et de ces actes décisifs qui orientent une vie, en même temps conscient de sa valeur et de son rang, et pas toujours ennemi d'une certaine ostentation ^

Le monastère qu'il choisit était Lindisfarne, le plus célèbre de toute la Northumbrie, où il se fit remarquer bientôt par son ardeur au travail et par sa piété. Lindisfarne était encore à cette époque le

1. Sur les sources de celle histoire, voir la bibliographie en tête (lu chapitre.

foyer des traditions celtiques dans ce pays. Le jeune Saxon ne les accepta pas les yeux fermés, et se résolut à faire le voyage de Rome. Il n'était encore qu'un jeune disciple et cette initiative révèle à la fois sa hardiesse et la sagacité de ses vues. On peut dire que ce voyage eut une importance capitale dans l'histoire religieuse de l'Angleterre, car il allait orienter vers d'autres horizons l'esprit du jeune moine qui, avec son éloquence et l'attraction qu'il exerçait naturellement, allait créer de nouveaux courants d'idées. 11 était le premier Anglo-Saxon à ouvrir cette route vers Rome qui depuis fut suivie par tant de milliers d'Anglo-Saxons, qui furent, avec les Celtes, les voyageurs et les pèlerins les plus entreprenants et les plus hardis du moyen âge.

Il passa par Cantorbéry, où le roi Ercombert, à qui il était recommandé, voulut le garder un an près de lui. 11 put déjà y étudier les usages de Rome. On lui adjoignit pour compagnon un autre jeune northumbrien, Biscop Baduging, qui, lui aussi, se rendra célèbre dans l'histoire religieuse de l'Angleterre, sous le nom de Benoît Biscop. Leurs caractères dilféraient trop pour qu'ils pussent longtemp cheminer de compagnie. A Lyon, Benoît prit les devants et laissa son compagnon auprès de l'archevêque Delphin qui ne parlait de rien moins que de lui donner sa nièce en mariage avec une province à gouverner. Wilfrid ne se laissa pas séduire. Sa vocation l'appelait ailleurs. 11 continua sa route vers Rome, non en simple pèlerin, mais avec un

nombreux cortège '. A Rome, il redevint pèlerin et visita tous les sanctuaires de la ville sainte, sans oublier le monastère de Saint-André d'où étaient partis saint Augustin et ses compagnons. 11 y étudia aussi les usages romains, fut présenté au pape, probablement Eugène I"', et s'en revint par Lyon. Ce n'était qu'un début. Mais, dès ce moment, il paraît avoir trouvé â Rome ce contre, vers lequel il devait ramener son Eglise, et un appui pour l'œuvre qu'il méditait. 11 resta trois ans à Lyon, complétant son éducation ecclésiastique dans un milieu déjà renommé pour sa science des vieilles traditions et de la liturgie antique et qui deviendra Inentôt une école célèbre. C'est là qu'il reçut des mains de l'archevêque la tonsure ; première démarche fort significative, car la tonsure qu'il reçut n'était pas celle des Celtes sur le devant de la tète, mais la tonsure romaine qui nimbait le front d une couronne de cheveux. C'était l'époque où Ebroïn faisait peser sur la Gaule une lourde tyrannie. Delphin, l'archevêque de Lyon, fut une de ses premières victimes. Wilfrid qui l'avait suivi voulait partager son sort, mais les bourreaux, frappés de sa beauté et sans doute à cause de sa nationalité anglo-saxonne, l'épargnèrent. Il revint en Angleterre, et fut bientôt appelé auprès du jeune Alchfrid, fils d'Oswy, roi de Northumbrie, et associé lui-même à son père. Alchfrid subit l'ascendant que Wilfrid exerçait presque

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